Après la saison 2006-2007, le bilan de Ricardo est plus que correct avec une qualification en Ligue des Champions pour sa première saison et une Coupe de la Ligue l’année suivante. Certes, ce bilan positif ne masque pas les critiques sur le jeu développé par les Marine et Blanc mais dans le sport professionnel et surtout dans le football, il n’y a que le résultat qui compte. La direction du club ne voit donc pas l’intérêt de changer de stratégie à l’aube de la saison 2007-2008.

Pourtant, elle va être amenée à changer de staff technique. Le technicien brésilien des Girondins saisit l’opportunité de signer à Monaco et quitte Bordeaux. Il faut dès lors se mettre en quête d’un nouvel homme fort dans le vestiaire bordelais pour poursuivre la politique sportive ambitieuse du club. Après plusieurs tractations et les habituelles rumeurs en pareille circonstance, les dirigeants des Girondins vont engager un coach sans expérience du métier mais que tous les Français connaissent très bien.
Ce sera Laurent Blanc. Champion du Monde 1998 et d’Europe 2000, passé par des clubs aussi prestigieux que l’Inter Milan, Manchester United, Naples ou encore Barcelone, l’ancien taulier de la défense française a stoppé sa carrière professionnelle depuis 4 ans.
Attiré par le métier, celui qui était un des leaders de la génération championne du Monde a pris le temps de faire sa reconversion en passant un diplôme universitaire de manager général de club sportif professionnel. Durant ces quatre années, Blanc a souvent été en lice pour prendre des postes prestigieux. Il est même pressenti pour diriger l’équipe de France après le fiasco de l’Euro 2004 au Portugal mais c’est finalement Raymond Domenech qui sera choisi. Malheureusement pour Laurent Blanc, son manque d’expérience sera mis en avant par différents clubs pour justifier sa « non-embauche ». Les dirigeants bordelais, eux, tentent le pari.

L’arrivée de Blanc est très médiatique. Les rédactions françaises et européennes en font leur gros titre le lendemain. Pour l’épauler dans cette mission, le champion du Monde 1998 n’a demandé qu’un homme : Jean-Louis Gasset. Montpelliérain de naissance et de cœur, Gasset est un ami et un homme de confiance pour Laurent Blanc. Les supporters girondins ne tarderont pas à découvrir ce méridional type, doté d’un humour et de coups de gueule décapants.
Rapidement, les deux hommes se mettent au travail pour construire leur équipe. Il faut d’abord faire face à une vague de départs, et pas des moindres.
Plusieurs joueurs cadres quittent le club à l’été 2007 alors que Lilian Laslandes, en manque de temps de jeu, a rejoint l’OGC Nice l’hiver précédent. Le premier à annoncer son départ est Jean-Claude Darcheville. Grand animateur du vestiaire et leader de l’attaque, le Guyanais signe un contrat deux ans en faveur des Glasgow Rangers. Après l’été, c’est Julien Faubert qui s’envole vers le club anglais de West Ham. Le puissant latéral droit va au clash pour partir et refuse de s’entraîner. Il partira quelques jours plus tard. Rio Mavuba lui emboîte le pas. Egalement international, Rio est l’enfant de Bordeaux. Arrivé à huit ans aux Girondins, le milieu récupérateur change de club pour la première fois et pose ses valises du côté de Villarreal en Espagne. Son départ provoque une certaine tristesse chez les supporters bordelais. Exemplaire sous le maillot au Scapulaire, il laissera un souvenir impérissable à Bordeaux. Enakarhire quitte le club à la fin de son prêt et repart en Russie alors que Gérald Cid, formé au club, signe quatre ans à Bolton à la fin de son contrat. Smicer et Dalmat partent aussi à la fin de leur contrat.
Face à ces changements, les dirigeants bordelais opèrent en deux étapes. Premièrement, prolonger les contrats. Deuxièmement, recruter à l’extérieur. Ainsi, Jemmali, Chamakh, Planus, Obertan, Fernando, Jurietti et Trémoulinas prolongent leur bail à Bordeaux.
