Petit gabarit, grand champion !

Bixente Lizarazu, une légende issue du centre

Formé aux Girondins, Bixente Lizarazu a lancé sa carrière avec le maillot au Scapulaire, jusqu'à en devenir une véritable légende.

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Il fait partie de la fameuse triplette « Zidane-Dugarry-Lizarazu », qui est mondialement connue. Dans le football et au-delà. Pourtant, c’est bien dans l’ordre inverse que chacun des trois garçons s’est révélé aux Girondins de Bordeaux. Car le premier à avoir porté le maillot en pro, avec eux, est bien l’arrière latéral gauche. D’ailleurs, Bixente Lizarazu évoluait plus haut, en réserve et en Division 3 (D3), quand il a été convoqué par le staff professionnel et invité à fouler, pour la première fois, les pelouses de Division 1…

Dans le grand bain

Parce qu’après avoir joué milieu offensif ou ailier en D3, ce garçon à la « bonne frimousse », qui respire la joie de vivre et âgé de dix-huit ans, est lancé dans le grand bain du professionnalisme à Caen, face au Stade Malherbe (3-0/19e journée), en remplacement de Zoran Vujović (54e minute), le 12 novembre 1988. Et par Aimé Jacquet, l’entraîneur, dont il croisera le chemin encore bien souvent…

Le natif de Saint-Jean-de-Luz, qui a débuté aux Églantins d’Hendaye et été façonné en Gironde, évolue dans un groupe qui comprend des joueurs de talent, et qui est le reflet de ce qui se fait de mieux en France, ainsi qu’au niveau européen, depuis plusieurs années. Ça ne lui fait pas peur, à lui qui a le goût du défi, et qui possède des aptitudes prononcées et multiples pour le sport. Les sports. Car le jeune homme excelle dans plusieurs autres disciplines, telles que ceux de raquette, de glisse, de combat, en plus de ceux pratiqués dans le Pays Basque !

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De fait, Vincent Lizarazu ne se pose pas de question : il est en passe de réaliser son rêve. À savoir, au cours de cette saison 1988-1989, évoluer avec Dominique Dropsy, Philippe Sence, Gilles Barragué (gardiens de but), Dominique Thomas, Jean-Christophe Thouvenel, Éric Péan, Zoran Vujović, Gernot Rohr, Didier Sénac, Alain Roche, Diégo Mujica, Jean-Amadou Tigana, Jesper Olsen, Éric Dewilder, Enzo Scifo, Bernard Genghini, Bernard Gimenez, Éric Cantona, Jean-Marc Ferreri, Yannick Stopyra, Marc Pascal, Jérôme Gnako, Clive Allen, ainsi qu’un certain Christophe Dugarry, notamment ! Que du beau monde ! Et que de chemin parcouru, aussi, depuis son arrivée au club, cinq ans auparavant. Qui plus est lorsqu’il se souvient qu’il avait failli ne pas être conservé, à l’âge de quinze ans, en raison d’un gabarit jugé « trop frêle »…

Et même si rien n’est – encore – acquis, sa présence dans le groupe d’élite est régulière, jusqu’à disputer 17 matches toutes compétitions confondues (T.C.C.), dont 16 de championnat. Petit à petit, le Parc Lescure va devenir son jardin, dans lequel ses repères vont se préciser, et son jeu, se recentrer…

Un repositionnement provisoire

Il va aussi connaître-là les joies d’y inscrire un but pour la première fois, la saison suivante (1989-1990), lorsque les Aquitains terrasseront le Brest Armorique F.C., le 30 août 1989 (3-0/8e journée). L’ironie du sort, c’est qu’il le marque en tant que défenseur ! Sur la volonté de Didier Couécou, qui a remplacé Jacquet (limogé) en cours d’exercice, Lizarazu a été repositionné arrière gauche ! Une initiative ponctuelle (mise en place face au R.C. Strasbourg, à la Meinau, le 18 février 1989/3-2), à la base, mais qui va perdurer…

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Mais entre ses débuts et son but, l’édition 1988-1989, qui était prometteuse sur le papier et dans les ambitions, n’a accouché que d’un millésime contrarié. Ou contrariant, si l’on se met à la place des dirigeants ou des supporters. Car après avoir empilé les individualités de renom et les stars, et – légitimement – vendu du rêve, les promesses initiales ont fait l’effet d’un pétard mouillé. Le virage sud et les Ultramarines, qui en agitent des bien plus efficaces depuis plusieurs mois déjà, apprécient la rage et la combativité de ce « petit jeune au profil de chouchou » issu de la formation, mais regrettent que leurs Girondins n’accrochent que la 13e place de D1, quand l’Olympique de Marseille s’adjuge le titre de champion de France. La désillusion de ne pas avoir pu rivaliser avec l’ennemi héréditaire est grande. Celle du constat comptable, aussi.

