Jusqu'en 2000 vers un nouveau sommet

lundi 14 juin 2010 - 11h37

1996/1997, la reconstruction
 

Les supporters bordelais vont vivre une trêve estivale agitée. Le président Afflelou part, Gernot Rohr ne dirige plus l’équipe professionnelle et plusieurs joueurs vont faire leur bagage pour évoluer sous d’autres couleurs. Le rayon départ est impressionnant : Zidane, convoité par les plus grands clubs européens, signe un contrat en faveur de la Juventus Turin. Christophe Dugarry part au Milan AC. Visiblement, les Italiens se sont souvenus du nom de leur bourreau au moment de renforcer leur équipe. Le Basque bondissant, Bixente Lizarazu, choisit l’Espagne et Bilbao. Ce club ayant la particularité de ne recruter que des joueurs basques, « Liza » est officiellement le premier joueur non-espagnol à jouer pour le club « Rouge et Blanc ». Le club ne voit pas seulement partir ces trois « têtes d’affiches ». Les Girondins perdent aussi Huard (Alicante), Dogon (Strasbourg), Witschge (Ajax Amsterdam), Lucas, Bancarel, Castant, Friis Hansen, Dutuel, Fischer, Toyes, De Blasiis… au total, plus de 15 départs en une intersaison !

Il faut donc recruter massivement pour repartir. Rolland Courbis arrive au poste d’entraîneur. Vu comme un bâtisseur, il revient à Bordeaux pour reconstruire un groupe performant. Sans Coupe d’Europe cette année là, peu de supporters bordelais misent sur une grande saison de leur équipe. Orphelins de leurs « chouchous » Zidane, Dugarry et Lizarazu, l’ambiance n’est pas aux réjouissances du côté de la Plaine des Sports du Haillan. Les Girondins décident de miser sur des jeunes plein de talent mais aussi sur des joueurs d’expérience. Michel Pavon arrive de Montpellier, trois jeunes cannois débarquent, Peter Luccin, Johan Micoud et Bernard Lambourde. Patrick Colleter arrive en provenance du PSG, le jeune espoir havrais Ba vient également. Enfin, Bordeaux accueille également Stéphane Ziani en provenance de Rennes, Cyril Domoraud du Red Star 93, le défenseur carioca Paulo Gralak et le gardien de but belge Gilbert Bodart. Bordeaux se permet même de réaliser un joli coup en faisant revenir un des plus grands buteurs français, l’ancienne idole du Vélodrome, Jean-Pierre Papin. Une belle opération puisque le joueur arrive du Bayern, vainqueur de la Coupe UEFA quelques semaines plus tôt, face à Bordeaux.

Autre décision de taille, la nouvelle direction choisit d’abandonner le maillot couleur bordeaux pour revenir à la traditionnelle tunique marine et blanche ornée du Scapulaire. Nouveau maillot, nouvelle équipe, nouveaux dirigeants et nouvel entraîneur. Cela fait beaucoup pour une seule intersaison. Les supporters s’attendent à juger sur pièce.

JPP revient
 

Les Girondins réalisent une très belle saison. Bordeaux commence idéalement en battant Le Havre à Lescure grâce à un but de Tholot. A mi-championnat, Bordeaux est 4ème avec 31 points, à huit longueurs du leader parisien. Papin inscrit 8 buts en une demi-saison et les pensionnaires du Château du Haillan réussissent quelques performances probantes : 0-1 à Nice, 3-0 face à Lille, 0-0 à Marseille, 3-4 à Lens, 5-3 face au PSG même s’il y aussi quelques ratés : deux défaites à domicile contre Strasbourg (1-2) et Nancy (0-1), et deux autres à Monaco et Nantes, sur le même score (3-1).

Constance sera le maître mot de la deuxième partie de saison. Là encore, Bordeaux parvient à réussir quelques coups de maître dont une magnifique partie à Lescure face à l’OM. Les Marine et Blanc l’emportent sur le score sans appel de 4-0 avec un Papin des grands soirs en première période. Malheureusement pour lui, JPP ne parviendra pas à marquer. Pire, il sera transporté à l’hôpital après avoir reçu un violent coup de poing de Xavier Gravelaine. Ce geste lui vaudra un carton rouge. Nice mordra également la poussière à Bordeaux (4-1), tout comme Caen (3-1), Monaco et Lens (2-1). Après des nuls face à Paris et Lyon (2-2) et une victoire finale au Havre (1-2), l’équipe de Courbis décroche une 4ème place et l’Europe avec 63 points. Une performance remarquable quand on se souvient de tous les changements qui ont accompagné l’intersaison de 1996.