Vient ensuite le temps des mutations. Fernando Cavenaghi peut presque être considéré comme une recrue. L’attaquant argentin, très grand espoir de River Plate lorsqu’il était jeune, n’a pratiquement pas joué avec Ricardo. Il espère prouver à Blanc et Gasset qu’il peut devenir un joueur important.
Le premier choix de Laurent Blanc se porte sur Matthieu Chalmé. Formé au club, le latéral lillois a quitté les Girondins lorsqu’il était jeune, faute de proposition. Aguerri, il revient avec un plaisir non dissimulé dans son club de cœur.
David Bellion signe aussi à Bordeaux. Attaquant très prometteur, Bellion a notamment joué à Manchester United, West Ham et Nice avant de venir à Bordeaux. Formé à Cannes, son profil de dévoreur d’espace convient à Laurent Blanc. Alou Diarra arrive juste après. En manque de temps de jeu à Lyon, l’international français finaliste de la dernière Coupe du Monde avec les Bleus face à l’Italie en 2006 vient pour glaner du temps de jeu et réaliser une grosse saison avec, en ligne de mire, l’Euro 2008. Les Girondins terminent leur recrutement avec Souleymane Diawara en provenance de Charlton. L’international sénégalais retrouve la France après une saison en Angleterre. Henri Saivet et Kévin Tunani signent enfin leur premier contrat professionnel, respectivement de trois ans et un an. Tunani sera immédiatement prêté à Beauvais.
Si les premières sorties bordelaises n’ont pas été exaltantes lors des premiers matches amicaux, le public bordelais voit en revanche une équipe qui monte en puissance. Grâce à un recrutement effectué majoritairement en début de saison, c’est un effectif pratiquement au complet qui se présente à Chaban-Delmas face à Lens (seul Diawara n’est pas encore arrivé au club avant le début de la saison).

Lens est un premier gros test pour Bordeaux. Les Nordistes, à la lutte depuis quelques saisons pour les places qualificatives à la Ligue des Champions, sont désormais entraînés par Guy Roux et ont des ambitions. Pourtant, ce sont les Girondins qui vont briller lors de ce premier match.
Grâce à un jeu vif et alerte, Bordeaux surprend Lens et son public. Bordeaux combine, met du rythme et de l’envie dans toutes les passes. La récompense arrive rapidement. Sur un bon centre de Chalmé, Bellion marque le premier but de la saison et permet à Bordeaux de débuter idéalement (1-0).
Les Girondins enchaînent par une belle victoire à Auxerre (0-2, doublé de Wendel) et malgré une défaite à domicile face au Mans (1-2 avec une équipe réduite à dix en 1ère période suite au carton rouge reçu par Ramé), les Girondins démarrent bien. Ils enchaînent par deux nuls à Saint-Étienne et devant Lorient avant de l’emporter à Metz (0-1, but de Diarra). Les Girondins battent également l’AS Monaco de leur ancien coach Ricardo (2-1, buts de Chamakh et Wendel) et au Parc des Princes face au PSG (0-2, buts de Micoud et Bellion).
De la 1ère à la 9ème journée, Bordeaux enregistre 5 victoires pour 3 nuls et 1 défaite. Un départ qui rend les joueurs optimistes avant de recevoir Lyon pour le désormais traditionnel choc de la Ligue 1 à Chaban-Delmas.
De nombreux supporters fondent beaucoup d’espoir sur cette rencontre. Lyon sort d’une énorme désillusion en Ligue des Champions (défaite 0-3 à domicile face au Glasgow Rangers de Jean-Claude Darcheville) et semble moins fort que les saisons précédentes. A l’inverse, les Girondins paraissent en jambe et développent un joli football depuis le début de la saison. Les fans Marine et Blanc attendent une victoire… Ils vont vite revenir sur terre.
