Le match
Invincibles mais pas victorieux
Les Girondins ont eu chaud ce soir face à Marseille en étant menés de deux buts après seulement 27 minutes de jeu. Niang et Cheyrou avaient trompé la vigilance de l'arrière-garde bordelaise mais Chamakh avait eu la bonne idée de réduire la marque avant la mi-temps. En fin de match, Jussiê a égalisé alors qu'il a fallu un arrêt de classe de Mandanda pour sortir une frappe de Cavenaghi à la dernière seconde. Les Girondins perdent deux points mais pas la troisième place ce soir.
Depuis quelques jours, l'équipe de girondins.com demandait aux supporters d'arriver en avance au Stade, non pas pour assister au premier but express de Marseille par l'intermédiaire de Niang mais pour désengorger les entrées du Stade quelques minutes avant le coup d'envoi. A cette heure-là, Laurent Blanc alignait l'équipe annoncée dans la presse avec Ramé – Chalmé, Henrique, Planus, Jurietti – Alonso, Fernando, Micoud, Wendel – Chamakh, Bellion. Du côté de Marseille, Valbuena était attendu, Oruma a été préféré. La composition olympienne : Mandanda – Bonnart, Zubar, Faty, Taiwo – Oruma, Cana, Cheyrou – Nasri, Niang, Cissé.
Le Stade était encore tout habillé du magnifique tifo et les drapeaux virevoltaient encore dans le ciel girondin que les Marseillais douchaient les Bordelais d'une action d'école. Sur l'aile droite, trois bordelais étaient aspirés par le ballon et libéraient de l'espace à Cissé sur la droite de la surface qui d'une talonnade décalait Niang dont la frappe puissante du droit trompait Ramé (0-1, à la 2ème minute). Coup de froid sur Chaban. Coup de froid sur l'invincibilité des Girondins à domicile contre Marseille.
Un but de retard, une spécialité bordelaise durant cet automne. Comment les Girondins vont-ils réagir ? Par le jeu évidemment mais les occasions bordelaises sont rares et Marseille parvient à maintenir les Girondins à bonne distance du but de Mandanda. Wendel frappe de loin (6'), Alonso tarde trop à lancer Bellion (12') mais c'est quand même Cissé qui est le plus proche de marquer sur une contre-attaque (15'). Les esprits s'échauffent et pour empêcher les bordelais de déployer leur jeu, les marseillais jouent physique. Les décisions d'arbitrage sont contestées. Carton jaune pour Bonnart en position de dernier défenseur qui fauche Chamakh plus prompt pour intercepter une passe trop molle d'un marseillais (18').
Marseille continue d'être plus dangereux comme à la 23ème minute sur une frappe de Nasri à l'entrée de la surface. L'avertissement est sans frais mais il va se transformer en but quatre minutes plus tard lorsque Niang passera en revue la défense bordelaise pour centrer à destination de Nasri qui temporise et décale en retrait Cheryou dont la frappe du droit est déviée par Planus dans le but de Ramé pris à contre-pied (0-2, à la 27ème). Le stade gronde les encouragements suivront surtout la poussée bordelaise. Sept minutes après le break, Chamakh réduit le score d'une reprise peu académique dans une forêt de jambes (1-2, à la 34ème minute) alors qu'une marseillaise dans la surface n'avait pas été sifflée quelques secondes plus tôt.
Le public bordelais peut exulter. Les Girondins conservent de l'espoir et même plus que ça. Alonso ne s'y trompe pas quelques secondes après la remise en jeu, il bute sur Mandanda à quelques centimètres du but marseillais. Bordeaux pousse, les joueurs se battent pour revenir à la marque avant la mi-temps, Wendel voit sa frappe déviée en corner à la suite d'un bon décalage de Micoud. Attention toutefois à la passivité défensive des Girondins sur les contre-attaques olympiennes et aux alignements mal ajustés.
Bordeaux devra être plus vigilant défensivement pour éviter une désillusion ce soir. Les 45 minutes restantes à disputer vont être passionnantes pour les spectateurs et les téléspectateurs. La deuxième mi-temps débute par une faute sur Alonso à proximité de la surface puis par un carton jaune de Wendel pour contestation. Le match est bien plus équilibré. Les deux équipes veulent surtout ne pas prendre de but alors l'accent est mis sur la conservation et sur les attaques placées. Avec son avantage d'un but, Marseille peut attendre pour jouer en contre.
Les Girondins manquent d'agressivité sur le porteur du ballon du coup il est plus difficile de récupérer le ballon rapidement. A la 65ème minute de jeu, Laurent Blanc tente un coup de poker. Bellion est remplacé par Cavenaghi et en même temps Micoud est remplacé par Jussiê. Marseille a la maîtrise du match à cet instant de la partie. Gerets fait rentrer Ziani à la place d'Oruma (69'). Alors que Bordeaux ne semble pas au mieux, le coaching est payant. Sur un corner mal dégagé, Jussiê à 15 mètres pivote et frappe du gauche pour l'égalisation bordelaise (2-2, à la 72ème).
Cette égalisation n'est pas spécialement méritée dans le jeu mais elle prouve que l'efficacité est une vertu dans le football. Les Girondins profitent des effets secondaires du but pour tenter de mettre le troisième. A la 78ème minute, Cavenaghi reprend en extension, de la tête, un centre d'Alonso mais le ballon passe à moins d'un mètre du poteau de Mandanda. Tout peut se passer dans ce match. Sur un contre de Wendel, il décale Jurietti qui centre au second poteau pour Cavenaghi dont la reprise s'écrase sur le poteau. Dommage !
Les Girondins n'ont pas l'intention d'en rester là. Ils écartent le jeu au maximum et montent énormément par les ailes. Marouane Chamakh fait très mal aux défenseurs par son pressing incessant. Cavenaghi joue avec justesse au service de l'équipe. Est-ce que cela sera suffisant à Bordeaux pour marquer un troisième but ? Gerets tente de casser le rythme du match en sortant coup sur coup Nasri et Cissé. On se dirige vers un score de parité qui permet à Bordeaux de conserver son invincibilité depuis 30 ans à Bordeaux face à Marseille mais qui fait perdre deux points. Il a fallu un arrêt exceptionnel du chat Mandanda pour capter une frappe à bout portant de Cavenaghi à la dernière seconde du match.