L'avant match
A l'heure européenne
Retour des choses sérieuses sur la planète football. La Coupe d'Europe revient au galop avec les 16èmes de finale de la Coupe UEFA en ouverture de l'année 2009. Dans cette compétition, quatre clubs français sont représentés avec Marseille, Saint-Etienne, le Paris Saint-Germain et Bordeaux. Les Girondins retrouveront une ancienne connaissance qui leur a plutôt bien réussi par le passé. L'obstacle à franchir s'appelle Galatasaray, équipe turque emblématique et habituée aux compétitions européennes. Ce soir, pour le match aller, Bordeaux reçoit le club d'Istanbul au Stade Chaban-Delmas à 20h45. Les Aquitains devront livrer un grand match, avant un retour en Turquie, toujours difficile à négocier dans une ambiance très locale... Présentation.
Actuellement en baisse de régime en championnat, Bordeaux n'a empoché que 2 points en 3 rencontres. Dès ce soir, les Girondins ont la possibilité de redresser la barre par le biais de la Coupe UEFA. Reste à savoir si cette compétition arrive au bon moment. Moins séduisante qu'à l'accoutumée, l'équipe de Laurent Blanc pourrait se servir de ce nouveau challenge comme un tremplin, pour relancer une machine un peu grippée en ce mois de février. Cependant, Bordeaux nourrit toujours les mêmes ambitions, celles de faire bonne figure en championnat avec un objectif principal : retrouver l'UEFA Champions League. De plus, les Marine et Blanc restent à l'affût dans les Coupes, à l'image de leur qualification en finale de la Coupe de la Ligue qui aura lieu le 25 avril prochain face à Vannes.
Un léger retour en arrière pour se rappeler que Bordeaux a participé à l'UEFA Champions League en début de saison et a pu se frotter aux plus grandes équipes européennes. Les rencontres face à Rome, Chelsea et Cluj représentent une expérience non négligeable. Hélas, Bordeaux n'a pas réussi à se qualifier pour la phase finale mais y a cru jusqu'au bout après un départ des plus laborieux. Un match décisif au Stadio Olimpico face à l'AS Roma a délivré la vérité. Défait (2-0), Bordeaux est reversé en Coupe UEFA grâce à une 3ème place méritée devant le CFR Cluj. C'est donc dans une compétition bien connue, que Bordeaux revient en UEFA pour des éliminations directes (matches allers-retours).
Pour souvenir, le FCGB connaît bien son adversaire. Bordeaux a affronté à trois reprises Galatasaray dans les deux dernières années. L'an passé, les hommes du Président Triaud avaient battu les Turcs (2-1), réussissant au passage, a être invaincus et même toujours vainqueurs durant les matches de phase de poule en UEFA. Il y a deux ans, c'est en UEFA Champions League, du temps de Ricardo, que Bordelais et Stambouliotes étaient opposés. En Turquie, Bordeaux avait décroché un résultat nul (0-0) avant de s'imposer avec la manière (3-1) à Chaban-Delmas. Les Aquitains ont donc un petit avantage psychologique face à leurs adversaires qui a cependant bien changé depuis. Franck Jurietti en parle dans une interview à girondins.com.
« Depuis, les effectifs ont pas mal évolué. Nous avons progressé et apparemment Galatasaray aussi. Il y a des joueurs différents pour une rencontre différente. Nous n'avons pas eu le temps de nous pencher sur eux encore, mais nous allons visionner des vidéos. Sur les résultats des dernières années face à cette équipe turque, c'est encourageant ».
Pour ce match, Laurent Blanc pourra compter sur pratiquement la totalité de son groupe. En revanche, Matthieu Chalmé ne pourra pas répondre présent pour le rendez-vous en raison de sa suspension pour cette rencontre. Marouane Chamakh, touché face à Grenoble, devrait quant à lui être opérationnel. Toutefois, une question légitime se pose avant d'aborder ce nouveau défi. L'entraîneur des Marine et Blanc va t-il appeler à du sang neuf, en vue de la rencontre à venir dimanche à Saint-Etienne, déjà très importante. Justement, les Verts, qui recevront Bordeaux à Geoffroy-Guichard dimanche, se retrouvent dans une situation équivalente qui pourrait forcer Alain Perrin à calculer. Soucieux de se maintenir en Ligue 1, Saint-Etienne est dans une situation peu aisée en championnat avec seulement 3 unités de plus que le premier relégable.
