Jean-Louis Triaud, Nicolas de Tavernost et Christophe Dugarry se sont rencontrés au Château du Haillan afin de déjeuner ensemble jeudi midi. Après ce repas, nous avons rencontré le Président et notre ancien joueur pour savoir ce qu’il ressortait de cette entrevue.
girondins.com : Bonjour à vous deux. Que retirez-vous de ce repas ? Avez-vous échangé vos points de vue directement et pas par presse interposée, ce qui est toujours plus délicat ?
Jean-Louis Triaud : Il y a eu un quiproquo. Chacun s’est un peu amusé à faire de bons mots car nous avons tous mauvais caractère (sourire, NDLR). En fait, comme nous nous connaissons bien et que nous nous apprécions, il n’y a pas de problème. Le seul défaut de tout cela, c’est que c’était public. Les gens s’en sont emparés et en ont fait des « gorges chaudes ». Nous avons donc officiellement et publiquement montré que ce n’était rien du tout. Une tempête dans un verre d’eau.
girondins.com : Avez-vous été étonnés tous deux de l’emballement médiatique de ces derniers jours ?
Christophe Dugarry : Oui, c’est pour cette raison qu’il fallait montrer qu’il n’y avait pas de problème entre nous. Nous avons souhaité nous rencontrer. J’ai fait mon analyse de la situation. Elle était certainement un peu vrai et un peu erronée à la fois (rires, NDLR). Jean-Louis avait également besoin de me parler du Club, de son fonctionnement. C’est toujours mieux. Mon erreur est peut-être de ne pas avoir contacté Jean-Louis directement. Ensuite, il a répondu. Nous aurions certainement dû nous mettre en contact plus rapidement. Une certaine presse s’est ensuite emballée car je n’ai jamais voulu la place de qui que ce soit. On m’a un peu cherché dans les questions et je me suis senti un peu agressé. J’ai répondu avec de la provocation. Jean-Louis avec un peu d’ironie et Monsieur De Tavernost avec un peu de sarcasme (rires, NDLR). Du coup, la machine médiatique s’est emballée. Pouvoir discuter de tout cela ensemble était une bonne chose, d’autant que nous avons toujours eu de bonnes relations aussi bien quand j’étais joueur qu’aujourd’hui dans ma vie de Bordelais. Nous avons tous trouvé dommage d’en arriver-là, surtout que nous avons une analyse commune. Nous avons tous un même but. Nous aimons tous les Girondins et nous avons fait beaucoup pour ce club, chacun à son niveau.

girondins.com : Il y a eu des incompréhensions ?
Christophe Dugarry : Oui, des choses ont été mal comprises. Il est dommage d’être jugé sur des choses qui ne sont pas vraies. J’ai analysé la situation et j’ai répondu à une question : qu’est-ce qui m’intéresserait si je vais revenir dans le football ? J’ai dit et redit que directeur sportif et entraîneur, cela ne m’intéressait pas. Si un jour je dois prendre mes responsabilités, je les prendrais sans aucun problème. Cela a fait le buzz d’une façon excessive et inappropriée. Quand on voit la Une de L’Equipe (le mardi 8 novembre 2011, en oreillette, Bordeaux : Dugarry, candidat président !, NDLR) et l’interview qu’il y a à l’intérieur… C’est dire tout et son contraire. On s’est tous un
petit peu fait avoir par le côté médiatique de la situation. On ne pensait pas que cela prendrait une telle ampleur.
Jean-Louis Triaud : A la différence de Christophe, je ne suis pas surpris. Comme la presse n’a pas de matches à commenter ou à préparer, on se sert de la moindre occasion pour faire du papier ou des sons à la radio. Elle s’en est emparée avec avidité.
Christophe Dugarry : C’est tout de même un peu décevant. Je reviens sur le titre de L’Equipe. Je comprends que le but de la presse soit de faire des titres accrocheurs mais là, ils mettent un titre « Dugarry, candidat » et quand on lit l’interview, on s’aperçoit que ce n’est pas du tout ce qui est dit. Ensuite, on fait réagir Monsieur De Tavernost sur des choses que je n’ai pas dites. A un moment donné, je vois qu’on en arrive à une certaine dérive. Il y a un peu de malhonnêteté intellectuelle mais cela peut arriver à certaines personnes dans les conseils de rédaction. On a voulu faire du buzz sur une non-histoire, sur une simple analyse comme je peux en faire tous les week-ends sur n’importe quel club.

Jean-Louis Triaud : D’ailleurs, si nous voulions nous amuser, nous pourrions prendre le pari de lancer chaque jour une polémique. Il suffit de sortir deux mots de leur contexte…
girondins.com : Pendant la Coupe du Monde, L’Equipe a prouvé qu’ils savaient faire des titres accrocheurs…
Christophe Dugarry : Justement, je trouve qu’il y a parfois une certaine dérive. Qu’on puisse juger et critiquer des gens sur des éléments qui ont été dits ou faits, c’est logique. Là, j’ai trouvé cela un peu moyen. Le problème, c’est l’interprétation des choses, malheureusement.