Si Bordeaux ne parvient pas à passer le stade des quarts de finale en Coupe de France, les supporters vont pouvoir vibrer pour leur équipe grâce à la Coupe de la Ligue. Réapparu dans la paysage footbalistique français en 1995, les Girondins vont réaliser un parcours sans faute, éliminant tour à tour Châteauroux (3-0), Caen (0-0 ; 4-2 aux tab), Marseille (1-0) et Montpellier (2-2 ; 7-6 aux tab) pour arriver en finale. Certes, Bordeaux peut remercier le destin car tous les matches ont eu lieu à Lescure mais il n’était pas forcément dit que Bordeaux pourrait se débarrasser de tous ses adversaires. L’édition 1996-1997 est la dernière au Parc des Princes et pour l’occasion, Bordeaux affronte le Racing Club de Strasbourg. Une occasion de recroiser Jean-Luc Dogon, ancien de la Maison Marine. Cette finale ne marquera pas l’histoire de la Coupe de la Ligue. Peu d’occasions des deux côtés et une prise de risque minimal. L’enjeu prend le pas sur le jeu. Après la prolongation, le score est toujours de 0-0. il faut aller aux tirs au but pour se départager. A ce petit jeu, ce sont les Alsaciens qui se montreront les plus réalistes (6-5). Pourtant, les deux gardiens avaient longtemps repoussé l’échéance. Au final, c’est Strasbourg qui enlève le trophée, laissant beaucoup de regrets aux Girondins.

Malgré la défaite, la saison est une réussite et Bordeaux peut se tourner vers 1998 avec l’espoir de réaliser d’aussi bonnes performances en championnat. Avec la Coupe du Monde en point de mire, tous les fans de football français s’attendent à une saison magnifique.

Bordeaux à l’heure du Mondial
 

Heureux d’avoir pu réaliser une saison pleine malgré de nombreux changements, les Girondins entendent repartir sur des bases plus stables pour cet exercice 1997-1998. Pourtant, les Marine et Blanc voient partir leur entraîneur, Rolland Courbis. Le méditerranéen rejoint l’Olympique de Marseille et c’est Guy Stéphan qui prend les commandes du groupe professionnel. De nouvelles têtes débarquent également au Château du Haillan. Musampa, Ricardinho, Stanley Menzo et aussi David Jemmali, Romain Ferrier, Nisa Saveljic, Louis Gomis, Sylvain Wiltord et Lilian Laslandes viennent renforcer les Girondins. Le dernier nommé est un « enfant du pays » puisque Lilian a été formé à Saint Seurin sur l’Isle avant de rejoindre Guy Roux à Auxerre. Laslandes réalise ainsi son rêve, lui qui était supporter bordelais dans sa jeunesse. Au rayon départ, la liste est, encore une fois impressionnante : Bodar, Colleter, Domoraud, Lambourde, Ziani, Ba, Histilloles et Toyes quittent les bords de la Garonne. Une nouvelle fois, les Bordelais vont devoir rebâtir.

La saison commence par une victoire face à Monaco à domicile (1-0) et c’est justement Laslandes qui ouvre son compteur but dans ce match. Les Girondins encaisseront ensuite un sévère 4-1 à Metz. Par la suite, Bordeaux va enchaîner de bons résultats mais sans être constant. Il faut dire que certains joueurs ne paraissent pas donner entière satisfaction. Menzo, le nouveau gardien, ne s’impose pas franchement et Stéphan tente de lancer son jeune remplaçant, Ulrich Ramé. Arrivé aussi à l’intersaison en provenance d’Angers, Ramé n’a disputé que deux rencontres en Ligue 1 mais il affiche déjà une certaine maturité. Après un nouveau 4-1 encaissé à Bastia, Ramé devient le titulaire dans les cages. Il ne bougera plus jamais.

Si Bordeaux est éliminé au premier tour de la Coupe UEFA par les Anglais d’Aston Villa (0-0 ; 1-0), les hommes de Stéphan réalisent aussi de grosses performances comme cette victoire à domicile face à l’OM de Courbis (2-0) avec un but de Papin à la clé. A l’issue de la 9ème journée, Bordeaux pointe en 3ème position.

Tout va se gâter par la suite puisqu’à partir du mois de novembre 1997, les Girondins enchaînent huit rencontres sans la moindre victoire en championnat. Une série qui sera fatale à Stéphan. Ce dernier décide de prendre du recul et laisse sa place à son adjoint, Elie Baup. Ce dernier va prendre des décisions fortes puisque son premier choix est de mettre Papin sur le banc au profit du duo Laslandes – Wiltord. Les Bordelais vont alors se remettre dans le droit chemin. Au final, les Girondins terminent 5ème au soir de la 34ème journée (le championnat ne comportait que 18 clubs à l’époque) en encaissant un terrible 5-2 à Monaco. Pour l’anecdote, ce sont deux « gamins » de 20 ans qui mènent l’attaque monégasque, David Trézéguet et Thierry Henry. Le franco-argentin signe d’ailleurs deux buts dans la rencontre. A ce moment là, personne ne se doute que les deux joueurs monégasques porteront un maillot bleu, un mois plus tard, lors de la Coupe du Monde, se montrant même décisifs dans une séance de tirs au but irrespirable contre les Italiens en quart de finale.