Trop forte. Cette équipe lyonnaise est trop forte pour des Girondins timorés. L’OL ouvre le score par l’intermédiaire de Cleber Anderson. Le défenseur central brésilien, totalement seul au deuxième poteau, reprend un coup franc de Juninho (0-1, 5ème). Benzema double la mise quelques minutes plus tard mais son but n’est pas accordé alors qu’il était valable. Ce ne sera que partie remise pour le jeune buteur lyonnais qui fait le break sur une passe lumineuse de Ben Arfa. Benzema frappe fort et bat Ramé (0-2, 23’). Les Girondins cherchent bien à réagir mais Lyon fait bloc. Les Rhodaniens terminent le travail à l’heure de jeu quand Källström marque un troisième but de la tête, toujours sur un centre de Juninho. Jussiê réduira l’écart en fin de match (1-3, 85ème) mais le mal est fait. Dominés voir dépassés dans tous les compartiments du jeu, les Girondins reviennent sur terre et se remettent au travail.
Bordeaux fait match nul à Strasbourg (1-1, but de Bellion) et bat Valenciennes à domicile (2-1, buts de Bellion et Jussiê) mais tombe à Nancy, un concurrent direct (1-0). Laurent Blanc tape du poing sur la table et stigmatise le manque de caractère de ses hommes. Ces derniers réagissent en battant le Stade Rennais à domicile (3-0). Bordeaux s’empare alors de la 3ème place de la Ligue 1 avant de se déplacer à Caen.
En Normandie, les joueurs bordelais vont vivre une soirée cauchemardesque. Rapidement menés 2-0 après une demi-heure de jeu, les Girondins se retrouvent à dix après l’exclusion de Chalmé (36ème). Bordeaux résiste en deuxième période mais sur un contre, Gouffran est balancé par Planus, en position de dernier défenseur. Penalty. Carton rouge. 3-0. Dans le dernier quart d’heure, les Girondins encaissent deux nouveaux buts et repartent de Caen avec un 5-0 difficile à avaler.
Cependant, cette lourde défaite provoque un sentiment de révolte. Bordeaux remporte le derby de la Garonne face à Toulouse le samedi suivant sur un score de folie (4-3). Les Girondins mènent rapidement 3-0 dans cette rencontre avec un doublé de Wendel et un but de Diarra. Pas abattus, les Toulousains reviennent grâce à un triplé d’Elmander (encore lui !) et mettent la pression sur Bordeaux. A quelques minutes de la fin du match, Ducasse frappe parfaitement un coup franc lointain dans la boîte. Wendel effleure le ballon, marque le 4ème but et signe un triplé dans un Chaban-Delmas au bord de l’apoplexie.
Avec cette victoire, les Girondins fêtent de la meilleure des manières leur 2000ème match dans l’élite du football français.
Bordeaux termine bien l’année civile 2007. Après un bon match nul face à Nice (1-1), les hommes de Laurent Blanc arrachent un point à domicile face à l’OM. Après un départ délicat (0-2), Bordeaux marque deux buts par l’intermédiaire de Chamakh et Jussiê et préserve son invincibilité face au rival phocéen. Les Marine et Blanc gagnent avant la trêve à Sochaux (0-1) et s’emparent de la troisième place du classement avec deux points de retard sur Nancy (2ème) et six sur l’OL (1er).
Longtemps en sommeil, Fernando Cavenaghi va retrouver sa classe et son efficacité sous le maillot bordelais. Entré en jeu en Coupe de France face à Quevilly, l’Argentin marque un but très important à dix minutes de la fin du match (1-3). Profitant de l’absence de Chamakh, parti à la Coupe d’Afrique des Nations, « Cavegol » a une chance inespérée de montrer sa valeur.
Il est donc titulaire pour la réception d’Auxerre (20ème journée). Auteurs d’un match plein, les Girondins l’emportent 4-1 avec le premier but en Ligue 1 de Marc Planus et un doublé de Cavenaghi. Le public bordelais l’attendait, l’Argentin est en rendez-vous. Ce doublé et cette jolie prestation sonnent le début du show Cavenaghi. Il va durer toute la deuxième moitié de saison.