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En Coupe de l’U.E.F.A. (Europa League, aujourd’hui), les Marine et Blanc ont chuté, en huitième de finale, face au S.S.C. Napoli du meilleur joueur du monde, Diego Armando Maradona (0-1/0-0). Le Luzien n’est pas entré en jeu lors de l’acte 1 (et ne figurera pas sur la feuille de match pour le 2), mais il a tout de même pu se faire une idée de ce qu’implique de participer aux joutes continentales. Dans sa phase d’apprentissage, il voit, de fait, son club ne pas atteindre son objectif en la matière, fin mai… Mais le joueur se révèle, l’homme aussi, et son handicap présumé relatif à sa petite taille (1,69 mètres), n’affecte nullement ses performances. Mieux, il saute haut, fait preuve d’un mental inoxydable et est adoubé par les anciens ! Ses prestations de qualité, sa régularité dans l’intensité et dans la performance, lui confèrent un crédit non feint, autant qu’un respect qui ne cesse de croître. Ce « petit gars » a du talent, qu’on se le dise ! 

Feux follets, déboulés et ascension

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Véloce dans ses interventions défensives, fulgurant dans les contre-attaques, il est prompt et robuste dans les duels, et sait marquer des buts ! Puissant, musclé, solide sur ses appuis, aussi, il va former avec Jesper Olsen, international danois, une redoutable paire de « feux follets », comme on les nomme à l’époque ! Tant pis pour les défenses adverses, qui souffrent sur quasiment chaque offensive amorcée par le duo ! Tant mieux pour les Girondins qui, en 1989-1990, vont régaler les travées du Stade Municipal et les amateurs de foot dans l’Hexagone. Bien armé et efficace sur le plan défensif (Bordeaux affichera la deuxième meilleure défense du plateau, avec 25 buts encaissés, contre 24 pour l’A.S. Monaco F.C.), le collectif profite à souhait de la merveilleuse entente entre les deux compères, dits « purs joueurs de couloir », à gauche, pour attaquer à tout-va ! Débordements, dédoublements, jeu à deux, à trois, centres, dribbles, accélérations étincelantes : toute la panoplie y passe ! Klaus Allofs, Piet Den Boer ou Jean-Marc Ferreri en profitent, et claquent 14 buts chacun en D1 ! Bordeaux termine aussi deuxième meilleure attaque (51 buts), et deuxième au championnat (51 points) ; les deux fois derrière l’O.M. (75 buts et 53 points) ! Des Phocéens devenus les maîtres du foot en France, et bientôt en Europe… Parce qu’il faut désormais se rendre à l’évidence : en dépit d’un titre honorifique de vice-champions, et d’un panel alléchant de joueurs haut de gamme, les Girondins ne sont plus en haut de la pyramide… 

Mais « Liza », dont le patronyme semble compliqué à prononcer en entier lorsque l’on s’y risque avec l’accent basque, incarne désormais l’archétype du latéral moderne. Presque, déjà, une référence. Il assume, il prend du galon : l’ascension vers les sommets est impressionnante. Comme le sont sa conduite de balle et sa propension à se projeter vers l’avant, sur le terrain. Total : 42 rencontres jouées et 2 buts marqués T.C.C., dont 38 en D1 !

L’Europe et l’enfer

Bientôt, la Coupe d’Europe s’offre concrètement à lui. Et plus particulièrement la C3, qui met sur sa route la formation irlandaise du F.C. Glenavon. En trente-deuxième de finale-aller, d’abord (0-0/Le 18 septembre 1990), puis au retour, à Lescure, le 2 octobre. Gérard Gili et sa bande se qualifient (2-0) et vont se hisser jusqu’en huitième de finale, où l’A.S. Roma va les stopper net, en dépit de deux rendus honorables dans le contenu du jeu, pourtant sévèrement sanctionnées (5-0/0-2). Cette mouture 1990-1991 va classer les Bordelais à la 10e place (sur 20) du championnat (remporté par l’O.M.), mais va aussi expédier le club en deuxième division (D2), pour des motifs extra-sportifs. Le financier et le juridique auront raison de l’entité, qui va disparaître administrativement, mais pas de la détermination du Basque (42 matches T.C.C. et 2 buts, dont 35 en D1), ni de celle des garçons qui vont rester fidèles aux couleurs. Pas plus que de celle des jeunes pousses du club, qui ont une réelle chance de se montrer, et qui sont motivées pour quitter l’enfer et retrouver au plus vite l’élite. Ou y gouter enfin de façon permanente, à l’image d’un copain de toujours, Christophe Dugarry, intronisé dans le groupe pro en 1989…

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L’expérience est cruelle, brutale, mais enrichissante pour l’homme du littoral, qui connaît à présent les remous du grand bain… 