Une nouvelle finale pour Bordeaux
 

Avant la plus grande compétition de football au monde, les supporters bordelais vont s’enflammer pour une autre épopée. Celle de la Coupe de la Ligue (encore elle !). En effet, Bordeaux réussit le tour de force de se hisser une nouvelle fois en finale de l’épreuve. Après avoir été battu l’an dernier par Strasbourg, les Marine et Blanc veulent prendre leur revanche. En 16ème, ils battent d’abord Mulhouse en Alsace, comme pour se venger des joueurs du RCS, sur le score sans appel de 0-3. C’est ensuite Le Mans qui se rend à Lescure et les joueurs de Baup ne feront pas de détails en l’emportant 5-1.

A partir des ¼ de finale, les Marine et Blanc s’attendent à des matches plus durs. Pourtant, c’est un invité surprise qui s’invite à Bordeaux : Poitiers. Les Poitevins ne sont pas des « habitués » du haut niveau mais ils vont réaliser un match énorme en Gironde. Certes, Papin marque deux buts dans la première heure de jeu, laissant penser que la qualification ne va être qu’une formalité. Mais voilà, Poitiers va revenir au score et pousser Bordeaux à la prolongation. Micoud et Laslandes rentrent alors dans la danse pour redonner deux buts d’écart à leur équipe et le but de Billac, pour Poitiers, ne changera rien. Bordeaux s’impose 4-3 au terme d’un vrai match de Coupe !

Auxerre se présente en demi-finale à Lescure. A la fin du temps additionnel, le score est toujours nul et vierge, il faut une nouvelle fois aller en prolongation pour départager les équipes. Gralak ouvre le score pour Bordeaux mais Diomède égalise pour Auxerre. Lors de la séance de tirs au but, les Girondins l’emportent 4 à 2 et s’ouvrent les portes de la finale pour la deuxième fois en deux ans. Dans l’autre demi-finale, c’est Paris qui s’impose.

Un événement va marquer cette finale de la Coupe de la Ligue. En raison de la Coupe du Monde en France, les pouvoirs publics ont décidé de construire un nouveau stade : le Stade de France. Inauguré en janvier avec un France – Espagne amical (1-0, but de Zidane), la finale de la compétition va donner lieu au premier match de compétition officielle entre clubs.

Et quelle finale ! Les deux équipes vont offrir un véritable spectacle durant 120 minutes de jeu haletantes. Pourtant, l’enjeu est de taille. Outre la Coupe, Parisiens et Bordelais peuvent assurer leur qualification européenne. Avec 80000 personnes dans les travées, cette finale du 4 avril 1998 restera comme une des plus belles pages de la Coupe de la Ligue. Le mérite doit en revenir aux joueurs qui ont tout tenté pour marquer un but de plus que l’adversaire et non pas pour en encaisser un de moins.

Une première au Stade de France
 

Au coup d’envoi, Baup aligne le onze suivant : Ramé – Blondeau, Saveljic, Gralak, Jemmali – Grenet, Pavon, Luccin, Micoud – Laslandes, Wiltord. Le match débute bien pour Bordeaux mais un premier fait de jeu va venir perturber le dispositif de Baup. Un peu avant la demi-heure de jeu, Grenet part au contact face à Franck Gava. Le choc est rude entre les deux hommes et si le Parisien se relève, ce n’est pas le cas du Bordelais. Le diagnostic est lourd pour le jeune joueur formé au club : rupture des ligaments croisés.

Baup joue alors une carte résolument offensive avec l’entrée de Papin. Ce changement va se faire sentir puisque Bordeaux ouvre le score quelques minutes après. Wiltord, sur le côté, se débarrasse de trois joueurs avant de centrer pour Micoud. 1-0 pour Bordeaux. Le match est enlevé et malgré de bonnes tentatives de Raï ou Simone, Ramé et Bordeaux tiennent le choc. Il reste un quart d’heure de jeu et les Girondins filent vers une première victoire seulement voilà, Paris va revenir. Sur un « une–deux », Raï et Ducrocq effacent l’arrière garde girondine. Ramé accroche le milieu défensif du PSG et la sanction est irrévocable, c’est un penalty. Le génie brésilien Raï s’avance vers le cuir et frappe mais… Ramé part du bon côté et sort le ballon. Malheureusement, les Bordelais n’ont pas suivi. Les Parisiens, si. Loko récupère et talonne pour Simone qui égalise pour les joueurs de la capitale. 1-1, il faut aller, encore une fois, à la prolongation.

Lors des quinze premières minutes, les joueurs des deux camps ne font rien de notable. Il faut dire que la débauche d’énergie à été énorme dans le temps réglementaire. Il faut attendre le début de la deuxième période de la prolongation pour voir les choses s’animer. Loko, sur le côté droit, adresse un centre à Raï qui ne loupe pas l’occasion. De la tête, il propulse le cuir au fond des filets de Ramé (2-1). Bordeaux va alors tout tenter pour revenir mais Paris défend bien. Il reste à peine cinq minutes quand M.Harrel accorde un bon coup-franc à Bordeaux à 25 mètres dans l’axe du but défendu par Fernandez. Les fans bordelais attendent Micoud mais c’est Papin qui prend ses responsabilités. Il frappe fort et enroule le ballon. Ce dernier suit une trajectoire parfaite dans le ciel de Saint-Denis et retombe dans la lucarne d’un gardien parisien médusé. 2-2 et tout reste à faire. Les joueurs, eux, n’en peuvent plus et attendent la séance de tirs au but pour se départager. Encore une fois, Bordeaux manquera de réussite dans cette épreuve car c’est bien le PSG qui remporte le trophée en gagnant la séance par 4 à 2. Bordeaux vient de perdre sa deuxième finale en deux ans et à chaque fois lors de l’ultime séance de tirs au but. Décidément, le destin s’acharne.