Dans une compétition souvent boudée par les clubs français, Galatasaray ne devrait pas avoir les mêmes sentiments. Toujours présent dans les grands rendez-vous européens, les Turques voudront redorer leur blason dans une coupe qui leur semble accessible. Milan Baros, qui connaît bien le championnat de France pour avoir évolué sous le maillot lyonnais, évoque le sujet.
« C'est du 50-50. Le fait de jouer l'aller à Bordeaux pourrait jouer en notre faveur, car si nous en ramenons un bon résultat, nous devrions pouvoir les battre à domicile. J'espère que nos nous qualifierons, même si ce ne sera pas un match facile. Ils possèdent une bonne équipe, avec des joueurs offensifs comme (Marouane) Chamakh et (Yoann) Gourcuff, mais les joueurs défensifs ne sont pas mal non plus, ils ne concèdent pas beaucoup de buts. [...] ce serait fantastique de jouer la finale au Sükrü Saracoglu et de gagner. Mais le parcours jusqu'en finale est encore très long, et il y a encore beaucoup de bons clubs en lice. Je ne pense pas que nous figurions parmi les favoris. Nous devons être patients et franchir les étapes les unes après les autres. Aujourd'hui, c'est Bordeaux, puis nous verrons ce qui se passe. Mais nous rêvons tous de la finale. »
Les hommes de Skibbe devront faire sans quelques joueurs importants pour ce déplacement. Tobias Linderoth, Serkan Kurtulu et Hakan Balta, toujours aux soins ne seront pas du voyage.
Par ailleurs, l'effectif turc démontre que cette équipe peut avoir de l'ambition. La brochette défensive Sabri, Meira, Servet et Volkan prouve que chacune de ces individualités n'est pas anodine. Galatasaray compte des atouts offensifs de renoms. Milan Baros, qui avait déçu à Lyon, revit pleinement en Turquie. Depuis son arrivée à Istanbul, il a inscrit la bagatelle de 20 buts en 24 rencontres. Une statistique impressionnante qui rappelle le Milan Baros de l'Euro 2004 qui avait terminé meilleur buteur avec 5 réalisations à son actif sous le maillot Tchèque. Preuve que l'armada turque est bien fournie, la présence de joueurs tels que Arda, Lincoln et Harry Kewell ! Véritable star à Leeds à l'époque où le club s'était qualifié en demi-finale de l'UEFA Champions League, l'Australien et son compère Mark Viduka avaient étonné tous les observateurs par leurs talents. Après un passage plus délicat du côté de Liverpool, tout comme Baros, Kewell retrouve une seconde jeunesse sous le maillot or et rouge. Arrivé pratiquement au même moment que Baros en 2008, Kewell qui a pour surnom « le magicien Harry Potter » a marqué 10 buts en 19 rencontres. Magicien, un terme qui semble promis aux joueurs de Galatasaray, en mémoire à Georges Hagi, qui a également évolué là-bas. Bordeaux devra se méfier du duo intenable Baros-Kewell qui a sans aucun doute retrouvé son niveau d'antan. Au final, c'est peut-être Jussiê, fan de magie, qui tira peut-être son épingle du jeu…
A noter que Galatasaray est 3ème de son championnat derrière les deux surprises Sivasspor et Trabzonspor qui mènent la danse. Les « habitués » Galatasaray, Fenerbahçe et Besiktas restent en embuscade, mais à quelques longueurs. Les coéquipiers de Fernando Meira ont essuyé leur 5ème défaite de la saison face à Antalyaspor (14ème), sur le plus petit des scores ce week-end (1-0). Dans le championnat de Turquie, Galatasaray a la meilleure attaque avec 41 buts en 20 rencontres. Les Girondins de Bordeaux, sont eux aussi détenteurs de la meilleure attaque de leur championnat avec 39 buts en 24 journées. Une rencontre animée et intense se profile au Stade Chaban-Delmas.
Les Girondins de Bordeaux jouent le match aller à domicile. Avantage ou désavantage, le match retour en Turquie, serait un véritable handicap surtout si Bordeaux n'avait pas réussi à prendre l'ascendant au match aller. Conscient de la folie qu'attend les Bordelais à Ali Sami Yen, petit stade mythique de 25000 places où l'ambiance y est électrique, Bordeaux devra l'emporter à tout prix et se mettre à l'abri, si elle en a la possibilité.
Cette double confrontation s'annonce indécise entre deux équipes de qualité qui ont les moyens de s'affirmer dans l'ombre de l'UEFA Champions League.