Planus - "Bordeaux est un endroit que j’adore"

Gros Plan - Partie 1

mardi 17 mars 2009 - 13h59
Marc Planus

Ce premier volet du Gros Plan de Marc Planus propose un sujet qui colle à merveille au personnage, « L’enfant du pays ». Bordelais pur et dur, « Marco » se mêle au jeu des questions, réponses avec un grand sourire, dans le registre qu’il affectionne particulièrement. Il exprime toute son admiration pour la ville de son cœur, Bordeaux, et nous donne son point de vue sur le renouveau de la « Belle Endormie ». Le défenseur central aquitain fait un topo complet sur son amour des lieux, sans oublier de nous faire partager sa grande passion, l’architecture, inculquée par son père depuis tout jeune. Retrouvez l’intégralité des propos de Marc Planus. Les Bordelais de pur souche ne pourront être qu’aux anges !

girondins.com : Qu’apprécies-tu le plus particulièrement dans la vie bordelaise, toi qui a toujours baigné dans le cru ?

Marc  Planus : Le fait d’avoir la mer à 1 heure, la montagne à 3 heures et demi, Saint-Emilion à 30 minutes et  bien évidement le plus important pour moi, la famille à mes côtés. Pour mon bien-être ainsi que pour mon bonheur, avoir sa famille à proximité dans un environnement de qualité, avec tous les ingrédients que j’ai cités auparavant, est la meilleure des choses. De plus, Bordeaux est un endroit que j’adore. C’est une ville faite de pierres que je trouve vraiment magnifique.
 
girondins.com : En Août, Bordeaux s’est présenté pour la candidature de la ville européenne de la culture. Que représente cette mise en avant de ta ville à tes yeux ?

Marc  Planus : Cette nomination prouve que Bordeaux a évolué durant ces dernières années. Nous l’appelions même la « Belle Endormie » pendant pas mal de temps. Que l’on soit de n’importe quel bord politique, je pense qu’aujourd’hui, nous sommes obligés de reconnaître que Monsieur Alain Juppé a eu une influence positive sur le renouveau de la ville de Bordeaux. Elle a évolué à l’image des autres villes françaises. Elle a notamment su rattraper le temps de retard qu’elle avait accumulé par rapport à d’autres villes. C’est bénéfique pour la ville et la région du Sud-Ouest.
 
girondins.com : Justement, tu étais le parrain pour Bordeaux 2013. As-tu ressenti une certaine fierté ?

Marc  Planus : Oui, clairement. Quand le projet m’a été présenté, j’ai compris que les gens comprenaient réellement que j’étais quelqu’un d’investi qui aime ce que représente Bordeaux. Sans conteste, c’est une fierté de représenter une ville, je ne vais pas dire « ma ville » car elle ne m’appartient pas. Mais, ayant grandi dans cet endroit toute ma vie et en y vivant encore, cette distinction est véritablement une grande fierté.
 
girondins.com : Les Girondins sont très liés à la ville de Bordeaux. Un sport populaire comme le football peut-il attirer les convoitises de ce type de manifestation selon toi…

Marc  Planus : Oui bien sûr. Bordeaux attire en Aquitaine et le club des Girondins de Bordeaux est reconnu. Le fait que les deux soient très liés est une bonne combinaison, qui aide à faire mieux connaître ce lieu. Le club du FC Girondins de Bordeaux a besoin de la ville pour grandir et évoluer durablement, comme la ville à besoin des Girondins. De plus, j’espère que cela permettra à d’autres sports de faire parler d’eux. Le rugby a la possibilité de se développer, peut-être le volley et pourquoi pas le hockey. Lyon arrive bien à le faire avec différentes pratiques de sports. Ce serait très agréable d’avoir plusieurs sports d’une une même ville dans l’élite.
 
girondins.com : Au final, le sport a aussi des attraits culturels ?

Marc Planus : Oui, mais d’une manière différente bien évidement. Le sport a une place importante dans la société. Nous pouvons prendre l’exemple d’une ville américaine pour illustrer ce phénomène. Une ville comme Chicago a été connu par beaucoup de gens principalement grâce à la période faramineuse de succès des Chicago Bulls en Basket. Avec Mickaël Jordan et d’autres joueurs de talent, les gens ont énormément parlé de cette ville, alors qu’au final, Chicago n’est pas la plus grande ville du continent américain. Pour ces raisons, il est important que les Girondins promeuvent le label Bordeaux.
 
girondins.com : Quel est ton sentiment sur le développement de la ville bordelaise durant les 10 dernières années ?

