C’est parti pour l’Interview Interactive d’Ulrich Ramé ! Le mythique gardien des Girondins nous a accordé un long moment après la saison. Aujourd’hui, il nous parle de son avenir, de ses souvenirs en marine et blanc mais aussi de ses goûts en matière de vin.
Peut-on espérer revoir Ulrich Ramé comme cadre aux Girondins de Bordeaux ou comme membre du staff (entraîneur des gardiens, entraîneur général…) ? De Michel
Ulrich Ramé : C’est une réflexion que je mène actuellement. Mon contrat prévoit une reconversion au sein du club sans fonction ou poste définis. Je suis très attaché au Club. J’ai envie, dans ma nouvelle carrière, d’aider les Girondins s’il y a un besoin. J’ai un certain vécu. J’ai envie de m’inscrire dans ce projet mais il faut définir un secteur d’activité.
Que retiens-tu de plus d'une décennie en marine et blanc ? Merci de ta fidélité aux Girondins et de nous avoir fait rêver. En tout cas, tu restas un des emblématiques gardiens des Girondins. Beaucoup de réussite pour la suite. De Thierry
Ulrich Ramé : Ce que je retiens… Même s’il y a des moments difficiles sur un plan sportif, je ne retiens que le positif. Mon arrivée à Bordeaux, le fait d’avoir franchi plusieurs paliers, l’épanouissement sportif. J’ai connu beaucoup de saisons avec des ambitions. Bordeaux s’est inscrit dans les 3 ou 4 meilleurs clubs en France, avec de nombreuses campagnes européennes. Nous avons gagné pas mal de titres. D’une année sur l’autre, il n’est pas simple de maintenir des ambitions élevées et d’arriver à un tel niveau. J’ai vraiment l’impression d’avoir grandi avec le club. Moi, sur un plan sportif et le club sur le plan des structures et du palmarès. J’ai également eu un très bon rapport avec les supporters. J’ai toujours eu du respect pour eux. Ils donnent du temps, de l’argent et de l’énergie pour soutenir leur équipe, quelque soit la situation. Nous, joueurs, avons une vie dorée. Ces gens sont là pour le cœur, pour soutenir des couleurs et une philosophie. C’est important de leur rendre la pareille. Lors de mon dernier match face à Montpellier, ils m’ont beaucoup donné.
Déjà, merci de votre carrière chez nous, de votre sincérité et de votre cœur envers le club. Je voudrai vous demander, quel effet cela fait d'arrêter votre carrière bordelaise à Chaban Delmas ? De Valentin
Ulrich Ramé : C’était un petit signe. Il y en avait plein lors de ce dernier match. J’ai joué mon 1er match sous le maillot bordelais face à Montpellier avec la réserve. C’était en 1997. Ce dernier match avait lieu à Bordeaux le jour de la fête des mères. J’ai perdu ma maman il y a quelques années alors la date à une vraie signification. Mes fils étaient présents. J’ai tout eu en une soirée, tout s’est bien passé. Je ne pouvais pas rêver d’une meilleure sortie. Je suis très heureux que tout ce soit passé comme cela.
Quel a été le plus grand moment pour toi ? Quel a été le pire ? De Florent
Ulrich Ramé : Le plus grand est le 1er titre de Champion de France. Toute la soirée a été magique. Le match, le retour à Bordeaux… Le pire, c’est l’année où nous terminons 15ème. Sportivement, c’était difficile. Nous n’avions que ce que nous méritions mais quand on pense à toutes les conséquences qu’une descente… Le Club était dans une phase ascendante sur les années précédentes. En l’espace de 12 mois, il y a eu un grand renversement de situation. Cette année-là, les 3 derniers matches étaient super compliqués. Il ne me reste pas grand-chose de ces rencontres. Je retiens plutôt l’enjeu, le stress, les émotions. On se projette dans le pire en ne pensant pas seulement à soi mais surtout au Club. Le groupe qui a vécu cette saison s’en souvient. J’ai en mémoire les mots, les images qui étaient utilisés pour que nous puissions nous surpasser, pour que nous puissions dépasser la pression que nous avions.

Ulrich, que feras-tu la saison prochaine ? D’Anthony
Ulrich Ramé : C’est encore un point d’interrogation. Je ne ferme la porte à rien. Je peux continuer mais je peux tout aussi bien arrêter ma carrière et poursuivre avec le Club.
Tout d'abord, merci pour tout Ulrich. Tu as été un gardien formidable, gentil et attentionné avec les supporters. Nous sommes reconnaissants pour tout ce que tu as apporté au club. Encore merci ! Es-tu amateur de vin ? Si oui, quelle est ton appellation préférée ? De Bernard
Ulrich Ramé : Je vais me faire un peu de pub (rires, NDLR). J’ai découvert le vin en arrivant à Bordeaux. Petit à petit, j’ai appris à connaître tout cela. Je suis devenu propriétaire avec d’autres sportifs d’un domaine à Saint-Emilion. J’aime,
en général, toutes les appellations autour de Bordeaux avec, forcément, une préférence pour le Saint-Emilion.
C’est un projet qui a plusieurs années déjà ? De Julien
Ulrich Ramé : Oui, cela fait exactement 10 ans. Nous avons investi sur le Château L'Hermitage Lescours à Saint-Emilion. J’adore cette activité. Depuis 3 ans, je prends beaucoup plus de temps afin de m’en occuper. C’est très intéressant mais le milieu n’est pas évident.
Avez-vous eu beaucoup de regrets dans votre carrière ? De Philippe
Ulrich Ramé : Non, aucun regret. J’ai vraiment profité de tous les moments à 100%. J’ai pu connaître le haut niveau, le niveau international. Je suis arrivé dans une grande époque, avec de très grands joueurs. Il y avait aussi une grosse concurrence au poste de gardien mais cela vous tire vers le haut. J’ai pris le bon côté des choses. Tout n’a pas été évident, j’ai été évincé en 2003. Quand on sort de l’équipe, on est toujours déçu. Si on prend le problème de l’autre côté, cette concurrence m’a permis d’aller encore plus haut pour mon club, dans mon travail quotidien. Elle m’a permis de repousser mes limites, de poursuivre ma progression. Au niveau du Club, il fallait chaque année essayer de remplir les objectifs.