Bordeaux enchaîne par une victoire au Mans (1-2, buts de Cavenaghi et Fernando) puis contre Saint-Étienne (1-0, but de Cavenaghi) et malgré une courte défaite à Lorient (1-0), les Girondins réalisent des prestations de grande qualité. Ils battent Metz (3-0, doublé de Cavenaghi et un but de Diarra) avant un déplacement toujours périlleux à Monaco…
Il y a des soirs où rien ne fonctionne comme on l’avait prévu. La bande de Laurent Blanc l’a vécu cette saison à Caen. Cependant, il y a aussi des soirs où vous réussissez tout ce que vous tentez. Le match de Monaco entre dans cette catégorie. Après une première période tendue, les Girondins rejoignent les vestiaires sur un score nul et vierge (0-0). Tout va s’accélérer dans le deuxième acte et c’est Cavenaghi qui ouvre les hostilités sur une merveille de ballon piquée (0-1, 51ème). Micoud puis Cavenaghi ajoutent deux nouveaux buts dans le quart d’heure suivant. A bout de souffle et de nerfs, Diego Perez craque. Le milieu défensif uruguayen de Monaco fauche David Bellion et voit rouge.

A dix, les joueurs de Ricardo perdent pied. Chamakh ajoute un 4ème but (81ème) avant que Micoud ne signe son doublé personnel (87ème). Dans les arrêts de jeu, Obertan profite d’une ouverture de Ducasse pour semer la défense monégasque et ajouter un sixième et dernier but (91ème). La victoire est sans appel (0-6) et fait entrer l’équipe 2007-2008 dans l’histoire du club. En effet, la plus large victoire des Girondins remontait à la saison 2000-2001. Lors de la 6ème journée, Bordeaux s’était imposé à Nantes sur le score de 5 à 0. Pauleta avait inscrit un triplé pour son tout premier match du championnat de France. Ce record ne tient plus et cède sa place à la victoire acquise en Principauté.
Sur la lancée de ce succès, Bordeaux obtient un match nul face à Lille à Chaban-Delmas (0-0) avant de recevoir le PSG. En difficulté en championnat, le club de la Capitale peut néanmoins s’appuyer sur de bons résultats à l’extérieur. Au Stade Chaban-Delmas, Wendel va plier Paris à lui tout seul dans un match de folie.
Si Paris peut compter sur la vitesse de Diané pour tenter de prendre Bordeaux en contre, les Girondins, eux, comptent sur leur jeu et leur confiance du moment. Suite à un bon pressing de Fernando, Micoud récupère le cuir et le transmet à Wendel. Le Brésilien ne se pose pas de questions et fusille du gauche Landreau qui ne peut rien (1-0, 33ème). Chaban-Delmas exulte et applaudi ses joueurs à la mi-temps. Le stade n’a encore rien vu.
Au retour des vestiaires, Bordeaux pousse. Chamakh parvient à trouver Wendel qui, dos au but, reprend de volée. Landreau laisse filer le cuir qui frappe le poteau et entre dans le but (2-0, 48ème). Les supporters et les joueurs bordelais explosent. Wendel reconnaîtra après le match qu’il ne cherchait pas à marquer mais à centrer. Il paraît que la chance sourit aux audacieux…
Audacieux, Wendel va l’être trois minutes plus tard. Sur un contre, Alejandro Alonso parvient à prendre le meilleur sur son adversaire côté droit. Il voit Wendel débouler plein axe et centre, à mi hauteur. Le milieu brésilien, à la lutte avec un défenseur parisien, voit le ballon arriver à sa hauteur à 20 mètres du but et décide de se jeter ! D’une tête plongeante violente et millimétrée, il signe son hat-trick devant un stade ivre de bonheur. La beauté du but, sa proximité avec le deuxième et son déroulement (tête plongeante hors de la
surface !) plonge Bordeaux dans l’euphorie. C’est trop pour Paris qui n’encaissera plus de but mais ne reviendra jamais dans la partie. Grâce à cette belle victoire, les Girondins confortent leur deuxième place au classement avec 7 points d’avance sur Nancy et surtout, ils reviennent à trois petits points de Lyon avant de se déplacer au Stade de Gerland.
