Gillot – « Je n’aime pas qu’on déforme mes propos »

La dernière partie de l’interview interactive

mardi 03 janvier 2012 - 17h19
Dernière partie de l'interview interactive de Francis Gillot

Découvrez aujourd’hui la dernière partie de l’interview interactive de Francis Gillot. L’ex coach sochalien donne son avis sur Vujadin Savic ainsi que sur Nicolas Maurice-Belay. Il évoque le mercato hivernal et déclare que Lens est son club de cœur. Enfin, il dévoile les aspects du métier d’entraîneur qu’il aime le moins.

Bonjour Francis, il arrive que certains entraîneurs adjoints deviennent entraîneurs principaux. Pensez-vous qu’Alain Bénédet et René Lobello pourraient connaître cette trajectoire ? de Quentin

Francis Gillot : René a déjà été entraîneur principal à Neuchâtel et en Algérie. C’est dur de trouver en France, car il y a des étiquettes. Au sujet d’Alain, je pense qu’il veut plus rester adjoint. René a le diplôme et Alain ne l’a pas. Je pense que si j’arrête d’entraîner, à un moment donné, René essaiera de trouver un club à l’étranger ou en France.


Bonjour Francis, vous avez emmené Nicolas Maurice-Belay dans vos bagages. S’il ne faisait pas l’unanimité au départ, il a très vite prouvé ses énormes qualités sur le terrain. Pensez-vous qu’il a franchi un cap cette année ? de Sammy

Francis Gillot : Non, il l’avait déjà franchi l’an dernier. Je l’ai pris car il nous apportait beaucoup la saison dernière. On ne parlait que de Maïga et Brown qui marquaient, ainsi que de Martin en tant que passeur. Juste à côté d’eux, il y avait Nicolas qui faisait la différence. C’est vrai qu’il n’est ni passeur ni buteur, mais il décante les situations. Disons que c’est l’avant-dernier passeur. Malheureusement, l’avant-dernier passeur n’intéresse personne. Je savais qu’il serait capable d’amener quelque chose. Il amène de la vitesse. C’est important dans le foot et il l’a. Il était déjà bon l’année dernière, mais il était un petit peu étouffé par les autres au niveau médiatique.


 


Quel est votre film préféré ? de Cyril

Francis Gillot : J’en ai plusieurs. Je n’ai pas vraiment de film préféré. J’aime bien les films qui me divertissent. Le dernier qui m’a bien plu est le film « Intouchables ».


Bonjour Francis, combien de recrues espérez-vous (sans compter Mariano), et à quels postes ? Cela modifiera-t-il votre schéma tactique? de Laurent

Francis Gillot : C’est compliqué de dire que l’on va prendre tel ou tel joueur. Il y a des joueurs que nous voulons et qui ne seront pas libérables. Il y en a d’autres qui sont trop chers. On est en train de voir qui va partir de chez nous et qui va rester. Pour l’instant, on ne sait pas trop. La cellule de recrutement regarde, et on prendra position par rapport aux joueurs qui vont éventuellement partir. Cela ne va pas beaucoup influer sur le système de jeu.


Trouvez-vous votre exposition médiatique plus importante à  Bordeaux que dans vos anciens clubs ? Si oui, comment vivez-vous cette situation ? de Polo

Francis Gillot : Lens était un gros club quand j’ai démarré. On a fait la Coupe d’Europe. On était très médiatisé, il y avait 40 000 personnes à chaque match. On a fini 2 fois dans les 5 premiers. Bordeaux ressemble un peu au Lens de cette époque, il y a 5-6 ans. Qu’il y ait 10 micros, 100 ou 150, c’est la même chose pour moi.


Jean Tigana jugeait Savic comme étant un défenseur en devenir, au point de l'aligner plusieurs fois avec d'excellentes performances à l’arrivée. Avez-vous échangé avec Jean Tigana, qui est à l'origine de son arrivée, à son propos (et plus généralement de l'effectif) ? Pourquoi ne pas avoir donné une chance à Savic lorsqu'en début de saison, après des matches de préparation satisfaisant, vous cherchiez encore votre défense centrale ? d’Ilyas

Francis Gillot : J’ai appelé Jean une fois. On a très peu parlé de l’effectif. Savic a joué à Nice et je n’étais pas trop satisfait. Je le vois aux entraînements. Il a sûrement du talent, mais il lui faut des matches. Il est encore jeune et un peu naïf. Pour démarrer pro en défense centrale, il faut de l’expérience. C’était mon poste donc je sais de quoi je parle. Je pense qu’il faut qu’il soit prêté pour avoir quelques matches dans les jambes et qu’il revienne avec un peu plus d’expérience. Aujourd’hui, il n’est pas au niveau de la Ligue 1. Avec des matches et 1,2 ou 3 ans de plus, alors pourquoi pas.


Bonjour Francis, quels jeunes de CFA voyez-vous éclore au plus haut niveau ? Pourquoi n'apparaissent-ils pas dans l'équipe pro ? de Laurent

Francis Gillot : Aujourd’hui, ils n’ont pas le niveau pour jouer. J’en prends souvent aux entraînements. Le petit Chevalier est pas mal, tout comme le petit Castro. Sala montre des choses, mais il faut qu’il passe un cap. Aujourd’hui, ces joueurs ne peuvent pas postuler à une place de titulaire avec les professionnels. Il faut du temps.


Etant passé par de nombreux clubs, quel est vraiment votre club de cœur ? de Sammy

Francis Gillot : J’ai démarré à Valenciennes, mais mon club de cœur reste Lens. J’y ai joué 9 ans. Quand on est joueur et qu’on reste si longtemps dans un club, il vous marque. J’y ai également été entraîneur pendant 3 ans. Je suis donc resté 12 ans à Lens. J’ai encore des amis qui travaillent au club. Je connais toutes les personnes qui travaillent là-bas. Je les suis un peu, moins maintenant qu’ils sont en Ligue 2.


Y a-t-il des aspects du métier d’entraîneur que vous n’aimez vraiment pas ? de Polo

Francis Gillot : Je n’aime pas quand on déforme mes propos dans la presse. Je trouve cela malsain. Quand on enlève les phrases du contexte, qu’on recoupe les phrases, qu’on reprend des choses pour faire mal aux joueurs ou au club, je trouve cela négatif. Je pense être assez franc. Quand j’ai quelque chose à dire, je le dis vraiment comme je le ressens et comme je le pense. Ce n’est donc pas la peine d’interpréter les choses de la mauvaise manière. De nos jours, la presse veut sans cesse du sensationnel. Je trouve que les propos sont souvent déformés et ne sont pas utilisés dans le bon contexte. C’est cela qui me déplait un peu.


Que peut-on vous souhaiter pour l’année 2012 ? de Quentin

Francis Gillot : Être dans les 4-5 premiers en décembre prochain. Cela voudrait dire qu’on a fait une bonne année (sourire, ndlr).
 

 

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