C’est déjà fini. Dans cette 5ème et dernière partie, Ramé parle de son futur métier d’éducateur et de son engagement avec les associations. Il évoque également sa vision du football et confie pourquoi il a toujours joué avec le numéro 16 à Bordeaux.
A Bordeaux, quel a été ton coéquipier le plus marrant, le plus classe, le plus réfléchi ? De Pascale
Ulrich Ramé : Le plus classe, je pense à Alain Roche et Pauleta. Le plus marrant… il y a eu quelques phénomènes tout de même. Il y a eu Jean-Claude Darcheville, Souley (Souleymane Diawara, NDLR). Ce sont les derniers en date mais si je remonte à 1999, il y avait aussi Lilian (Laslandes, NDLR), Sylvain Wiltord… Il y avait aussi Kiki Musampa qui mettait l’ambiance dans le vestiaire.
Salut Ulrich, ta soirée d’adieu contre Montpellier était magnifique, j’ai eu les larmes aux yeux ! Après 14 ans passés à Bordeaux, comment juges-tu l’évolution du Club entre 1997 alors que le club était encore une association et aujourd’hui ? De Jean
Ulrich Ramé : Il y a eu des critiques sur les ambitions du Club mais tout cela s’est inscrit dans une évolution économique et footballistique qui n’a fait qu’aller vers le haut. Il y a eu une importance croissante de l’argent. L’évolution a été relativement bien gérée à mon sens. C’était bien structuré. Quand je suis arrivé au Club, il y avait 25 salariés. Aujourd’hui, il y en a environ 180. En 10 ans, cela s’est multiplié par 10. C’est tout de même beaucoup. Le club s’est développé dans tous les secteurs d’activité. Au niveau sportif, il s’est enrichi de plusieurs trophées et de titres. Aujourd’hui, les Girondins forment une entreprise pérenne et nous sommes dans les 3 ou 4 entreprises les plus pérennes de L1. Les supporters n’ont pas été malheureux par rapport aux émotions et au spectacle qu’ils ont pu voir à Bordeaux. Quand je pense à toutes les grandes équipes européennes qui sont venues à Chaban-Delmas ces 10 dernières
années… De plus, il y a de nouveaux projets qui prennent forme comme le nouveau stade. Il y a beaucoup de choses en cours dans un univers qui va peut-être aller vers la décroissance. Aujourd’hui, le club est dans une position solide. L’actionnaire a fait du club une belle entreprise. Elle est pérenne, j’insiste. Je pense que les supporters et les gens le savent mais ils veulent du spectacle. Ils en veulent plus et c’est normal. Le football, c’est comme le cinéma. On veut voir du spectacle, venir en famille, ressentir des émotions. Quand ils sont déçus, il est logique qu’ils le disent. Ils payent pour voir des noms et des affiches. Que ce soit un passionné de foot ou une famille, c’est la même chose. Sincèrement, en 10 ans, le club s’est élargi et il est armé pour des périodes plus difficiles. C’est positif, très positif.
Ulrich, tu es parrain de diverses associations, notamment pour les enfants. Penses-tu t’investir encore plus maintenant que tu tournes la page du foot ? De Céline
Ulrich Ramé : En fait, je pense restreindre le nombre d’associations afin de m’investir pleinement sur un sujet. Jusqu’ici, j’ai fait pas mal de choses pour 2 ou 3 associations sur l’enfance. Je pense m’engager plus avec 1 seule association. Jusqu’à présent, j’ai apporté de l’aide quand on me le demandait mais il s’agissait d’un engagement ponctuel en fonction de mon planning. Je vais aller vers plus de qualités.

Bonjour Ulrich, à part du football, quels sont tes sports favoris ? De Laureen
Ulrich Ramé : J’aime le tennis et le golf. J’aime beaucoup de sports, ceux que je pratique. Au niveau football, j’ai regardé très peu de matches à la télévision. Je préfère le pratiquer que le regarder.
Si tu devais devenir entraîneur, serais-tu plus intéressé par la formation ou par le monde professionnel ? De Corentin
Ulrich Ramé : Je pense qu’il faut commencer par la formation. Quand on débute cette carrière, il faut être sur le terrain afin de s’aguerrir. Cela permet aussi de savoir comment les choses commencent pour un jeune joueur sur le terrain et dans sa tête avant d’arriver avec les professionnels. Il y a une période plus ou moins longue à observer au niveau de la formation. Il est important de faire ses armes, de se renforcer mais aussi d’améliorer ses acquis. Il faut aussi découvrir la mentalité des jeunes joueurs, leur état d’esprit. C’est important. Mon envie, c’est également de m’ouvrir et de ne pas rester concentré sur le poste de gardien. J’aimerais devenir entraîneur général. Les gardiens, c’est très spécifique. Pour le moment, je n’ai pas envie de m’arrêter à cela. Il n’y a rien de déshonorant, bien au contraire mais c’est un travail très technique, très psychologique. Dans ma carrière, j’ai vécu beaucoup de choses de derrière, où je pouvais voir toute la surface de jeu. Je pense que cela m’a enrichi tactiquement et mentalement. J’ai également été capitaine pendant 6 ou 7 ans. Cela m’a apporté de l’expérience dans la gestion humaine d’un groupe par rapport aux performances. Il faut faire avec les tracas des unes et des autres. Je pense donc partir sur un plan plus large au début quitte à devenir entraîneur de gardiens dans quelques années. J’ai envie de m’ouvrir à cela.

Quel est ton club préféré en France (à part Bordeaux) et à l’étranger ? De Nina
Ulrich Ramé : J’aime les clubs qui jouent vers l’avant. Les équipes qui jouent offensif. Cette saison, j’ai apprécié le jeu du LOSC. Au niveau du profil des joueurs et du jeu, j’aime ce que fait Lorient ou Saint-Etienne. Il faut avoir les joueurs pour mettre en place cette philosophie de jeu. D’un autre côté, pour attaquer, il faut surtout bien défendre. Les gens ont parfois du mal à le comprendre. Pour avoir le ballon, il faut avant tout savoir le
récupérer.
Penses-tu poursuivre ta carrière en amateurs comme l’a fait JPP à Arcachon ? De Martial
Ulrich Ramé : Je ne pense pas. Je ne vais pas arrêter le sport, c’est sûr. Dans l’immédiat, je ne pense pas jouer avec un club amateur. J’ai envie de consacrer du temps à mes enfants, faire du sport avec eux. J’aurais besoin du sport. Je vais passer de tout à pas grande chose puisque je passe toute la semaine pas mal d’heures sur le terrain. Une fois que ce sera terminé, il n’y aura plus grand-chose au niveau du sport. Il faudra le gérer. Jouer en amateur n’est pas un problème en soi mais cela demande du temps. Je ne veux pas sacrifier de week-end par rapport à mes enfants. J’ai envie de profiter d’eux.
N°1 dans nos cœurs pendant des années, pourquoi as-tu toujours préféré jouer avec le 16 ? D’Amélie
Ulrich Ramé : Il y a un peu de superstition. Je suis arrivé à Bordeaux avec le numéro 16 et je n’ai jamais voulu en changer car il m’a porté bonheur pendant 14 ans. J’aurais pu faire 16 ans de carrière, cela aurait été un signe (rires, NDLR).