Face à un OL mobilisé comme jamais en championnat depuis de très nombreuses années, Bordeaux manque son début de match. Certainement stressés par l’enjeu, les Girondins reculent face à la furia rhodanienne. Acculés, les hommes de Laurent Blanc encaissent un premier but de Bodmer après 12 petites minutes. Un premier centre de la droite n’est repris par personne. Grosso récupère et centre à nouveau, de la gauche cette fois, pour Bodmer qui n’a plus qu’à pousser le ballon au fond des filets. Douze minutes plus tard, le même Bodmer n’a besoin de personne pour faire un petit festival à l’entrée de la surface. Après avoir mystifié Diarra d’un coup du sombrero, Bodmer enchaîne contrôle poitrine puis une frappe en ciseau. Ramé est battu et Lyon mène 2-0 (24ème).
Les supporters bordelais craignent alors un naufrage dans le stade lyonnais mais Wendel sonne la révolte. Sur un coup franc direct, le Brésilien ne laisse le soin à personne de frapper. Il s’en charge et envoie de 25 mètres un missile qui surprend Coupet (2-1, 35ème).
Malgré ce bon retour, la deuxième période va ressembler comme deux gouttes d’eau à la première. A peine cinq minutes après avoir entamé le second acte, Karim Benzema profite d’un contre. Après un « une-deux » avec Fred et un contre favorable, le meilleur buteur de la Ligue 1 porte le score à 3-1 (50ème). Cavenaghi parvient à remettre Bordeaux dans le coup sur penalty (3-2, 60ème) mais c’est finalement l’OL qui l’emportera 4-2 grâce à un but de Keita dans les dernières secondes de jeu.
Si les Girondins sont bien évidemment déçus de cette défaite, ils ne se morfondent pas pour autant. Préférant reconnaître la supériorité de Lyon, les Girondins se remettent au travail et battent Strasbourg à domicile (3-0, doublé d’Henrique et but de Cavenaghi) mais perdent à Valenciennes (3-1). A l’issue de la 30ème journée, les Girondins pointent à six points de Lyon mais Nancy n’est plus qu’à trois longueurs de Bordeaux. Hasard du calendrier, après avoir affronté Lyon dans la position de l’outsider, les hommes au Scapulaire reçoivent Nancy dans la peau du favori appelé à défendre sa deuxième place.
Ce choc de la saison entre Bordeaux et Nancy se joue sous une forte chaleur. D’un côté, Bordeaux ne veut pas laisser revenir son rival pour la 2ème place alors que Nancy, lui, joue sans pression à l’extérieur, en quête d’un exploit.
Bordeaux est crispé en début de rencontre. Nancy fait parler sa puissance et prend le dessus dans les duels. Plus mordants, les joueurs lorrains finissent par faire sauter le verrou bordelais. A la suite d’une succession de centres, Gavanon récupère le ballon côté droit et centre fort devant le but. Hadji détourne le ballon sur Zerka qui prend le ballon en pleine tête et marque (0-1, 29ème).
Malgré ce coup de froid, les Girondins vont tenter de se remettre dans le match. S’ils ne parviennent pas à marquer en première période, ils reviennent fort décidés dans le second acte. Dès le début, les Girondins dominent, étouffent l’équipe de Pablo Correa qui ne peut rien faire d’autre que défendre. Bordeaux se crée des occasions et touche même le poteau avant de revenir à hauteur des Nancéiens. Sur le premier but, Alonso influence l’arbitre pour avoir un corner qu’il obtient finalement. Wendel le frappe pour Diarra qui détourne sur l’inévitable Cavenaghi. L’international argentin reprend de la tête et égalise (1-1, 53ème).

Avec ce score de parité, la partie s’équilibre. Comme dans toutes rencontres opposant des rivaux directs, les accrochages sont nombreux et les occasions rares. Alors qu’il ne reste qu’une dizaine de minutes à jouer, Bordeaux obtient un corner. Au premier poteau, Micoud et Malonga s’accrochent mutuellement. Wendel frappe le corner et Micoud, excédé, serre le bras de Malonga afin de l’emmener au sol. M. Poulat, l’arbitre de la rencontre, siffle… penalty pour les Girondins ! N’ayant rien vu, l’arbitre sanctionne Malonga à tort et Micoud, qui n’avait rien demandé sur le coup, se voit offrir une chance de faire gagner son équipe. Cavenaghi se charge de transformer la sentence et donne un avantage définitif aux Girondins (2-1, 82ème). Nancy, qui jouait déjà à dix après l’expulsion contestable de Brison, termine même à neuf après une énorme faute de Biancalani sur Jurietti.