D2, états d’âme et titre

Le club, qui va changer de statut, de nom et, peu après, de couleurs, se donne deux saisons pour retrouver la D1. Lors de la promotion 1991-1992, la présidence du club est bicéphale, avec Jean-Didier Lange et Alain Afflelou aux commandes. Côté pelouse, même si la situation a secoué et meurtri les hommes autant que leur egos, Bixente devient le fer de lance d’un collectif dirigé par Gernot Rohr, avec lequel il jouait encore il y a peu ! 
La plupart des cadres est partie, mais aux restants, tels que Philippe Sence, Didier Sénac, Jean-Luc Dogon, Jean-Pierre Bade, Pascal Monbrun, Bernard Gimenez, Stéphane Plancque, Philippe Fargeon, Arnór Gudjohnsen et Dugarry, s’ajoutent les recrues que sont Gaëtan Huard (gardien de but), Michel Milojević, Philippe Raschke, Patrice Lestage, Jean-Michel Lavaud, Jean-Marc Ferratge (de retour au club), Thierry Fernier, Patrice Marquet, Philippe Lalanne (de retour au club), Stéphane Lerda, Ronan Salaün et Rainer Ernst. 

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Pour les connaisseurs, l’affaire est séduisante et le challenge intéressant ; pour les non-initiés, la tâche paraît ardue. Mais, sous l’influence majeure du technicien franco-allemand, qui façonne un groupe taillé pour le combat, l’alchimie fonctionne et Bordeaux se met immédiatement à la hauteur du R.C. Strasbourg, grand favori du Groupe B (puisqu’à l’époque, il y en a deux). La lutte est âpre, y compris lors des confrontations directes. Mais Lizarazu, devenu cadre et homme-support, voire emblème d’un club, d’une région, insuffle lui aussi un état d’esprit « guerrier » aux siens. Stratégie qui va s’avérer payante et se matérialiser par de très bons résultats sportifs. 

Bilan des courses, Après avoir affronté bon nombre d’adversaires belliqueux, regroupés en défense ou refusant le jeu, les Girondins terminent premiers (en ne s’inclinant qu’à quatre reprises en D1, et en deuxième partie de saison), et battent l’U.S. Valenciennes-Anzin, première du Groupe A (4-0 et 2-3), à l’occasion d’un double rendez-vous dont l’issue sacre le champion officiel de D2. C’est la consécration de la volonté, du jeu, et du talent, pour Liza et les siens, mais aussi l’obtention de son premier titre national chez les pros ! Un trophée de champion de France qui comptera, et qui sera fondateur dans l’histoire des Marine et Blanc… Pour lui, le « kazko » (« têtu », en basque) et pour le nouveau Football Club des Girondins de Bordeaux, qui va succéder à l’Association Nouvelle des Girondins de Bordeaux !

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Et l’international (et capitaine) Espoirs de probablement se remémorer alors certaines pensées hésitantes, exprimées peu avant la trêve de Noël, dans Le Match (du 14 décembre 1991), bulletin officiel du club …

« Je ne retrouverai le sourire que lorsque nous serons en première division avec Bordeaux ; surtout avec Bordeaux. Pour l’instant, j’attends la fin de la saison pour savoir si la décision de rester a été la bonne. J’ai parfois des états d’âme, c’est vrai, mais il y a des moments plus difficiles que les autres. Parfois, je me demande ce que je suis venu faire dans cette galère puis, le moment d’après, je vais beaucoup mieux. Je ne veux blâmer personne. J’éprouve juste un sentiment naturel. »

En quelques mois, n’en déplaise à son ressenti de décembre, l’épanouissement professionnel aura doublement frappé à sa porte… Car, après avoir obtenu sa licence de sciences technique des activités physiques et sportives (destinée au professorat), c’est donc une belle récompense sportive qui viendra lui mettre un peu de baume au cœur… De plus, celui qui est considéré comme « l’intello », et qui affiche 38 matches T.C.C. au compteur (dont 35 en D2), peut désormais envisager d’honorer plus tranquillement son contrat, qui court jusqu’à fin 1994-1995. Un exemplaire formalisé doté d’une clause qui stipulait « qu’en cas de malheur », il pouvait « quitter le club en fin de saison 1991-1992 », si celui-ci ne remontait pas en D1 !