Les Girondins doivent maintenant tourner la page et regarder vers 1998-1999. En attendant, les fans de football peuvent patienter avec un événement majeur : la Coupe du Monde de Football 1998 en France. Une compétition où les Bleus changeront l’importance du football dans le pays grâce à un sacre face au Brésil (3-0) un soir de juillet. Avec deux buts de Zidane et un de Petit, la France décroche enfin le trophée suprême. Notons au passage que l’ex trio bordelais Zidane – Dugarry – Lizarazu faisait partie de cette équipe… tout sauf un hasard.

12 ans après…
 

Après une magnifique Coupe du Monde pour le pays, les passionnés de ballon se tournent vers la reprise de la saison en Ligue 1. Les Girondins vont vivre un été calme côté transfert. Bordeaux peut miser sur une stabilité dans son effectif même si quatre joueurs quittent les bords de la Garonne. Jean-Pierre Papin s’offre un nouveau challenge du côté de Guingamp en Ligue 2. Le jeune Luccin accompagne l’expérimenté Blondeau à l’Olympique de Marseille. Enfin, le Brésilien Gralak rejoint le club turc d’Istanbulsport. Pour combler ces départs, le club au Scapulaire engage un fin technicien en la personne d’Ali Benarbia. Le meneur de jeu arrive en provenance de Monaco. L’espagnol Torres Mestre débarque également, tout comme Hervé Alicarte, de Montpellier ou encore Vukomanovic, de Belgrade.

Le sort n’a pas été tendre avec Bordeaux qui reçoit le Paris Saint Germain lors de la première journée. Le club de la capitale a opéré une profonde mutation à l’intersaison avec le départ de Michel Denisot et l’arrivée de Charles Biétry à la présidence du club parisien. Paris possède également un nouvel entraîneur, Alain Giresse, l’ancien « petit prince de Lescure ». Enfin, côté transfert, nous pouvons noter l’arrivée du « magicien » nigérian Okocha. Malgré les nouveaux projets parisiens, Bordeaux va idéalement lancer sa saison en battant les hommes de Giresse par trois buts à un. La merveille d’Okocha restera gravé dans les mémoires. Entré en jeu, le n°10 parisien réussit à décocher une lourde frappe de 25 mètres dans la lucarne d’un Ramé qui ne pouvait rien faire. Ce sont néanmoins les Girondins qui prennent les trois points dans ce premier match devant un public bordelais ravit. La saison est lancée !

D’autant plus que Bordeaux va rapidement enchaîner. Ils gagnent lors de la deuxième journée face au Havre (2-3) puis face à Auxerre (1-0). Ils battent Metz en suivant puis Montpellier au Parc Lescure (2-1). Avec cinq victoires en autant de rencontres, il est clair que Bordeaux est sur le bon tempo de championnat. Seulement voilà, le 6ème match des Girondins se déroule à Marseille, dans le bouillonnant Stade Vélodrome. Les Marine et Blanc retrouvent cinq anciens Girondins sur le pré, dont Christophe Dugarry. Le joueur formé aux Girondins a signé dans le club marseillais en provenance du FC Barcelone. Un choix qui devait lui permettre d’avoir une chance de figurer dans les 22 pour la Coupe du Monde. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le choix de « Duga » s’est révélé payant ! Lors de cette rencontre, Bordeaux va souffrir devant la pression adverse. Pourtant, Kaba Diawara ouvre le score pour Bordeaux à quelques minutes de la mi-temps (42’). Malheureusement, l’attaquant international italien de Marseille Ravanelli va réussir à égaliser pour son club à quelques encablures du repos (1-1, 44’). Au retour des vestiaires, les Olympiens vont prendre l’avantage par Roy (2-1, 55’). Bordeaux cherche à revenir avec beaucoup d’abnégation mais butte sur une arrière garde solide. Heureusement, Diawara sera une nouvelle fois le sauveur des Girondins. L’attaquant reprend un service de Micoud dans les dernières minutes et ne laisse aucune chance au portier marseillais. Au final, Bordeaux repart avec un bon match nul de la Canebière. Un résultat important qui soude déjà les joueurs bordelais. Le coach, Elie Baup, félicitera ses joueurs pour le courage de ses troupes dans une situation délicate.

Le Stade Rennais viendra ensuite rendre visite aux Girondins de Bordeaux. En forme en ce début de saison, les Bretons vont néanmoins encaisser quatre buts dans la Cité du Port de la Lune sans pouvoir en mettre un seul à Ramé. Avec six victoires et un nul en sept journées de championnat, les Marine et Blanc semblent bien partis pour faire une grosse saison.