Ce penalty fera couler beaucoup d’encre. M. Poulat choisit de ne pas assumer et accuse Micoud d’avoir voulu volontairement le tromper ce que le meneur de jeu bordelais nie farouchement. Dans les semaines qui suivent, la direction de l’ASNL cherche à faire rejouer le match, contacte officiellement la FFF pour obtenir les trois points sur tapis vert avant de revenir à la raison et d’annuler toutes procédures administratives. Le résultat est entériné et Bordeaux prend une option décisive sur la qualification en Ligue des Champions tout en restant dans la roue de l’OL.
Les jours suivants Nancy sont durs pour Bordeaux et ses fans. La presse se lâche, taxant Micoud de tricheur et se demandant si Bordeaux est bien à sa place sur la deuxième marche du podium. Johan Micoud concentre toutes les attentions et paye ses difficiles relations avec une partie des médias en France. La pression sera telle que Laurent Blanc préfère laisser son joueur au repos pour aller à Rennes. Bordeaux s’impose 0-2 avec aplomb et répond aux critiques. Alou Diarra marque le premier but de ce match et à voir son visage fermé suivi d’un cri de rage, on comprend que le groupe bordelais n’a pas du tout apprécié les critiques. Les hommes de Laurent Blanc enchaînent ensuite avec une victoire à domicile face à Caen (2-1, doublé de Cavenaghi) et reviennent à quatre points de l’OL.

Désormais, Bordeaux est à la lutte pour jouer le titre face à Lyon. Animés par une confiance collective, les Girondins arrachent un succès précieux au Stadium de Toulouse sur un but spectaculaire de Micoud dans les toutes dernières secondes de la partie. Malheureusement, les hommes de Blanc ne parviennent pas à battre Nice à domicile (0-0) à cause d’Hugo Lloris qui réalise une énorme prestation. Rageant car dans le même temps, Lyon concède également le nul à domicile.
Pour la 36ème journée, Bordeaux se rend à Marseille. Malgré une bonne première période, les Girondins se font surprendre. Ramé juge mal une longue balle de Nasri. Il sort de sa surface mais ne peut dégager de la tête. Niang suit l’action et marque dans le but vide (1-0, 45ème).
Révoltés en deuxième période, Bordeaux domine les débats mais perd Ramé, décidément pas verni ce soir-là, sur blessure. L’entrée de Valverde ne déstabilise pas le groupe qui continue à presser des Olympiens jouant la troisième place face à Nancy. L’OM perd son football et finit par craquer. A dix minutes de la fin, Cavenaghi se fait faucher à 20 mètres du but marseillais. Wendel, l’artificier en chef, se charge de la sentence en expédiant le ballon dans la lucarne de Mandanda (1-1, 80ème). Un retour mérité pour des
Bordelais affamés. Ces derniers poursuivent d’ailleurs leur travail de sape et poussent pour l’emporter. Alors que le match touche à sa fin, les Girondins placent un dernier contre. Chamakh, dans la surface marseillaise, reçoit le cuir. L’international marocain, encerclé, se retourne et aperçoit Pierre Ducasse qui arrive comme un boulet. Chamakh donne une petite passe en retrait pour le milieu défensif qui ne se pose pas de questions et balance un missile sans contrôle dans la lucarne de Mandanda, complètement abasourdi par cette frappe lointaine. Les Girondins l’emportent 2-1 et reviennent à trois points de l’OL.
Cet avantage est conservé à l’occasion du dernier match de la saison grâce à une victoire sur Sochaux (2-0, buts de Fernando et Chamakh). Tout se jouera donc à Lens qui joue sa survie en Ligue 1.
Les supporters s’attendent à un suspense insoutenable durant cette dernière journée de Ligue 1. Les Girondins sont à Lens alors que Lyon est à Auxerre. Malheureusement pour Bordeaux et pour le spectacle, Lyon mène 0-2 au bout de 10 minutes… Malgré tout, Bordeaux réalise un grand match à Bollaert et mène deux fois au score (buts de Cavenaghi et Bellion) avant de concéder le nul (2-2). Ce match ne servira pas à Bordeaux, encore moins à Lens qui devait l’emporter pour espérer se sauver.