Grâce à cette année de transition, au final remarquablement gérée, Lizarazu a définitivement démontré qu’il faisait partie des meilleurs arrières latéraux de France. Son travail, son opiniâtreté et la confiance des différents techniciens (dont Raymond Goethals en 1989-1990) qu’il a eus, ont fait monter en lui des désirs bien plus grands : ceux de gagner toujours plus de titres, mais aussi de s’inscrire dans une logique de continuité, qui le mènerait jusqu’à l’Équipe de France « A ». Avec, en ligne de mire, le Championnat d’Europe des Nations 1992, en Suède, et la Coupe du Monde 1994, aux États-Unis… 

Meilleure défense et record

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Au club, par la force des choses, les cartes ont été rebattues. Et, à l’orée de la saison 1992-1993, il n’est pas question de se contenter de bien figurer dans le championnat. Non, il faut se qualifier pour l’Europe ! La jeune génération a pris le pouvoir, et elle sera encadrée par le sulfureux Rolland Courbis, nommé au poste d’entraîneur ! Éric Guérit et Jean-François Daniel arrivent de l’A.S. Cannes, tout comme Zinedine Zidane, qui est l’un des grands espoirs de la nation. À 20 ans, ce surdoué du foot a tout l’avenir devant lui. Et c’est à Bordeaux qu’il choisit donc de l’écrire, en compagnie de ses potes Liza et « Duga », notamment ! Courbis (aux manettes de 1992 à 1994) va tirer au maximum profit des qualités de son groupe, en expérimentant avec succès certaines combines dans le jeu. Ainsi, il repositionne, quand jugé nécessaire, Lizarazu plus en… attaque ! En 1993-1994, notamment. Il s’en est souvenu en octobre 2015, lorsque France Football le questionnait sur ses choix spécifiques. « Je  pensais qu’avec ses qualités d’ancien attaquant, il pouvait, durant un match, revenir à ses primes amours. (…) Je l’ai mis toute une partie de la saison milieu gauche, devant Laurent Croci, que j’avais placé arrière gauche. Bixente était comme un poisson dans l’eau à ce poste-la. Un poste qui lui a ouvert les portes de l’Équipe de France. » En réalité, il deviendra international lors de la saison d’avant, avec une première « cap » le 14 novembre 1992, au poste d’arrière latéral, pour une titularisation et une victoire face à la Finlande (2-1), au Parc des Princes. En qualifications pour la Coupe du Monde ’94…

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1992-1993 est intéressante à aborder, sous plusieurs aspects : l’on se demande si cette formation titrée et promue va savoir prendre le rebond et atteindre les objectifs fixés ! Mais l’ossature, la confiance et le talent sont là, et les « Bordeaux et Blanc » proposent un mix d’expérience et de jeunesse qui s’avère prometteur. Avec Huard, Sence, Croci, Márcio Santos, Guérit, Sénac (capitaine), Dogon, Milojević, Grenet, Michel Flos, Philippe Lucas, Plancque, Daniel, Christophe Vecchioni, Marquet, « Zizou », Dugarry, Celso Moreira Valdeir et Salaün, cette escouade a fière allure ! La défense est tellement fiable qu’elle lui permettra d’être invaincue à domicile toute la saison ! Huard gardera même sa cage inviolée pendant 1 176 minutes (soit plus de treize matches), ce qui constitue toujours un record depuis… Et à cela, Liza n’est pas étranger ! Toujours aussi percutant sur l’aile gauche, tonique, incisif, explosif, et « sec » dans ses tacles, il met à profit, et au service du collectif, sa puissance et sa lecture du jeu. La recette est bonne et Bordeaux est fier d’être la meilleure défense de D1 en fin de compétition, avec seulement 25 buts encaissés ; Huard, Croci, Sénac, Santos, Dogon, Guérit et lui (39 matches et 4 buts T.C.C., dont 36 en D1), c’est du très solide ! Pour une très appréciable 4e place (48 points) en parallèle, au classement général ; à 5 unités de l’Olympique de Marseille, champion de France… et d’Europe ! Bordeaux revient des abysses et a parfaitement assumé son retour parmi les ténors du championnat. 

Sur l’aile, ça régale !

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Les Girondins retrouvent l’Europe et Liza est l’autre leader de l’équipe, en compagnie de Sénac. L’arrière-garde est sereine, fiable, loyale. Le brassard passe sans problème apparent d’un bras à l’autre, et le peu de changement dans l’effectif n’affecte en rien la progression des ambitieux bonshommes. Lionel Perez (gardien de but), Yannick Fischer, Marcel Dib, Richard Witschge, Philippe Vercruysse (de retour au club), Youssouf Fofana et Stéphane Paille sont arrivés. Là encore, la « mayonnaise prend », et les résultats sont favorables. Le début de cette saison 1993-1994 est bon et Bordeaux s’installe à la deuxième place, derrière le Paris Saint-Germain (qui sera champion). Au final, le podium lui échappera in extremis, puisque c’est l’A.J. Auxerre (46 points) qui lui chipera la troisième place lors de l’ultime journée ! Ce sera donc encore un quatrième strapontin sur lequel il faudra s’asseoir (46 points), mais avec la satisfaction d’être bien installé au sommet de la hiérarchie hexagonale. Presque comme avant… 