C’est au moment où les supporters bordelais commencent à rêver que les résultats vont être moins bons. Les Bordelais perdent à Bastia (2-0) et à Strasbourg (3-2) même s’ils ont battu Nancy et Toulouse entre temps. Du coup, Marseille revient à hauteur des Girondins. Depuis le début de la saison, un véritable mano à mano se crée entre deux rivaux historiques. Avant la 15ème journée du championnat, l’OM est devant mais perd à Lyon alors que Bordeaux réalise l’exploit de battre les Monégasques en Principauté (0-2). Une performance collective remarquable qui marque les esprits sur les bords de la Garonne. Bordeaux enchaîne ensuite face au champion sortant lensois (1-0) et malgré une défaite sur la pelouse lyonnaise lors de la 17ème journée, les Girondins sont champions d’automne.

Le carton de la saison
 

Malgré ce titre honorifique (qui ne veut pas dire grand chose tant il est vrai que les champions d’automne ne sont pas forcément sacrés un soir de mai), les Girondins vont tout de même rester au coude au coude avec Marseille. Bordeaux parvient à battre Le Havre (3-0) avant de perdre à Auxerre (3-1). Pourtant, Bordeaux avait dominé la rencontre mais les joueurs de Guy Roux vont parvenir à arracher la victoire en deuxième période. Remontés après cet échec, les Bordelais voit arriver Metz au Parc Lescure avec une féroce envie de vaincre. En face, les Lorrains n’étaient certainement pas prêts à encaisser une telle furia. Car Bordeaux va tout simplement anéantir les hommes de Muller qui encaissent en Gironde un 6-0 mémorable (doublé de Micoud, un but de Wiltord, triplé de Laslandes). Une façon idéale de préparer le prochain match à domicile : la réception de l’OM.

Après avoir pris un point à Montpellier, les hommes de Baup reçoivent Marseille pour le compte de la 22ème journée de championnat. Tout le monde s’attend à un duel fratricide. L’OM possède trois points d’avance avant de se rendre en Gironde. Un matelas confortable mais insuffisant puisque Bordeaux pourrait repasser devant en cas de succès. Dans le camp phocéen se trouve Christophe Dugarry, un crève cœur pour les supporters Marine et Blanc qui ne seront pas tendre avec l’enfant du pays.

La partie démarre sous le regard attentif de 33000 personnes avides de savoir qui va remporter ce chic duel qui est un choc. Lescure n’attendra pas longtemps. Sur une des premières actions bordelaises, un centre de la droite arrive pour Laslandes qui tente un magnifique retourné acrobatique. Lilian ne cadre pas sa tentative mais elle devient un service en or pour Wiltord qui pousse le ballon de la tête dans les cages de Porato. Le premier quart d’heure n’est pas terminé et les Marine et Blanc mènent déjà 1-0.

Trois minutes plus tard, la folie s’empare du stade. Micoud, détonateur régulier du milieu de terrain bordelais, s’engouffre dans la défense olympienne et trompe le portier marseillais une deuxième fois trois minutes après Wiltord. C’est de la folie dans le stade. Les supporters imaginaient bien une victoire des leurs mais une pareille fête… Le mieux, c’est que ce n’est pas fini.

4 buts en 32 minutes
 

Car Bordeaux en veut plus. A 2-0, les hommes ornés du Scapulaire ne sont pas rassasiés. Trois minutes après Micoud, c’est cette fois Lilian Laslandes qui score en reprenant un centre d’Ali Bernarbia. 3-0 à la 20ème minute, la messe est dite et Lescure est une véritable cocotte en fusion ! De plus, ce troisième but est une véritable merveille de jeu collectif avec des échanges à une ou deux touches de balle, de la vitesse, de la précision de l’instinct… tout simplement magnifique. Wiltord met le 4ème but de la soirée à la demi-heure de jeu. A la mi-temps, Bordeaux mène 4-0 devant son rival en tête de la Ligue 1.

Evidemment, la seconde période sera plus anecdotique. Bordeaux cherche tout de même à proposer du spectacle avec ce nouveau retourné de Laslandes qui ne trouve pas la cible ou avec plusieurs tentatives de Wiltord mais l’attaquant aux cheveux colorés ne fait pas mieux. Marseille va réussir à inscrire un but pour l’honneur dans le cœur de la seconde période par l’intermédiaire de Dugarry. Au moment où « Duga » trouve les filets de Ramé, aucun sifflet ne vient des tribunes, juste de l’indifférence. Christophe, l’ancien enfant chéri, n’en rajoute pas. Il tourne les talons et se replace, sans un mot et sans un bruit. Le match se termine et Bordeaux exulte. Les joueurs de la Cité du Port de Lune reprennent leur première place à la faveur d’une meilleure différence de buts mais c’est surtout psychologiquement que Bordeaux a créé un fossé avec son adversaire du soir.

En route vers le sprint final
 

Après cette fabuleuse rencontre face à l’OM, les Girondins enchaînent une série de bons résultats avec quatre victoires et deux nuls. Au soir de la 28ème journée, Bordeaux compte un point d’avance sur l’OM (62 points contre 61) et reçoit Lorient à Lescure. Rien de bien effrayant pour une équipe qui marque buts sur buts depuis le début de l’année. Pourtant, de façon assez inexplicable, la machine va s’enrayer.