Au final, Bordeaux aura tenu la dragée haute à l’OL sur toute la saison et termine à cinq points de Lyon alors que l’équipe du Président Aulas était plus habituée au titre de champion vers la 33ème journée. Bordeaux sera parvenu à jeter le doute dans les têtes lyonnaises tout en remplissant l’objectif du club : une qualification directe pour la prochaine Ligue des Champions.
Parallèlement au championnat, les Girondins s’inscrivent en Coupe UEFA à l’orée de la saison 2007-2008 suite à leur victoire en Coupe de la Ligue la saison précédente.
Lors du premier tour, les Marine et Blanc éliminent Tampere United, champion de Finlande en titre. Dans ce « piège » parfait, Bordeaux parvient à l’emporter 3-2 à l’extérieur alors que les Finlandais menaient 2-1 à l’annonce du temps additionnel. Micoud (92ème) et Cavenaghi (93ème) donnent la victoire aux Girondins. Au retour, Bordeaux assure la qualification en obtenant un match nul (1-1, but de Chamakh).

Vient ensuite la phase de poule. Les hommes au Scapulaire héritent de Galatasaray (Turquie), de l’Austria Vienne (Autriche), d’Helsingborg (Suède) et de Panionios Athènes (Grèce).
Dans une formule sans match aller – retour, Bordeaux tire son épingle du jeu. Les Girondins reçoivent leur rival le plus sérieux pour la qualification : Galatasaray. Malgré une première période manquée qui voit les Turcs mener au score sur un penalty de Nonda, Bordeaux parviendra à décrocher ses trois premiers points avec une solide deuxième période. Cavenaghi (54ème) et Chamakh (64ème) donnent deux buts aux Bordelais. Les Girondins l’emporteront également face à Vienne en Autriche (1-2, buts de Chamakh et Wendel) avant de battre Helsingborg (2-1, buts de Chamakh et Jussiê) puis Panionios (2-3, buts de Cavenaghi, Trémoulinas et Moimbé).
Premiers de leur poule, les Girondins affrontent Anderlecht en 16ème de finale de la Coupe UEFA. A l’aller, en Belgique, les Marine et Blanc tiennent le choc. Sans se créer d’occasions, Bordeaux reste solide et n’encaisse pas de buts. Ils réalisent même un « mini hold-up » en déflorant le tableau d’affichage. Déstabilisé dans la surface, Cavenaghi laisse le soin à Jussiê de transformer la sentence (0-1, 68ème). L’équipe au Scapulaire cherche à gérer le résultat mais Polak, d’une frappe surpuissante, remet les deux équipes à 1-1 (79ème). Alors que Bordeaux tient son nul, les Belges poussent dans les dernières minutes et trouvent la faille. Sur une longue balle dans la surface, Diawara manque son dégagement et M’Penza, à l’affût, marque le but de la victoire belge dans les dernières minutes (2-1, 94ème).
Au retour, les Girondins cherchent à rester compact avant de marquer. Malheureusement pour eux, Chatelle profite d’une incompréhension dans l’arrière garde aquitaine pour marquer (0-1, 34ème). Les Girondins vont alors tout tenter pour revenir. Blanc, qui a quasiment toujours aligné une équipe rajeunie dans cette compétition, fait entrer Micoud et Cavenaghi en début de deuxième période. L’effet se fait rapidement sentir. L’attaquant argentin des Girondins remet les deux équipes à égalité à 20 minutes de la fin de la rencontre (1-1, 71ème). Malheureusement pour Bordeaux, Trémoulinas sera exclu juste après pour un tacle dangereux (72ème) et Chalmé le suivra à trois minutes de la fin. C’est fini pour Bordeaux alors que les Girondins avaient les moyens de passer. Après une superbe phase de poule et en ayant perdu un match sur huit, Bordeaux est éliminé sur un goût d’inachevé.