Sur la scène continentale, les Aquitains s’inclinent en huitième de finale de C3 (1-0/0-3) face au Karlsruher S.C. d’Oliver Kahn, après avoir pourtant cru en la qualification à Lescure, à l’aller ; et en signant une 56e rencontre sans défaite à domicile, depuis le 13 avril 1991, pour un record de longévité ! Mais sur le pré et son côté gauche, ça régale vraiment : Liza-Zizou-Witschge-Duga, c’est du top niveau ! Ça enchaîne à merveille, le jeu est plaisant, fluide, rapide et efficace ; ceci rappelant les grandes heures de la « période Olsen »…

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Les Girondins arborent la deuxième meilleure attaque (ex aequo) de D1, avec 54 unités ! Stéphane Paille termine meilleur buteur du club, avec 10 réalisations, mais Liza, qui joue plus haut (et Zidane plus bas), est deuxième, à égalité avec Philippe Vercruysse, avec 9 buts ! Pour 41 matches et 9 buts T.C.C., dont 32 en D1 !

Seule ombre au tableau pour lui : un caractère parfois difficile à canaliser, et stigmatisé par de trop nombreuses expulsions et cartons jaunes, dont une survenue à Karlsruhe… 

Au rayon des satisfactions périphériques, il honore, le 22 décembre 1993, une sélection non-officielle avec l’équipe du Pays Basque, face à la Bolivie, à Saint-Sébastien et devant 23 000 spectateurs, pour une victoire finale symbolique par 3 buts à 1. Ce sera l’unique rencontre en la matière à mettre à son actif.

Pas d’Europe, mais… si !

Devant cette furia de talents, de statistiques et d’offensives, le calvaire des adversaires ne va pas s’arrêter de si tôt… Pour perpétuer la tradition, António José Conceição Oliveira, dit « Toni », vient d’arriver du S.L. Benfica, avec lequel il a été sacré champion national ; il remplace Courbis. William Prunier, Daniel Dutuel, Anthony Bancarel, Jean-Yves De Blasiis, Geoffray Toyes, Raphaël Camacho et Franck Histilloles prennent place dans le vestiaire pro du Haillan. Comme à leur habitude, les « Bordeaux et Bleu » entament de bonne manière le championnat. Sauf que cette fois-ci, l’ascension va connaître quelques ralentissements. Le coach portugais tâtonne, en dépit d’un potentiel vraiment conséquent ; mais sa méthode ne prend pas.

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En C3, le G.S.K. Katowice élimine son onze en seizième de finale, tandis qu’il connaît même dénouement sinistre en seizième de Coupe de la Ligue, et quart de Coupe de France ! Au final, la confiance s’étiole et le jeu se liquéfie. Liza est toujours accrocheur et motivé, mais l’atmosphère générale n’est pas des plus rassurantes ! D’un point de vue personnel, il satisfait à 40 matches et 3 buts marqués T.C.C, dont 33 en D1. 
Fin mars, Toni a été remplacé par Éric Guérit, qui assurera l’intérim jusqu’au mois de mai… Et une fin d’exercice qui sacre le F.C. Nantes champion de France, quand ses rivaux de la façade Atlantique finissent 7es ; exit le rêve européen ! Ou pas…

Slavoljub Muslin, entraîneur serbe du F.C. Pau (National 1), est recruté pour mener à bien la saison 1995-1996. Et donc, conduire les siens le plus loin possible, en Coupe… Intertoto 1 ! Car Bordeaux est convié à participer aux phases préliminaires, lesquelles peuvent donner accès à la C3 ! C’est surprenant, mais aves des instances européennes ayant de la suite dans les idées, tout est possible ! Liza et ses potes vont donc malgré tout croquer à pleines dents dans le hors-d’œuvre européen. Tant mieux pour tous... En revanche, il faudra débuter très tôt, y compris avant d’avoir fini (ou même commencé) le recrutement ! L’opportunité est providentielle et bien réelle.  

Et le 1er juillet 19952, c’est l’I.F.K. Norrköping qui vient en premier au Stade Municipal Lescure, à l’occasion du premier match de poule ; le résultat est sans appel : 6-2, devant à peine 2 000 spectateurs ! Dans la foulée, les hommes d’Afflelou battent, en Irlande, le Bohemian F.C. (0-2). Le 15 juillet, c’est une nette victoire (4-0) à domicile face à l’O.B. Odense, avec des buts de Zidane, Prunier, Didier Tholot et… Lizarazu ! Et quel but ! Côté gauche, il assène une violente frappe croisée qui se loge sous la barre, comme pour clore la marque en beauté…

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L’ultime match donnera un résultat nul face l’H.J.K. Helsinki (1-1), en Finlande, et consacrera les Bordelais comme premiers du Groupe 5. Qualification pour le huitième de finale en poche, c’est l’Eintracht Francfort qui vient en suivant à Lescure : victoire 3-0 ! En quart de finale, le Sportclub Heerenveen s’incline également ici (2-0) ! Le préliminaire-aller propose – encore – le Karlsruher S.C. de Winfried Schäfer : d’abord en Allemagne où, le 8 août, les visiteurs s’imposent 2-0, puis sur les bords de Garonne, le 22, où les locaux concèdent le 2-2, mais avec un doublé de Liza (dont un but sur penalty) ! Le capitaine est fier de ses troupes, qui glanent-là le titre de champions d’Intertoto (comme le R.C. Strasbourg, dans l’autre partie de tableau). L’objectif préalablement manqué devient réalité ! Les Girondins joueront la Coupe de l’U.E.F.A. !   