Les Girondins vont commencer par concéder un match nul et vierge sur leur pelouse face aux Merlus (0-0) avant de perdre à Sochaux (2-0). Sur cette rencontre, Bordeaux passe totalement à côté de son sujet mais la venue de Monaco peut permettre de se relancer. Heureusement que les Marseillais ne profitent pas de ce faux pas. Pendant que les Doubistes battent Bordeaux, les joueurs de l’OM perdent pieds dans le Nord, à Lens (4-0). Malheureusement, les Marine et Blanc vont choisir le plus mauvais moment pour perdre à Lescure face aux joueurs du Rocher qui se vengent ainsi de leur défaite initiale au match aller. C’est l’ancien Auxerrois Sabri Lamouchi qui marque le seul but du match pour Monaco à Bordeaux. Les supporters bordelais commencent à trembler devant les derniers résultats bordelais. La présence toute proche de l’OM fait craindre le pire aux amoureux des Marine et Blanc, d’autant plus que le match qui suit est à Lens, où l’OM vient de se faire étriller.

Décidément, les Bordelais sont imprévisibles dans cette saison post Coupe du Monde. Les Girondins se déplacent à Lens et prennent rapidement l’avantage par Ivan. Les Nordistes ne sont pas en reste puisque Moreira égalise avant le quart d’heure de jeu (12ème) avant que Nyarko ne donne l’avantage aux Lensois. Heureusement, Ivan est bien inspiré et inscrit un doublé juste avant la mi-temps. A 2-2 à la mi-temps, tous les espoirs sont permis. Le match reprend mais il y a beaucoup de moins de but dans ce deuxième acte. A dix minutes de la fin, le score est toujours de 2-2 et il faudrait un scénario invraisemblable pour que les Girondins empochent les trois points. C’est exactement ce qu’il va se passer. Wiltord sort de sa boîte à la 82ème minute et inscrit un but extrêmement important pour Bordeaux. Micoud parachèvera le succès bordelais dans les ultimes minutes. Au terme d’un match accroché, Bordeaux renoue avec la victoire et de quelle manière ! Un succès 2-4 dans le Nord, acquise au mental après une série de trois matches compliqués. Il n’en fallait pas plus pour relancer la machine.

Il ne reste plus qu’un match à Lescure cette saison et Bordeaux accueille pour l’occasion l’Olympique Lyonnais. L’équipe du président Aulas est une solide formation mais seul Marseille peut jouer le titre contre les Girondins. Les Phocéens accueillent Auxerre à l’occasion de cette 33ème journée et les battent 1-0. Bordeaux doit donc gagner, dans le même temps, pour préserver toutes ses chances. Les joueurs de Baup vont beaucoup donner et dominer face à des Lyonnais qui jouent le jeu. Cependant, ils ne pourront rien sur le coup de canon de Lassina Diabaté. Le milieu défensif ivoirien des Girondins est plus connu pour avaler les kilomètres que pour son sens du but. Ce jour-là, il inscrit indubitablement un des plus beau but de la saison.

Peu après la demi-heure de jeu, un corner mal repoussé de la défense lyonnaise arrive à 25 mètres du but sur le n°18 bordelais. Lassina arme alors son pied gauche (lui qui est un droitier exclusif) et envoie une frappe très tendue. Coupet ne peut rien et regarde le cuir se figer dans sa lucarne. Lyon ne reviendra jamais. Sur le coup, le Stade Chaban-Delmas, à guichets fermés, explose littéralement. Les Girondins prennent trois points très importants car ils ont leur destin entre leurs mains. Une victoire au Parc des Princes et c’est le titre de Champion de France 1999. Les Marseillais, à un point, iront à Nantes pour cette dernière journée.

Un final de rêve
 

Les Marine et Blanc se présentent au Parc des Princes sans Johan Micoud, blessé pour cette dernière rencontre. Un véritable crève-cœur pour le milieu offensif formé à Cannes. Après avoir beaucoup donné toute l’année, « Jo » se voit contraint de suivre la rencontre du banc de touche. Il est remplacé par « Kiki » Musampa sur le côté gauche du milieu bordelais.

Le Parc des Princes est pratiquement comble pour ce dernier match de la saison. Ce sont pourtant les Girondins qui trouvent la faille en premier par l’inévitable Sylvain Wiltord. A la 20ème minute de jeu, il propulse dans le but de Lama une des premières occasions bordelaises. La partie visiteuse exulte dans le stade parisien. A la mi-temps, Bordeaux mène 0-1 et ce petit but d’avance à son importance puisque, dans le même temps, l’OM mène à la Beaujoire sur le même score (0-1). 

