La 2ème partie de l’ITV Interactive d’Ulrich est très riche. Il évoque ses relations avec les supporters bordelais, nous parle du match qui l’a le plus marqué à Bordeaux mais aussi de sa plus belle parade sous le maillot bordelais. A découvrir dès maintenant !
Qu’as-tu ressenti auprès de tes supporters pendant ta carrière à Bordeaux ? Bonne chance pour la suite ? De Kevin
Ulrich Ramé : Beaucoup de respect mutuel. Ils savent que j’ai toujours essayé de donner le maximum. Pas pour faire plaisir mais pour aller toujours plus loin. Ils sont dans la même optique. Ils veulent toujours plus, toujours mieux pour leur équipe. Quelque part, nos chemins se retrouvent. Nous avons tous joué pour les mêmes couleurs, dans un but commun.
Si tu ne devais garder qu'un seul match, lequel choisirais-tu ? D’Eric
Ulrich Ramé : Un seul… (Il réfléchit, NDLR) il y a eu quelques très grands matches. En 1999, quand nous gagnons le titre, il y a eu le match face à Marseille que nous gagnons 4-1 à Lescure. Il y avait 2 belles équipes sur le terrain, un enjeu colossal. Des 2 côtés, il y avait de très bons et très grands joueurs. Le spectacle en valait la peine je pense.

Salut Ulrich, quelle est selon toi ta plus belle parade sous les couleurs de Bordeaux ? Merci pour tout, pour ta fidélité, pour ton professionnalisme. Tu vas nous manquer ! De Victor
Ulrich Ramé : L’année du titre 2009, je me souviens d’une parade réflexe sur la ligne face à Saint-Etienne. Il y a 2 ou 3 arrêts qui me reviennent mais c’est celui-ci le plus récent.
J'ai 7 ans, je débute le foot à Guérande (44) et quels sont les conseils que tu pourrais me donner pour choisir soit le poste d'attaquant ou celui de gardien de but ? Merci pour ta réponse ? De Maxime
Ulrich Ramé : Ce sont des postes similaires en termes d’émotion. Quand on est petit, le poste de gardien est encore plus ingrat qu’à l’âge adulte. Soit on ne touche pas un ballon du match, soit on en prend beaucoup. L’important, c’est de prendre du plaisir, de se sentir à l’aise dans que ce l’on fait. Il ne faut pas se sentir dépassé par les événements. A partir du moment où l’on fait ce que l’on aime, où l’on a envie d’y passer du temps et qu’on y va pas en marche arrière… Il faut s’amuser. Généralement, le poste que l’on occupe à l’école est celui que l’on aime occuper sur le terrain.
Entre les titres de 1999 et 2009, quel est celui que tu préfères ? Merci pour tout ! De Seb
Ulrich Ramé : Celui de 1999 car c’est le 1er. Les 2 sont géniaux mais il y a 10 ans d’écart entre ces titres. En 2009, j’avais beaucoup plus d’expérience et d’autres responsabilités vis-à-vis du groupe. Il existe des similitudes. Un groupe fort au niveau de l’ambiance et des philosophies de jeu semblables. En 1999, nous avons dû marquer près de 60 buts (66 buts en 34 matches, NDLR). C’était également le cas en 2009 (64 buts en 38 matches, NDLR). Nous étions relativement tournés vers l’offensive. Quand on fait le bilan, on s’aperçoit qu’une équipe qui marque beaucoup de buts finit souvent en haut du tableau.
Que retiens-tu de ton passage avec les Bleus ? De Gugu
Ulrich Ramé : Je suis tombé dans l’après 1998. Il y avait beaucoup d’émotions. Je suis arrivé dans ce groupe
comme un petit garçon. Je côtoyais des joueurs que j’avais l’habitude de voir à la télévision. Quand je suis arrivé, je me suis dit qu’il fallait prouver ce que je valais. C’était indispensable pour rester dans l’équipe et aller plus haut. La place de 3ème gardien n’est pas évidente car il faut tenir un rôle précis. Il y avait beaucoup de concurrence. Il y avait Fabien Barthez, Bernard Lama venait d’arrêter et, à mon époque, il y avait une très bonne génération de gardiens avec Greg’ Coupet, Lionel Letizi, Stéphane Porato… Nous étions 4 ou 5 avec l’émergence de Micka Landreau. Il y avait de nombreux postulants pour le groupe France. En définitive, tout le monde y a été un peu sans réellement trouver de place. Celui qui en a le plus profité, c’est Greg’ Coupet. Il a réussi à obtenir une place de titulaire mais avec de nombreux problèmes. Connaître le niveau international, c’est génial. J’ai eu la chance de vivre de l’intérieur les 3 grandes compétitions avec l’Euro 2000, la Coupe des Confédérations 2001 et la Coupe du Monde 2002. J’en ai même gagné 2. La richesse, c’est surtout de les avoir vécues en termes d’expérience et d’émotions.
Quel est ton avis sur la relève bordelaise avec Cédric Carrasso, Kevin Olimpa et Abdoulaye Keita ? Merci pour tout ce que tu as accompli sous le maillot bordelais ! De Solène
Ulrich Ramé : Ce sont 3 profils différents, 3 garçons de générations différentes. Tout dépendra de leurs intentions, de leur état d’esprit, de leur envie de travailler. Le haut niveau, on peut le connaître mais l’important, c’est de vouloir y rester. Il ne faut jamais se satisfaire de ce que l’on a. Leur marge de progression est importante. Cédric (Carrasso, NDLR) arrive à maturité. Il se sent apprécier à Bordeaux, c’est très important pour un gardien. La saison qu’il vient de faire va le rassurer. Sa 1ère année à Bordeaux a été plus difficile mais nous étions dans la 1ère année après le titre. Il y avait également la Ligue des Champions qu’il découvrait. Il n’y avait pas de matches simples. Avec sa prolongation, je pense qu’il va s’inscrire dans la durée. Il a l’âge idéal. A lui de se remettre en cause pour la saison qui arrivé. Il a également des objectifs avec les Bleus. Kévin et Abdou sont à un âge où ils doivent jouer. C’est absolument nécessaire pour progresser. Il n’y a pas de secret. Sans temps de jeu, on ne progresse pas. Dans un club, il faut toujours un numéro 2. C’est un choix de carrière.

Cédric Carrasso a été élogieux envers ta carrière. Nous avons l’impression qu’il y a beaucoup de respect entre vous deux. Est-ce le cas ? De Franck
Ulrich Ramé : Oui. Avec Cédric comme avec les autres. J’ai toujours respecté la carrière des autres. Les gens disent souvent que le milieu du football est un peu pourri mais cela est lié aux intransigeances du milieu. Si vous respectez les gens, vous n’avez pas de problème. Cédric est arrivé avec des ambitions, il voulait vivre de nouvelles expériences. J’ai été dans cet état d’esprit en arrivant à Bordeaux. J’ai connu différentes doublures mais j’ai toujours respecté les autres gardiens en voulant démontrer que je méritais ma place sur le terrain. Pas en dehors. Le respect est là. Je respecte Cédric, je n’ai jamais eu de souci avec lui. Le plus important, c’est d’avoir du respect entre hommes dans le vestiaire. La carrière, c’est quelque chose de très personnel. Cela dépend des envies de chacun. Le plus important, c’est le respect de l’homme. Cédric et moi en avons beaucoup l’un pour l’autre, il n’y a pas d’ambigüité par rapport à cela.