Aller plus loin…

La « vraie » campagne est (re)lancée le 14 septembre, date du trente-deuxième de finale-aller. C’est face au F.K. Vardar Skopje et en Macédoine, où les Girondins ne racontent pas de salades : victoire 2-0 ! Le retour, le 28 septembre, se solde par un nul (1-1) arraché par le basque bouillonnant, après avoir été fauché dans la surface de réparation, et s’être fait justice lui-même. C’est suite à la transformation, en force, du penalty, qu’il envoie le F.C.G.B. au tour suivant ! Car le numéro 3 excelle dans cet exercice, qui requiert confiance, adresse et sang-froid… 

En seizième, c’est le Rotor Volgograd qui chute doublement (2-1 et 0-1). En huitième, un gros morceau qui se présente aux incisives bordelaises : le Real Betis Balompié de Séville. Lors du match-aller, le 21 novembre, c’est double morsure des « rageux », et succès 2 à 0 ! Au retour, en Andalousie, le 6 décembre, grâce notamment à un Zizou des grands soirs, Bordeaux ouvre la marque et fait sensation, avant de se faire battre sur le score de 2 buts à 1. Mais c’est suffisant pour qu’il aille plus loin, et peut-être faire oublier la saison morose qu’il effectue en D1… Car c’est une 16e place (sur 20) qui sanctionne son temps de passage et son irrégularité ; avec cinq points d’avance sur le premier relégable (le 18e)… 

Dans les coupes nationales, il ne dépassera pas le stade des seizièmes de finale ! Et Muslin, le 3 février 1996 et en conséquence, sera limogé, puis remplacé par Gernot Rohr ! Tandis que le spectre de la D2 pointe de nouveau son ombre, le mentor franco-allemand connaît, en principe, les recettes du maintien, en sus d’un goût prononcé pour le challenge… 

« Milan, ça m’a fait pleurer »

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Après avoir éliminé dix adversaires, c’est l’omniprésent et richissime Milan A.C. qui croisera le fer en quart de finale. Le club de Silvio Berlusconi, drivé par Fabio Capello, fait office d’épouvantail dans la compétition. Avec des stars planétaires à la pelle, ses millions en caisse, et son immense palmarès, il n’a pas de problème pour vaincre ces Girondins venus du fin fond des qualifications. Le tarif, c’est 2-0 à l’aller, à San Siro, le 5 mars 1996 ! C’est la première fois, depuis juillet, que Bordeaux n’inscrit pas le moindre but. Attention… là, c’est du très lourd ! Mais l’avantage pour les Bordelais, c’est qu’au retour, la seule véritable pression ne se trouve que dans les pneus de leur bus ! Et ces derniers vont poinçonner leur ticket pour l’arrêt suivant, en réalisant l’impossible. En ce 19 mars, ils sont, à l’image de leur capitaine : décomplexés et ultra motivés ! C’est décidé : les « arrogants » n’auront pas la partie belle, ce soir-là... 

Bien avant le match, l’atmosphère est différente. Il se passe – déjà – quelque chose, mais on ne sait pas encore quoi… Toutefois, ce qui est certain, c’est que les Mario Ielpo (gardien de but), Franco Baresi, Marcel Desailly, Alessandro Costacurta, Christian Panucci, Paolo Maldini, Roberto Donadoni, George Weah, Stefano Eranio, Patrick Vieira, Roberto Baggio, Tomas Locatelli, Demetrio Albertini et Paolo Di Canio, vont souffrir !

Menés par leur capitaine-courage, devenu depuis longtemps le symbole de la lutte et de la réussite dans le cœur des supporters, les Bordeaux et Blanc sont galvanisés par l’incroyable et l’inconditionnel soutien populaire.