Il faut donc s’attacher à gagner ce match pour ne pas attendre une possible défaillance des Marseillais, bien décidés à s’imposer en Loire Atlantique. Pourtant, Paris ne veut pas se laisser battre facilement et Bordeaux recule. Il n’en faut pas plus à Rodriguez pour égaliser (1-1) peu avant l’heure de jeu. Tout est à refaire. La peur est de courte durée. Wiltord, enfant de la banlieue parisienne, prouve qu’il est à la maison au Parc. Il redonne l’avantage à Bordeaux quatre minutes après l’égalisation du PSG. Les Girondins mènent 2-1 à Paris et possèdent ce petit point d’avance qui fait toute la différence entre le Champion et son dauphin. Du côté de Nantes, c’est le statu quo, Marseille mène toujours 0-1.

L’attente est longue, très longue. Les amoureux du club au Scapulaire aimeraient que le match s’arrête là, sur une victoire des Girondins. Cependant, il y aura encore des buts dans cette rencontre. A la 78ème minute, l’attaquant brésilien du club parisien Adailton réussit à marquer une deuxième fois pour Paris. Une chape de plomb tombe sur Bordeaux et du banc de touche bordelais à la place des Quinconces, on se dit qu’il serait trop bête de terminer une saison comme celle-là sur une si grande déception.

Cette fois-ci, les minutes passent trop vite. Elles filent à tout allure dans un Parc des Princes désormais acquis à la cause des Bordelais. Les supporters du PSG entonnent des « Allez Bordeaux » assez hallucinants. Preuve s’il en est que l’antagonisme entre Paris et Marseille est profond. Les Parisiens préfèrent voir leur équipe perdre pour que les Marseillais ne soient pas sacrés champions de France et les supporters parisiens choisissent le « moindre mal » en encourageant les Girondins.

Malgré tout, le PSG de Bergeroo, qui a remplacé Giresse en milieu de saison, est bien en place et tente de tenir le résultat. Baup décide de lancer Feindouno, jeune attaquant issu du centre de formation, à cinq minutes de la fin. Il le fait autant pour dynamiser le front de l’attaque bordelaise qu’en guise de dernier espoir pour les Marine et Blanc. 86ème, 87ème, 88ème, les Bordelais voient les minutes défiler sans pouvoir inverser la tendance et leur destin. Les Marseillais mènent toujours à Nantes (0-1) et du côté des Phocéens, on commence à y croire ferme.

Feindouno dans les cœurs bordelais
 

Mais perdre le titre de cette façon, ce serait trop bête. Alors Bordeaux pousse de plus belle. Alors que plus personne n’y croit, le miracle va se produire. Sur le côté gauche de l’attaque bordelaise, Laslandes lance le jeune Feindouno qui fait parler sa vitesse. Il résiste à un adversaire et, en bout de course, frappe du bout du pied. Le ballon passe entre les jambes de Lama et les Girondins mènent 3-2 ! Il ne reste que les minutes de temps additionnel après ce premier but en Ligue 1 de Feindouno. Sur le but, le banc Marine et Blanc explose. Pierre Labat tombe dans les bras d’Elie Baup et les deux hommes s’enlacent au sol. Sur la pelouse, Feindouno court puis tombe dans les bras de ses coéquipiers. Quelle histoire pour ce jeune guinéen de 17 ans qui débute sa carrière professionnelle. En inscrivant le premier but de sa carrière en Ligue 1, il offre par la même le titre de Champion à son club formateur.

Le match se termine et Bordeaux obtient son 5ème titre de Champion de France de L1 après douze ans d’attente. Les joueurs, ivres de bonheur, font la fête sur la pelouse du Parc. Micoud, privé de ce match sur blessure, exulte et rejoint ses coéquipiers dans l’arène pour communier. La nuit va être longue pour les joueurs. Ils ne se doutent pas encore de la surprise qui les attend à Bordeaux.

Une nuit de folie
 

Dans le vestiaire, l’ambiance est plutôt calme. Les joueurs baignent dans le bonheur et ont le sentiment du devoir accompli. Il faut maintenant retourner à Bordeaux après ce match à l’extérieur. Dans l’avion, la fête commence ! Sourire, embrassades… la joie est à la dimension de l’aventure humaine que les Girondins viennent de vivre. Se battre, ensemble, pendant neuf mois de compétition pour gagner le titre dans les dernières secondes d’un match de folie, qui est plus face au rival marseillais, quoi de mieux ?

Mais les Marine et Blanc vont avoir une autre surprise. En survolant Lescure, les joueurs s’aperçoivent que le stade est illuminé et … plein à craquer ! Surpris, les joueurs n’en reviennent pas. L’avion vient à peine de les poser sur le tarmac de l’aéroport de Bordeaux – Mérignac que toute la bande à Baup file déjà vers le stade. A trois heures du matin, les joueurs pénètrent enfin sur leur pelouse et 40000 supporters bordelais exultent à leur apparition. Pendant une heure, chaque joueur va recevoir une ovation et toute l’équipe est félicitée pour son incroyable parcours. Les joueurs et le staff professionnel se sont maquillés pour l’occasion. Ils partagent également les chants du Virage, tendent des écharpes du club. Les fans bordelais qui ont eu la chance de vivre cette nuit-là ne sont pas près de l’oublier.

