De Tavernost – « Présent pour longtemps »

Nicolas de Tavernost veut faire de Bordeaux un grand club européen

mercredi 01 septembre 2010 - 11h13
Nicolas de Tavernost et Frédéric Thiriez lors de la remise du titre en mai 2009

Découvrez aujourd’hui la 2ème partie de la conférence de presse de Nicolas de Tavernost. Le Président du Groupe M6 parle sans langue de bois du transfert de Yoann Gourcuff à Lyon, des comptes du Club et de l’investissement d’M6 auprès des Girondins. Une nouvelle fois, il a confirmé que les actionnaires étaient aux côtés du Club sur le long terme. Leur objectif : faire de Bordeaux un grand club européen.

LE TRANSFERT DE GOURCUFF
 

 

girondins.com : Êtes-vous satisfait du transfert de Yoann Gourcuff ?

Nicolas de Tavernost : J’y ai pris une part active, je ne pourrai m’en vouloir qu’à moi-même. Nous avons obtenu ce que nous souhaitions. Le joueur avait une clause à 26 M€. Nous ne pouvions tout obtenir en une fois. Le transfert est donc de 22 M€ avec 4,5 M€ sur une éventuelle cession du joueur. Nous aurons la somme en 2 fois. C’est un des plus gros transferts européens de l’intersaison. Il faut d’abord féliciter ceux qui l’ont recruté, y compris Laurent Blanc. Ils ne se sont pas trompés. Le transférer est une sage décision dans la mesure où le joueur a demandé à partir. Je rappelle que ce n’est pas le Club qui a demandé au joueur de partir. Nous étions prêts à faire l’effort financier pour le conserver. Le joueur a souhaité jouer la Champions League, on ne peut pas lui reprocher. Le seul regret, c’est qu’il n’est pas participé à des victoires en fin de saison pour décrocher la qualification. Cela dit, la décision de Yoann Gourcuff de rejoindre un club pour jouer la Champions League, même français, n’est pas contestable.


girondins.com : Cela remplit les caisses ?

Nicolas de Tavernost : Oui mais nous en avons déjà dépensé un peu, comme vous avez pu le constater. Nous aurions pu assumer son salaire cette saison mais le joueur a demandé à partir. Il ne nous restait plus qu’une chose à faire : défendre nos intérêts. Si nous n’avions pas obtenu ce prix-là, il serait resté.


girondins.com : Vous avez réalisé un gros transfert avec Gourcuff et vous avez un peu moins réinvesti sur le marché. Cela permet d’équilibrer les comptes ?

Nicolas de Tavernost : Bien sûr. La saison 2010-2011 devrait être à l’équilibre. C’est un de nos objectifs. Les clubs n’ont pas vocation à être des entreprises déficitaires, sinon, ils vont dans le mur. Un club est une entreprise de spectacle avec des talents. Il faut qu’il s’équilibre en recrutant à la fois des talents confirmés mais aussi en trouvant de nouveaux talents. Cela fait partie de la mission du Club de trouver et former de nouveaux talents. De temps à autre, il y a des aléas car nous parlons de sport. L’actionnaire est là pour faire face aux aléas mais on ne peut pas s’en sortir sans équilibre sur le long terme. C’est le cas de Bordeaux depuis 10 ans.

 


girondins.com : Qui prend les décisions ?

Nicolas de Tavernost : Jean-Louis Triaud et son staff. L’actionnaire est là pour voir si les intérêts du Club et des actionnaires sont bien défendus.


girondins.com : Vous arrive-t-il d’influencer certaines décisions ?

Nicolas de Tavernost : Je ne m’occupe pas du sportif, je ne suis pas compétent pour cela. Je veille simplement à ce que les règles soient respectées et certains intérêts défendus. Pour Yoann Gourcuff, par exemple, nous nous sommes mis d’accord avec Jean-Louis Triaud et l’entraîneur afin de savoir quelles étaient les conditions à remplir pour que le joueur soit transférable.

 

LA GESTION ET LES COMPTES DU CLUB
 

 

girondins.com : La vente de Gourcuff évite à M6 de remettre la main à la poche pour la saison à venir ?

Nicolas de Tavernost : Ce n’est pas M6 qui met la main à la poche mais ses actionnaires. Nous n’avons pas vocation à combler des trous, nous sommes là pour développer une entreprise. Nous devons la gérer correctement, la faire progresser, tout en obtenant des résultats sportifs. Incontestablement, l’équipe a progressé de niveau ces dernières années. Nous avons eu et vu partir Wiltord, Pauleta… Nous ne sommes pas le seul club où les joueurs partent. Yoann Gourcuff a été bien acheté et bien vendu. Tant mieux, cela va nous permettre de passer la saison. Cela nous a aussi permis de recruter de bons joueurs comme Ben Khalfallah. J’espère qu’ils confirmeront. Nous devrions avoir de bonnes surprises. Modeste a ouvert son compteur but. Le sport, c’est aussi faire des paris. Nous ne sommes pas Abramovitch (l’actionnaire principal de Chelsea, NDLR).

 


girondins.com : Il y avait a priori un déficit prévisionnel sur lequel on peut s’interroger entre le transfert de Gourcuff et les quelques 30 M€ dégagés par le parcours en Champions League la saison dernière ? D’où vient ce déficit ?