La magie prend le relai lorsque les joueurs pénètrent sur la pelouse de Lescure, et effectuent la traditionnelle reconnaissance du terrain. Les Italiens… snobent leurs hôtes ! Du moins, c’est comme cela que ces derniers le ressentent… Ce qui fait bien leur affaire, et qui les transcende encore plus ! De cet instant précis, Liza en parle avec des trémolos dans le récit, comme confié dans l’ouvrage « F.C. Girondins de Bordeaux 1881 » (M6 Éditions), en 2009. « J’ai rarement ressenti des émotions aussi fortes avec le public. Il y avait quelque chose d’électrique. L’émotion était palpable. J’avais les larmes aux yeux. (…) Le public était en transe. Cela m’a fait pleurer ! » 

Avec ses partenaires ils savent, là, que l’ascendant psychologique peut être leur, s’ils parviennent à ouvrir la marque rapidement. Tholot y compte bien et c’est lui qui la déflore en premier, suite à un centre devant la cage de Liza (14e) ! La légende est en marche, le rêve et la gloire aussi… Ce souvenir, il le relate dans Les Cahiers du Football, en décembre 2016…

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 « Cela fait partie des actions qui restent dans la tête: je vois encore le ballon de Richard Witschge qui arrive de 250 mètres ! (Rires) Il est sur le côté droit alors qu’il n’a rien à y faire. Ce ballon va arriver entre moi et Panucci et je me dis que c’est celui qui ira avec le plus de détermination qui le récupèrera. Je prends le ballon, je déborde, je centre, et Didier Tholot marque. Ça lance le match. (…) C’est fou, c’était un quart de finale, et j’ai l’impression que c’était une finale ! J’ai toujours l’impression qu’on a gagné la Coupe de l’U.E.F.A., ce jour-là. » 

Zidane (double passeur) et Dugarry (double buteur), feront définitivement plonger l’ogre dans les méandres de sa suffisance (64e et 70e). Ce 3-0 est historique et, depuis, devenu mythique ! Le vaincu lombard se consolera en s’adjugeant, un peu plus tard, son quinzième titre de champion d’Italie…  

Une finale tronquée

La dynamique est identique et l’enthousiasme de même nature, quand le S.K. Slavia Prague de Vladimir Šmicer reçoit, en demi-finale, ces Français qui enchantent depuis des mois les amateurs de football total. Face à une équipe qui aligne des internationaux (lesquels seront tombeurs des Bleus et finalistes de l’Euro en juillet) de grande qualité, les garçons du « sorcier », Rohr, s’imposent 0-1 (but de Dugarry) en République Tchèque. Puis, sur le même score (but de Tholot) au retour, le 16 avril. Le billet est donc validé pour la finale ; ça aussi, c’est historique ! Qui plus est lorsque l’on a la possibilité et la chance de la disputer dans son propre stade, puisque c’est alors encore en mode aller-retour 3.

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Le F.C. Bayern Munich est le treizième adversaire de la saison en C3 ; un chiffre qui ne va pas porter bonheur, dans la mesure où, en Bavière, sans Zidane ni Dugarry (suspendus), ils vont s’incliner face à une armada rodée pour ce genre de rendez-vous, et programmée pour aller au bout de l’aventure…

Le 1er mai, les Allemands d’Oliver Kahn Jürgen Klinsmann, Lothar Matthäus ou Jean-Pierre Papin « travaillent » mieux (2-0), à l’Olympia Stadion, et devant 65 000 spectateurs au taquet. Des fans qui attendent un nouveau trophée, pour le placer dans une vitrine déjà bien garnie… Thomas Helmer et Mehmet Scholl sont les bourreaux du jour  (34e et 60e) !

Le 15, on se demande si les Bordelais sont capables de rééditer « l’exploit de Milan », dans une enceinte une nouvelle fois chauffée à blanc, et remplie par près de 35 000 personnes mettant une folle ambiance. Mais fatigués par une saison harassante, un quotidien en D1 des plus inquiétants, ils cèdent prématurément devant les coups de boutoir des hommes de Franz Beckenbauer. Tous les joueurs-cadres sont présents, du moins jusqu’à la 30e minute. Parce qu’à cet instant précis, Lizarazu se fait, littéralement et volontairement, découper par Emil Kostadinov ! Un joueur bulgare au talent avéré, qui a privé l’Équipe de France de Mondial 1994 (avec un but inscrit à la 93e minute du match France-Bulgarie du 17 novembre 1993, au Parc des Princes/1-2), mais qui vient d’annihiler toute chance de participation à l’Euro pour Liza ! Triste et regrettable. Pathétique comportement, indigne sortie…

Et c’est une plaie, de douze centimètres sur un de large, qui contraint le défenseur rejoindre en urgence le tout proche C.H.U. !  Il est donc remplacé par Cédric Anselin, jeune joueur de 18 ans. À partir de là, la physionomie du match change radicalement, qui plus est quand le public s’aperçoit que le fautif n’est ni averti, ni exclu… C’est terrible à tous les niveaux car Scholl (53e), Kostadinov (65e) – une injustice ! – et Klinsmann (78e) vont définitivement anéantir les espoirs bordelais. Même ci ceux-ci ont été entretenus par Dutuel (76e) ; 1-3, c’est terminé ! De toute façon, en dépit de ces graves coups du sort, il faut reconnaître que le Bayern était plus fort. Plus frais et plus expérimenté… 
Comme il l’explique dans Les Cahiers du Football, la tâché était ardue… « On n’avait pas l’effectif ni l’énergie pour faire les deux (D1 et C3, NDLR), jouer tous les trois jours au même niveau, et supporter une telle charge émotionnelle. Inconsciemment, on a lâché le championnat. (…) Le chemin a été très long. (…) Mais on se sentait imbattable en Coupe d’Europe. » « Carbonisés » d’un point de vue physique et mental, les héros d’un peuple vont terminer la saison à une 16e place (42 points) tout compte fait bienvenue, à quatre points devant le F.C. Gueugnon (18e), relégué en D2. Mais avec de jeunes joueurs utilisés pour honorer les ultimes rencontres…  