Bordeaux s’écrase à Parme
 

Qualifiés pour la Coupe UEFA, les Girondins vont réussir une campagne honorable qui débute face au Rapid de Vienne. Les Autrichiens se rendent à Lescure pour le match aller et Bordeaux concède le match nul (1-1). Une mauvaise opération qui condamne Bordeaux a marqué au moins une fois en Autriche pour pouvoir espérer. Au retour, les Marine et Blanc font une bonne entame et c’est Hervé Alicarte qui donne un but d’avance aux siens. Vienne revient juste avant la mi-temps par Wagner (43ème). La deuxième période est âpre entre les deux formations et personne ne parvient à prendre l’avantage. Les deux équipes se dirigent vers une prolongation mais Diabaté va tout changer. Le milieu de terrain ivoirien récupère un ballon à 40 mètres du but adverse et, voyant que personne ne l’attaque, décide de s’avancer et de prendre sa chance de loin. Coup d’essai pour un coup de maître puisque la frappe de Lassina est un véritable missile qui se loge dans la lucarne du portier autrichien (87ème). A trois minutes de la fin, les joueurs de Vienne prennent un gros coup sur la tête. Ils ne s’en relèveront pas.

Au deuxième tour, c’est Arnhem qui se présente face à Bordeaux. Cette fois, le match aller à lieu en Hollande. Bordeaux maîtrise parfaitement cette première confrontation et s’impose 0-1 sur une réalisation de Wiltord. Les Bataves tenteront tout pour revenir mais ils tombent sur un Ramé des grands soirs qui préserve sa cage inviolée. Au match retour, les Girondins sont dans une position confortable et ils vont confirmer leur première victoire en s’imposant 2-1 à Lescure grâce Micoud (9ème) et Wiltord (65ème).

Au troisième tour se présentent les Grasshoppers de Zurich. Le célèbre club helvétique reçoit pour la première rencontre dans des conditions très difficiles. Le terrain est gelé mais c’est bien Bordeaux qui va en profiter en marquant très vite deux buts par les compères Wiltord (6ème) et Micoud (20ème). On se dit alors que Bordeaux peut voir venir mais les Suisses ne s’en laissent pas compter et reviennent à hauteur de Bordeaux en dix minutes ! 2-2 à la mi-temps. Ce n’est pas un mauvais résultat mais Bordeaux aurait pu se mettre à l’abri. Les joueurs de Baup vont commencer à le regretter en début de seconde période quand Comisetti offre le but du 3-2 à sa formation (53ème). Heureusement pour eux, les Girondins égaliseront à un quart d’heure de la fin grâce à une belle frappe enveloppée de l’inévitable Wiltord (73ème). 3-3 au coup de sifflet final, un résultat en faveur de Bordeaux qui sera cependant délicat à gérer. Au retour, Bordeaux ne parvient pas marquer mais préserve son but inviolé et l’équipe marine et blanche se qualifie pour les quarts de finale de la Coupe UEFA.

Parme. Le tirage au sort donne une des meilleures formations italiennes au menu des Girondins. Parme et ses stars Thuram, Crespo, Zola, Sensini, Buffon, Boghossian attendent les Girondins de pieds fermes. Un véritable match de gala pour Bordeaux et ses joueurs. Le match aller se joue à Lescure, devant 31000 personnes acquises à la cause girondine. Le début de rencontre est haletant et Bordeaux tente de mettre la pression sur l’équipe italienne. La mi-temps approche quand Micoud parvient à inscrire le premier but en plaçant une tête imparable sous la barre de Buffon (40ème). Le public bordelais hurle son bonheur et ne sera pas au bout de sa joie. A quelques secondes de la mi-temps, Michel Pavon place Wiltord sur orbite et l’attaquant bordelais ne se fait pas prier pour doubler la mise (45ème). L’arbitre de la rencontre siffle la fin de la première période dans une ambiance de folie. Poussés par leur public, les Marine et Blanc vont continuer sur cette lancée en deuxième période mais Buffon va sortir le grand jeu. Plusieurs fois, il va repousser les tentatives des Girondins. En fin de rencontre, les Italiens vont montrer que les grands joueurs sont toujours dangereux, même lorsqu’ils semblent dépassés. A cinq minutes du terme, un centre de la droite est repris par Hernan Jorge Crespo d’une superbe « madjer » en pleine course. Ramé reste pantois et si il embête bien les Girondins pour le retour, il faut avouer que les geste était tout simplement sublime.

Au retour, Bordeaux vient avec la ferme intention de défendre son petit but d’avance. Pourtant, la soirée débute difficilement pour les Girondins qui vont être complètement dominés par leurs homologues italiens. A la 37ème minute, ils vont craquer. Crespo ouvre le score et Chiesa double la mise à deux minutes de la mi-temps (43ème). Menés 2-0, les Girondins vont complètement sombrés dans la deuxième période en encaissant quatre nouveaux buts pour un résultat sans appel (6-0). Bordeaux sort ainsi de la compétition sur une grosse claque sans pour autant avoir démérité dans cette campagne européenne. Cela n’empêchera pas les hommes de Baup de triompher quelques semaines plus tard pour remporter le titre de Champion de France.

 

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