Tigana, le « Monsieur Propre » de l’entrejeu… tricolore !

Un membre du carré magique

En dehors de sa fonction d’entraîneur, Jean Tigana n’est pas très disert. Et pour lui soutirer un bon mot, il s’avère être aussi implacable que dans les duels face à ses adversaires, lorsqu’il évoluait au sein du « carré magique »*, en Équipe de France !

Toutefois, rendu fou par un sentiment d’injustice – que le peuple français a aussi ressenti – lors de l’élimination de la Coupe du Monde 1982, en Espagne, face à l’Allemagne de l’Ouest (R.F.A.) en demi-finale (3-3/5-4 t.a.b.), le milieu de terrain concède que cela reste un souvenir « douloureux ». « Je n’ai jamais revu un match… Et ça, je l’ai toujours en travers de la gorge. Et celle de 1986 aussi (de nouveau face à la R.F.A./2-0), je l’ai encore en travers de la gorge ! En plus, celle-ci, c’est de notre faute… ». Pas d’auto-flagellation, mais seulement de profonds regrets et de la tristesse. Car fort heureusement, la carrière de « Jeannot », chez les Bleus, ne se résume pas à ces deux contre-performances. 

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Appelé le 23 mai 1980 par Michel Hidalgo, il est titulaire face à l’U.R.S.S. (Russie, aujourd’hui), en amical. La partie, disputée à Moscou, se solde par une défaite 1-0, mais pour sa première, le milieu relayeur de l’Olympique Lyonnais s’installe aux côtés de Michel Platini, Philippe Bergeroo, Léonard Specht, Marius Trésor ou Bernard Lacombe. Avant de prendre place dans le fameux « carré magique »*, ou parmi l’association de bienfaiteurs Giresse-Tigana-Platini-(Luis) Fernandez, durant plus de huit ans, et en étant… bordelais ! Ainsi, entre deux coupes du monde, il remporte l’Euro 1984, compétition dans laquelle il crève l’écran. 

Indiscuté au sein de la sélection, il est, avec Michel Platini et Alain Giresse, l’élément indispensable à la bonne marche du collectif. Et du succès, aussi. Virevoltant, insaisissable, efficace et déterminant, il crucifie notamment le Portugal de Fernando Chalana, en demi-finale, à Marseille. Pas directement, puisqu’il fait marquer Platini, dans un match complètement fou de suspense (3-2, après prolongation). Mais ce, au terme d’une course folle côté droit, dans la surface de réparation, et d’un centre en retrait que son capitaine conclut victorieusement ! C’est la liesse, « chez lui », autant qu’une porte ouverte sur un triomphe final, face à l’Espagne (2-0), qu’il savoure sans trop trembler.

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« Jean avait beaucoup de volume de jeu, une disponibilité devant la défense importante… Il nous demandait le ballon et c’était primordial pour nous d’avoir des garçons capables d’orienter et de jouer proprement vers l’avant, indique Patrick Battiston, sacré avec lui. C’est une génération qui avait la volonté de gagner et de vaincre à tout moment. On l’a vu lors de cette demi-finale, avec cette détermination… Mais Jean avait aussi, évidemment, une bonne maîtrise technique et le coup de rein pour l’élimination de l’adversaire et, tout de suite derrière, un redémarrage. Il transperçait les lignes, ce qui était formidable. Il y avait différents styles de joueurs en milieu de terrain, et lui apportait cette énorme activité et cette lucidité. »

Élu dans le onze du tournoi, le Monsieur Propre de l’entrejeu passe à la postérité et honorera 52 caps au total (1 but), avec une formation programmée pour l’excellence. Et dans laquelle il accompagnera plusieurs générations de talents, dont beaucoup joueront avec lui aux Girondins….  


*Un « carré magique » auquel Bernard Genghini est également associé.
 

Un palmarès d'une grande richesse en Bleus

 Vainqueur de l’Euro 1984
 Troisième de la Coupe du Monde 1986
 Quatrième de la Coupe du Monde 1982
 Vainqueur de la Coupe Intercontinentale des Nations en 1985
 52 sélections, 1 but, entre 1980 et 1988.

 

 

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