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Bixente Lizarazu aura seulement disputé 23 matches de D1 (3 buts), mais 17 de C3 (5 buts), pour un total de 40 T.C.C. Ce qui caractérise, une nouvelle fois, une saison pleine. Cette confrontation finale tronquée face aux Bavarois demeure la dernière sortie officielle avec les Girondins de Bordeaux de leur fils « naturel ». Un indu et involontaire adieu qui lui reste « toujours en travers de la gorge ». Lui qui figure désormais au « Hall of Fame » du club au scapulaire avec, de 1988 à 1996, 299 matches et 28 buts (dont 25 à domicile !) disputés.

Une fierté patrimoniale

Parti à l’étranger, comme beaucoup de ses coéquipiers lors de l’intersaison 1996-1997, Bixente va continuer à franchir des paliers et à enrichir sa panoplie de joueur de très haut niveau. Ça commence avec l’Athletic Club Bilbao (1996-1997), et se poursuit avec le F.C. Bayern Munich (1997-2004 et 2005-2006), ou l’Olympique de Marseille (2004-2005). En plus de la Coupe Intertoto (1995), il inscrira à son palmarès une Ligue des Champions (2001), une Coupe Intercontinentale (2001), plusieurs championnats d’Allemagne (6) et coupes d’Allemagne (5)  et de la Ligue allemande (5), entre autres. Tout en menant, en parallèle, une carrière de joueur international avec l’Équipe de France, avec laquelle il honorera 97 sélections (2 buts) et remportera la Coupe du Monde (1998), la Coupe des Confédérations (2001 et 2003) et le Championnat d’Europe des Nations (2000), en ce qui concerne les compétitions majeures. 

Juste retour des choses pour un individu tenace qui, à la force de ses muscles, de son talent et de sa détermination, s’est doté d’un magnifique palmarès. Pour un compétiteur hors pair, sérieux, professionnel, discipliné, énergique, exemplaire, technique, intrépide, costaud athlétiquement et mentalement, qui est passé du poste d’attaquant à celui de contre-attaquant, et de leader potentiel à meneur d’hommes, à Bordeaux. Et dont la formation et l’apprentissage ont été couronnés de succès à l’international.

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Sa régularité à haut niveau, sa fidélité témoignée lorsque le club était en deuxième division, ainsi que sa faible propension à la blessure, ont forgé le respect de tous. Liza a grandi et progressé avec les Girondins, et inversement. C’est une fierté patrimoniale. Cela, pour le plus grand bonheur des supporters, du club, de ceux qui l’aiment, et du passé à jamais glorieux qu’il leur a laissé…

Son palmarès aux Girondins

 Champion de France de D2 en 1992
 Vainqueur de la Coupe Intertoto en 1995
 Finaliste de la Coupe UEFA en 1996
 Meilleur latéral gauche du championnat de France à trois reprises

 

Notes de bas de pages

1 La Coupe Intertoto est une ancienne compétition de football qui avait lieu en été, et qui opposaient les meilleurs clubs européens non-qualifiés pour la Ligue des Champions (C1), ou pour la Coupe de l’U.E.F.A. (C3/Europa League aujourd’hui). Les vainqueurs de ces tours préliminaires obtenaient alors un billet pour disputer la Coupe de l’U.E.F.A.

2 L’effectif 1995-1996, dans son ensemble, comprend également les joueurs suivants : Lionel Perez, Franck Fontan (gardiens de but), Kodjo Afanou, Éric Guérit, Didier Sénac, Jean-Yves de Blasiis, William Prunier, Pascal Philippe, Yannick Fisher, Raphaël Camacho, Patrick Amrane, Cédric Anselin, Jean François Daniel, Laurent Fournier, Mirza Varešanović, Régis Castant, Jérôme Geffroy, Franck Histilloles, Kaba Diawara et Anthony Bancarel.

3 En 1995-1996, la finale de la Coupe U.E.F.A. (aujourd’hui Europa League) se dispute encore en format aller-retour. La C3 est la seule des trois compétitions (au contraire de la Ligue des Champions et de la Coupe des Vainqueurs de Coupe/C2) à proposer cette formule. C’est à partir de la saison 1996-1997 qu’elle se disputera sous la forme d’un match unique, et sur terrain neutre.

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