Le match
Bordeaux n'a pas perdu le Nord [2-1]
Les Girondins se devaient de gagner. Ils l'ont fait. Ils devaient prendre les trois points pour rester en course pour le titre et préparer le match face à Rome mardi prochain. Dans des conditions difficiles, le principal était la victoire et non la manière. Chamakh, en première période, et Cavaneghi, au retour des vestiaires, ont offert la victoire aux Girondins qui remontent à la troisième place ce soir avant toutes les autres rencontres de la journée de Ligue 1.
La rencontre face à Valenciennes, avancée de 24 heures grâce aux efforts de la LFP et du club nordiste, sentait le match bizarre. En vendredi soir à 19h, le Stade Chaban-Delmas sonne un peu vide. Il est un peu tôt pour les travailleurs, l'heure de la débauche a à peine sonné que le coup d'envoi de la rencontre vient d'être donnée par Alexandre Castro. Bizarre en raison du jour et de l'heure, bizarre en raison des trombes d'eau qui se sont abattues sur Bordeaux depuis 48 heures. La pelouse de l'enceinte bordelaise n'était pas au mieux de sa forme depuis quelques semaines. L'état du gazon n'a fait qu'empirer au fil des minutes, autant très vite.
Valenciennes a attaqué le match comme une équipe qui est venue pour jouer et gagner. Les hommes d'Antoine Kambouaré se sont recroquevillés en défense pendant les 10 premières minutes en lançant des contres assassins comme à la 10ème minute. Audel centre pour Pujol qui, à quatre mètres du but, écrase sa frappe. Valverde capte en deux temps. Auparavant, les Girondins s'étaient procurés plusieurs coup francs et une grosse occasion : Gourcuff joue en appui avec Cavenaghi et frappe mais la balle passe largement à côté (7'). Les nordistes ont pourtant le plus d'occasions sur les buts de Valverde que les marine et blanc sur ceux Penneteau. Avant la fin du premier quart d'heure, un centre de Mater est coupé par Pujol au premier poteau. Le ballon passe au dessus de la transversale.
Les avertissements sont sans frais. Belmadi, Saez et Audel développent des offensives intéressantes qui sont repoussées au dernier moment par Valverde ou l'un de ses défenseurs. Plusieurs, le numéro 30 bordelais travaille beaucoup pour faire face. Alors que les Girondins n'ont pas encore cadré une frappe et qu'ils ont mis en danger, il faut toute la malice de Jurietti pour jouer rapidement un coup franc depuis sa moitié de terrain dans la course de Wendel. Le Brésilien pour Chamakh qui plonge et trompe Penneteau d'une tête magnifique (1-0 à la 35ème). L'ouverture du score est un coup de poignard pour Valenciennes qui n'abdique pas. Un peu secoués dans les minutes suivantes notamment par une frappe de Gourcuff (40'), les diables rouges forcent le verrou bordelais sur une action dans la profondeur d'Audel vers Pujol qui trompe Valverde d'une frappe croisée à ras de terre (1-1 à la 42').
Au retour des vestiaires, les Girondins s'en remettent à Gourcuff qui d'une frappe déviée des 30 mètres sert involontairement Cavaneghi qui trompe Penneteau de près (2-1 à la 47ème). Le buteur argentin inscrit son neuvième but de la saison en Ligue 1. Les Girondins sont revenus avec d'autres intentions sur la pelouse. On imagine le savon que l'entraîneur cévénol a du leur passer à la mi-temps. Ils étaient de retour quelques minutes avant le reprise, c'est dire… Après le deuxième but, ils ont continué à produire du jeu avec l'intention de se mettre à l'abri. Les Valenciennois l'ont prouvé, ils sont capables de bien plus de choses que l'indique leur place de lanterne rouge.
A la 58ème minute, les nordistes l'ont encore rappelé. Une tête d'Audel qui profite d'une sortie un peu courte de Valverde achève sa course sur le poteau gauche de celui-ci. Attention, il y a danger. Bordeaux doit réagir et ne pas laisser le ballon aux valenciennois qui prennent parfaitement les intervalles. Les Girondins ne montrent pas un visage suffisamment serein pour se permettre d'être attentistes et de jouer en contre. Les débats s'équilibrent. Le terrain est de pire en pire. Chamakh a cédé sa place à Fernando (69'). Bordeaux change de dispositif tactique en passant d'un 4-4-2 à un 4-2-3-1 européen. Laurent Blanc cherche à densifier son milieu de terrain où il y a eu tendance à avoir beaucoup d'espaces malgré une énorme activité de Diarra.
Alors que le dernier quart d'heure du match s'égrène, Laurent Blanc effectue ses deux derniers changements. Gouffran remplace Traoré et Obertan prend la place de Wendel. Il s'agit de changements poste pour poste. La fin de match manque de rythme. La pelouse extrêmement grasse n'y est certainement pas étrangère. Les jambes sont lourdes. Pas celles des nouveaux entrants qui ont joué les accélérateurs comme Gouffran qui a délivré une balle de but à Cavenaghi bien repris (84') ou Obertan qui ne parvient pas à servir Cavenaghi dans un 2 contre 1. La fin s'annonce irrespirable, elle l'est !
Finalement les Girondins s'imposent sur la plus petite des marges et peuvent se concentrer sur le match de Ligue des Champions de mardi face à Rome.