L'avant match
Au pied de l'Olympe
Pour la première fois depuis la refonte du système européen, les Girondins jouent les phases finales de la plus prestigieuse des compétitions de Clubs. Bordeaux a l'occasion de briller dans un des stades les plus bouillants de toute l'Europe, le stade Karaiskakis. L'Olympiakos, actuel champion grec en titre, attend les joueurs de Laurent Blanc avec impatience et espère se montrer son avantage en son antre. Bordeaux jouera sa chance à fond avant de recevoir les Grecs à Chaban-Delmas le 17 mars.
Face à leur destin européen
Ensemble, les Bordelais ont déjà réalisé de belles performances depuis l'arrivée de Laurent Blanc. Ils ont commencé par renverser Lyon après ses 7 titres consécutifs en championnat de France. Pour y parvenir, les Girondins ont établi un nouveau record de victoires consécutives en L1, détrônant ainsi le grand Saint-Etienne des années 1970 en début de saison. Les Girondins ont fait preuve d'une solidité défensive impressionnante depuis la reprise du championnat 2009-2010. Aujourd'hui, Bordeaux est tout simplement la meilleure défense française et surtout européenne. Enfin, la bande à Blanc est l'équipe ayant terminé avec le plus de points à la fin des 6 matches de poules en UEFA Champions League, devançant Chelsea et la Fiorentina. Les Girondins ont glané 16 points sur 18 possibles. Grâce à leurs belles performances face à des équipes comme le Bayern de Munich et la Juventus Turin, les Bordelais ont prouvé qu'ils possédaient les armes nécessaires pour sortir vainqueur des batailles européennes.
Leur joli parcours européen a mené les Girondins au pied de l'Olympe. Ils chercheront à gravir la pente pour se faire une place parmi les Dieux européens. Mais aussi pour se montrer digne de l'histoire du Club. Car si les joueurs de Laurent Blanc forment sans contestation possible une génération dorée de Bordelais, il leur manque une référence européenne pour inscrire leurs exploits dans la lignée de ceux de leurs aînés des années 1980. Nul doute que nombreux sont les Aquitains qui se souviennent du but de Patrick Battiston en demi-finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions contre la Juventus (2-0) en 1985. Cette année, les Girondins ont une belle occasion de rejoindre la génération de Battiston, Giresse et Girard dans les anales européennes.
Les cieux européens passent par l'enfer grec
Du côté de l'Olympiakos, les Grecs ont connu une année troublée par le changement d'entraîneur, connaissant leur 3ème coach en 6 mois. Le Brésilien Zico a fait les frais de la deuxième place de son équipe en championnat grec. Depuis la reprise 2010, les Rouges et Blancs traversent une période d'irrégularité, comme en témoigne le match nul concédé à Ergotelis le week-end dernier (1-1). Comme les Girondins avec Diarra, les Grecs sont indisposés par certaines blessures, dont celle de leur attaquant vedette Diogo. Cette absence ne devrait malgré tout pas changer les intentions offensives de l'Olympiakos, qui bénéficiera d'un soutien sans faille du public dans son enceinte du Karaiskakis. Les Grecs ont l'occasion ce soir de confirmer la réputation dont ils sont affabulés. La ferveur des supporters en a impressionné plus d'un. Jaroslav Plasil se souvient de son passage en 2004 avec Monaco et de l'ampleur hors-norme du soutien affiché par le public du Stade Karaiskakis.
Les Girondins sont donc prévenus. Mais ils ne devraient pas changer leurs habitudes. Laurent Blanc s'est appuyé cette saison sur une recette qui marche en UEFA Champions League, organisant son équipe en 4-2-3-1. Derrière la désormais traditionnelle défense Chalmé-Ciani-Planus-Trémoulinas, Bordeaux s'appuie sur deux milieux défensifs pour muscler son milieu de terrain. Devant, le trident Plasil-Gourcuff-Wendel participe à l'effort défensif et épaule surtout la pointe girondine, Marouane Chamakh. Les Girondins ont prouvé que ce schéma de jeu leur permettait de très bien défendre. La victoire à Munich (0-2) en est l'exemple parfait. Mais cette disposition tactique permet aussi aux Bordelais de briller offensivement, comme en témoigne la réception du Bayern (2-1) et de la Juventus (2-0).
Etre meilleurs au Pirée
Les coups de pied arrêtés jouent un rôle crucial dans les rencontres européennes, surtout du côté de Bordeaux. C'est une spécialité locale. Avec Wendel et Gourcuff à la baguette, Laurent Blanc sait qu'il dispose d'artilleurs de choix. Les centres chercheront à trouver les têtes adroites de Chamakh ou Ciani, déjà buteurs en Europe sur ces phases de jeu. Lamine Sané, du haut de son mètre quatre vingt-douze, aura également son mot à dire lors des coups-francs et des corners. L'ensemble des Bordelais chercheront ce soir à retrouver leurs bonnes habitudes européennes de la première partie de saison : une défense imperméable, un milieu de terrain solide et capable de se porter très rapidement vers l'avant et une réelle efficacité offensive. Malgré des résultats parfois irréguliers en 2010, les champions de France restent sur deux victoires consécutives face à Saint-Etienne (3-1) et Lorient (1-4). Ces succès ont permis aux Bordelais de retrouver leur confiance habituelle en terres françaises.
Outre l'aspect historique et le cadre dramatique de la rencontre, les joueurs doivent aussi être capables de se libérer pour profiter de l'évènement. Jouer un 1/8 de finale d'UEFA Champions League est un plaisir particulier qui n'avait plus été connu depuis un certain moment avec les Girondins. Cette rencontre est une fête, et elle le serait d'autant plus avec un résultat positif pour les hommes au scapulaire. Car si Bordeaux fait bel et bien partie du top 16 européen, rien ne l'empêche de viser plus haut tant l'équipe semble en avoir les moyens.
Allez Bordeaux !