Marc  Planus : Je pense que l’aménagement des quais était capital. L’aménagement futur du quartier Saint-Michel me paraissait aussi très important à réaliser. C’est un quartier magnifique. Nous avons la chance de pouvoir développer beaucoup de choses. Cependant, il faut être capable de garder ce côté artisanal qu’il y a déjà sur place, sans le délocaliser. Le quartier de Saint-Michel est très joli actuellement,  mais nous pouvons encore l’améliorer par quelques petites touches. Sans le révolutionner, c’est dans l’attente de certaines améliorations que nous aurons un quartier splendide. L’arrivée du tramway, c’est vraiment super ! Nous avons beaucoup souffert pendant les travaux notamment les commerçants, mais le résultat est au rendez-vous. Cette avancée a embelli la ville. Le ravalement des façades semblait aussi nécessaire.
 
Je trouve en revanche qu’il manque un brin de verdure. Le cours Clemenceau a perdu ses arbres hélas. Il est aussi dommage de ne pas avoir plus de végétation au cours de l’Intendance. Après, il y a les attraits commerciaux qui entrent en jeu, cela masquerait les enseignes. Un effort supplémentaire aurait été appréciable avec la présence de plus d’arbres et de verdure dans les rues. Cependant, si nous continuons sur notre lancée et sur le même rythme, le renouveau de la ville de Bordeaux est en bonne voie.
 
girondins.com : Le moment était venu de réagir semble t-il ?

Marc Planus : Nous avions un tel retard alors que nous avons peut-être un des plus gros potentiels. Nous étions arrivés à un seuil critique. Bordeaux n’attirait plus grand monde. Durant les dix dernières années, avec les efforts entrepris, la population de la ville bordelaise ne cesse d’augmenter. C’est un lieu où nous vivons bien, qui englobe toute la Gironde. Cette région se doit d’attirer les convoitises et du monde chez elle. Nous avons tant d’atouts à montrer.
 
girondins.com : Aujourd’hui, de quoi es-tu le plus fier en te baladant en ville ?

Marc  Planus : Je peux vous dire la place de la Bourse mais cela serait trop facile à mon goût. Quand je vois la place du Grand Théâtre avec ce magnifique hôtel, ainsi que les allées de Tourny, même si nous savons tous que cela a été complètement refait, il y a eu d’énormes investissements pour remettre à neuf ces endroits dans Bordeaux. Le quartier des Chartrons, dans lequel j’ai vécu pendant deux ans, est un agréable quartier. Depuis peu, une nouvelle population s’y est installée. Ce lieu n’a jamais été métamorphosé. Je trouve qu’il serait intéressant de s’en inspirer pour refaire Saint-Michel. C’est toujours plaisant de se balader sur la place du marché des Chartrons, d’aller à la rue Notre Dame où nous pouvons croiser de nombreux antiquaires. Ce côté-là est à garder à tout prix. Amener d’autres idées c’est bien, mais sans pour autant métamorphoser l’endroit qui a une identité de part son passé.
 
girondins.com : Tu es quelqu’un de très attaché au patrimoine culturel. D’où te viens cette attirance ?

Marc Planus : Au départ, c’était de l’architecture pur et dur surtout. Mon père aurait adoré être tailleur de pierres. Il s’y est mis un peu lorsqu’il avait son entreprise de cheminées. Travailler la pierre était pour lui une passion. J’ai toujours vécu dans une maison que mon père avait construit lui-même, quasi seul. Il y a sans cesse eu des recherches, des interrogations sur les monuments. Constamment, les regards étaient portés sur la manière de faire durant les différentes époques. Vous savez quand vous y prenez goût, vous vous y intéressez de plus en plus. En marchant à Bordeaux, vous ne pouvez pas passer à côté. C’est ainsi qu’est venue cette passion, depuis tout petit.
 
girondins.com : Après le football, est-ce une reconversion possible pour Marc Planus ?

Marc  Planus : Franchement oui, j’aimerai beaucoup. Je travaille justement pour me diriger vers cela lorsque j’aurais quitté le monde du football.
 
girondins.com : Tu ne te vois donc pas rester dans le monde du football après ta retraite de joueur ?

Marc Planus : Au jour d’aujourd’hui, non. Maintenant, j’avais un entraîneur qui s’appelait Ricardo qui nous disait que lorsqu’il avait 29 ans, il voulait quitter le football. Au final, il a mis fin à sa carrière de joueur à 32 ans. Après 3 ans, ce sport lui manquait, il est alors devenu entraîneur. Nous ne pouvons pas savoir tant que nous ne le vivons pas. Actuellement, l’hypothèse la plus probable pour moi, serait de quitter complètement le milieu pour faire autre chose.
 
girondins.com : Si tu étais né ailleurs qu’à Bordeaux, dans un autre pays par exemple, dans quelle ville aurais-tu aimé voir le jour ?

Marc  Planus : Je n’ai pas énormément eu le temps de visiter d’autres villes. Mais quelque chose de latin me correspondrait mieux. De tout ce que j’ai pu entendre, Florence en Italie serait une ville qui pourrait bien me convenir. En tout cas, de ce que j’ai pu voir, Rome aurait été une jolie ville de naissance. De part les racines de mon père, une ville méditerranéenne avec son côté latin m’irait à merveille.

 

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