Nicolas de Tavernost : Nous payons des salaires, tout simplement. Ce n’est pas gratuit le football, cela se saurait. Le train de vie du Club est important. Il y a des joueurs qui ont été confirmés, certains transfèrent sont toujours en cours de paiement comme celui d’Alou Diarra. Vous aurez remarqué que nous avons un bon gardien que nous avons acheté à Toulouse. A l’époque, j’avais insisté pour son recrutement. Le train de vie du Club correspond à la Champions League. Il faut que 2 années sur 3 au minimum, le Club soit qualifié en Champions League. C’est l’objectif avec l’ambition d’être régulier. Il faut être dans le haut de tableau. Ce n’est pas le cas cette année, la vente d’un joueur permet d’équilibrer les comptes mais encore une fois, ce n’était pas un objectif pour nous et ce n’était pas obligatoire. Nous étions prêts à financer notre déficit. Une fois l’argent dans la caisse, nous ne sommes pas fous au point de creuser un autre déficit. C’est pour cela que nous avons bien vendu Yoann Gourcuff, parce que nous n’avions pas d’obligation. Nous étions prêts à le conserver. Si nous avions eu besoin de le vendre, sans actionnaire pour financer le déficit, nous l’aurions très mal vendu. C’est sûr.


girondins.com : Que manque-t-il à Bordeaux pour être régulièrement qualifié en Champions League, comme Lyon ?

Nicolas de Tavernost : Je ne sais pas vous dire car nous pensions y être arrivé l’an passé, d’où l’effet de surprise et la déception. Personne de bonne foi ne peut dire que nous n’avions pas une des meilleures équipes françaises l’année dernière. Un entraîneur et des équipements de très haut niveau… Il y avait tous les ingrédients l’an passé pour faire une grande équipe et poursuivre sur notre lancée. Nous n’y sommes pas arrivés, c’est une énigme. Il faut continuer à travailler et à construire. Il faudra continuer à prendre des joueurs intéressants et aller un peu plus vite dans les décisions. Bordeaux doit être un peu plus dur dans la gestion de son effectif.


girondins.com : Vous allez faire une gestion à la parisienne ?

Nicolas de Tavernost : Non. Les atouts de Bordeaux sont nombreux. Les joueurs s’y sentent bien, il y a un superbe cadre de travail. Parfois, nous avons un peu tendance à penser que les problèmes vont se résoudre d’eux-mêmes. Il faut être plus opiniâtre dans certaines décisions ou d’éventuels conflits.


girondins.com : Vous avez négocié avec Jean-Michel Aulas pour le transfert de Gourcuff. Vous inspirez-vous de ce personnage du football français ?

Nicolas de Tavernost : Bordeaux s’inspire lui-même, pas besoin d’aller à Lyon. Chacun fait comme il veut. Cette négociation a été très professionnelle. Lyon est un grand club et possède ses propres difficultés. Le Président Aulas a une grande compétence extra-sportive dans sa gestion du football professionnel mais cela n’inspire personne à Bordeaux. Le Club a son histoire, ses caractéristiques, ses atouts. Il n’a pas le potentiel de Lyon sur un plan économique car le bassin de population entre les deux villes n’a rien à voir. C’est différent et nous n’avons pas encore leur régularité en Champions League. Nous faisons des paris osés, eux comme nous.


girondins.com : Une non-qualification européenne remettrait en cause ce que vous avez construit ?

Nicolas de Tavernost : Ce serait un sujet, il faudra trouver une solution pour le gérer. Il y aurait différentes options mais nous avons la pression sur cet objectif.


girondins.com : Il pourrait y avoir un désengagement ?

Nicolas de Tavernost : Non, partir sur un échec n’est pas notre habitude. Nous ne nous situons pas comme cela mais je dis les choses clairement. Si le Club ne revient pas en haut de tableau, nous aurons un sujet à traiter. La masse salariale est basée sur la Champions League, même avec le départ de Gourcuff.


girondins.com : Pour vous, une qualification européenne concerne la Champions League ?

Nicolas de Tavernost : Oui, bien sûr. J’aime beaucoup l’Europa League car nous la diffusons. Vous voyez, nous sommes même prêts à voir les Girondins diffusés par nos concurrents.


girondins.com : Vous avez investi dans le centre de formation à votre arrivée. De nombreux jeunes sont sortis mais il n’y pratiquement plus de Bordelais dans les sélections de jeunes ? Il faut changer quelque chose ?

Nicolas de Tavernost : Le Club en est conscient. Il y a une petite césure à faire dans le travail entrepris. Le football n’est pas une science exacte. Il y a une réflexion à avoir sur le centre de formation et la CFA qui sort d’une mauvaise saison avec une descente en CFA 2. Nous sommes vigilants mais il y a tout de même de bons effectifs.


girondins.com : Vous avez mis 10 ans à gagner un titre de Champion, allez-vous mettre encore 10 ans ?

Nicolas de Tavernost : Je ne crois pas. Ce n’est pas l’objectif. Cela a été très long. Surtout de retrouver l’Europe. Les matches de Champions League à Lescure, il faut que l’on revoit ça vite. Voir des grands d’Europe tous les ans, dans le nouveau Stade, voilà l’objectif.

 


girondins.com : Quel est l’intérêt d’être et de rester l’actionnaire majoritaire des Girondins de Bordeaux ?

Nicolas de Tavernost : Réussir à faire de Bordeaux un grand club européen. Doter le club d’un grand stade dans des conditions économiques satisfaisantes. C’est-à-dire sans déficit, avec des personnes et des méthodes professionnelles compétentes. Nous arrivons à faire un grand club européen, certes avec un à-coup. C’est une entreprise de spectacle avec laquelle nous sommes liés pour longtemps. Parfois vous nous trouvez un peu frileux sur les recrutements. Nous ne faisons pas des recrutements à la Madrilène car nous n’en avons pas les moyens et nous nous inscrivons dans la durée.
 

 

Demain, place à la 3ème et dernière partie de la conférence de presse de Nicolas de Tavernost sur girondins.com
 

 

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