Le match
Bordeaux a fait match nul 0 à 0 ce soir sur la pelouse de Louis II dans le cadre de la 28ème journée de Ligue 1. Après une première période timide, les hommes au scapulaire ont su hausser leur niveau de jeu pour mettre en difficulté cette équipe monégasque. Au final, plus que le résultat, les Girondins retiendront la manière et l'implication de chacun à quelques jours d'un match très important à Chaban-Delmas contre Olympiakos.
Pour cette troisième rencontre en six jours, Laurent Blanc a largement modifié son équipe de départ. Sané et Fernando viennent prêter main forte à Ciani et Trémoulinas en défense devant le portier Carrasso. Wendel et Plasil retrouvent des places de titulaires avec Diarra et Sertic, déjà titulaires contre Auxerre. En attaque on retrouve Bellion et Gouffran qui tenteront de faire parler leur vitesse.
Côté monégasque, Sagbo remplace Park, blessé, à la pointe de l'attaque. Il est soutenu par trois milieux offensifs : Alonso, Nenê et Haruna. En défense, Lacombe est resté classique avec une seule nouveauté puisque Muratori remplace Traoré, suspendu, sur le flanc gauche.
Pendant les premières minutes de la partie, Bordeaux laisse la maitrise du cuir aux Monégasques. Positionné dans une sorte de 4-1-4-1 avec Bellion seul en pointe, les hommes de Laurent Blanc contiennent les offensives rouges et blanches et lancent des contres rapides en s'appuyant sur la vitesse de leur attaquant de pointe.
La prudence bordelaise
Les attaques adverses sont tranchantes. Haruna puis Sagbo s'offrent de bonnes courses à différents endroits du terrain. Auteurs de la moitié de leurs buts sur coup de pied arrêtés cette saison, les Monégasque mettent en difficulté les Bordelaise dans ce secteur. Nenê, de sa patte gauche, cherche le plus souvent le crâne rasé de Puygrenier.
Après un premier quart d'heure sans grandes prises de risques, Bordeaux commence à se montrer un peu plus présent dans le jeu. Sur un long ballon, Wendel prend de vitesse Mongongu alors qu'il disposait d'un boulevard. M. Chapron avertit le défenseur d'une équipe monégasque un peu surprise par ce sursaut girondin.
Le match s'équilibre. Les deux gardiens soulagent leurs défenses respectives sur des ballons aériens. Plasil place la première frappe de la soirée mais son tir de l'extérieur de la surface est capté sans soucis par Ruffier (24').
Equilibre et duels
Les joueurs de la Principauté réagissent rapidement par Sagbo. Sur un ballon mal négocié par Fernando, l'attaquant récupère le ballon dans la surface et tente une frappe croisée à ras de terre sur laquelle Carrasso s'interpose avec talent (28').
Les deux équipes ont musclé leur milieu de terrain pour cette rencontre et cela se voit dans les débats. Les duels sont rudes et les ballons très disputés aux abords du rond central. Les occasions se font rares. Les spectateurs se réchauffent grâce à Puygrenier qui croise trop sa reprise de la tête sur un centre de Nenê (39') et à ce même Brésilien sur une frappe en pivot qui passe loin du cadre (41').
Ces deux occasions lancent un temps fort des hommes de Lacombe. Les Rouge et Blanc campent dans les 40 derniers mètres Bordelais. Les Girondins tentent de répondre par de longs ballons en contre mais sans réussite.
Au retour des vestiaires, les joueurs bordelais se parlent beaucoup sur le terrain. Trémoulinas et Wendel échangent pour mieux se trouver sur le flanc gauche pendant que Ciani et Bellion se règlent pour les ballons de contre.
Comme en première période, le match est équilibré et les deux équipes s'en remettent aux coups de pied arrêtés. Pas maladroits dans cet exercice, les Girondins se distinguent. Sur un bon service de Sertic, Bellion hérite du ballon dans la surface à droite du but. L'attaquant centre en retrait pour Gouffran mais la frappe de l'ancien Caennais à deux mètres du but file au dessus (49').
Le réveil bordelais
Cette occasion manquée a le mérite de lancer le match de Bordelais qui jouent nettement plus haut dans cette seconde période. Les hommes au scapulaire pressent bien. Ils récupèrent les ballons dans le camp adverse ou obligent les Rouge et Blanc à procéder par de longues balles souvent imprécises.
Ces passes peuvent malgré tout se montrer dangereuses. Sur un dégagement de Ruffier, Ciani est lobé et Sagbo peut s'emparer du ballon. Le jeune attaquant met du temps à contrôler le ballon et frappe mollement sur Carrasso. L'avertissement est sans frais mais Bordeaux sait qu'il doit se méfier (58').
Après un contact un peu rugueux, Haruna et Diarra s'agacent. Tony Chapron calme tout le monde en distribuant un avertissement aux deux joueurs (61'). Les Girondins doivent conserver leur calme et la maitrise du jeu pour espérer repartir avec les trois points.
Triple remplacement de Blanc
Jussiê, Gourcuff et Chamakh entrent à la place de Sertic, Wendel et Bellion (69'). Ce triple changement démontre l'ambition de Laurent Blanc dans cette partie. A peine entré, Gourcuff se met en lumière en délivrant un bon corner repris de la tête par Sané mais Ruffier bloque le ballon sur une belle parade (70').
Les Girondins, déjà bien en place depuis le retour des vestiaires, sont maitres du jeu depuis l'entrée en jeu de ses trois jokers offensifs de la rencontre. Lacombe répond à Blanc dans le coaching en faisant entrer Maazou et Coutadeur à la place de Haruna et Sagbo (74').
Gourcuff sur coup franc oblige Ruffier à plonger mais Nenê réplique sur une nouvelle frappe en pivot qui fuit le cadre (75'). Le match s'emballe. Alors que la première période avait été assez terne sur le plan des occasions, les deux équipes semblent en mesure de faire basculer la rencontre à chacune de leurs incursions dans le camp adverse.
Gouffran sur une frappe lointaine est tout prêt de tromper Ruffier mais son tir du droit ne fait que frôler l'extérieur du montant monégasque. Les pensionnaires de Louis II répondent tu tac au tac. Maazou se procure deux belles occasions consécutives de la tête (82').
Les Girondins sont moins dominateurs dans les dernières minutes. Le match s'équilibre de nouveau même si les Monégasques semblent les plus dangereux et obligent les hommes au scapulaire à se dégager plusieurs fois en dehors des limites du terrain. Dans la dernière minute du temps règlementaire Gourcuff frappe un ultime coup franc mais Ruffier, impérial ce soir dans les airs, s'impose avec autorité (90').
Le match se termine donc sur un score nul et vierge. Le partage des points semble assez logique à l'issue d'une rencontre équilibrée. Les Bordelais ont disputé deux mi-temps très différente. Si pendant le premier acte, les hommes de Laurent ont voulu se rassurer défensivement, ils ont clairement haussé leur niveau de jeu en seconde période. Un résultat et surtout un contenu rassurant pour les Girondins à quelques jours de la réception d'Olympiakos.