La saison des Girondins commence comme elle s’était terminée, par une rencontre face à l’OM. Comme la saison dernière, Bordeaux entame son championnat au Vélodrome mais avec plus de réussite que la saison passée. Physiquement, Bordeaux affiche de jolies promesses et Marseille va se faire surprendre. Après un petit quart d’heure de jeu, Faubert profite d’un bon travail de Darcheville pour frapper en force du gauche et ouvrir la marque (0-1, 16’). Bordeaux va tenir avant de doubler la mise. En deuxième période, sur un contre bordelais, Darcheville accélère sur la droite et centre pour Laslandes. Le buteur girondin est trop court mais Pierre Ducasse, en embuscade au deuxième poteau, ne laisse pas passer sa chance et marque pour sa première apparition en Ligue 1 (0-2, 86’). Bordeaux repart avec trois points et pas mal de confiance.
Cela va se confirmer par la suite. Sortant d’une saison pour le moins difficile, les Marine et Blanc affichent une grosse solidarité. Ils battent Nancy lors de la 2ème journée (1-0, but de Chamakh) et la première défaite de la saison concédée à Auxerre (1-0) ne va pas ralentir les Girondins qui ne perdent plus un match de la 4ème à la 15ème journée. Durant cette série, Bordeaux signe 5 victoires et 6 matches nuls en réalisant de gros matches avec une victoire face à Monaco (1-0, 4ème journée, but de Cheyrou) et à Nice (0-1, 14ème journée, but de Laslandes). Les hommes de Ricardo signent également un match nul de qualité face à l’OL (1-1, 7ème journée). M. Derrien, l’arbitre de la rencontre, se souviendra très longtemps de ce Bordeaux – Lyon et les supporters bordelais se souviendront longtemps de M. Derrien (l’arbitre sera rétrogradé à la fin de la saison, notamment à cause de la note attribuée au cours de Bordeaux - Lyon).
Tout part pour le mieux dans cette partie. « Vladi » Smicer, l’homme d’expérience, converti sa première occasion en but dans un Chaban-Delmas plein à craquer. Après avoir évité Monsoreau d’une feinte de frappe, l’international tchèque place une balle croisée du gauche qui laisse Coupet sans réaction. Le stade hurle sa joie de voir l’OL, champion en titre, malmené par les Girondins mais très rapidement, la joie va se transformer en grogne pour une histoire de mains. La première est celle de Cris. Alors que Darcheville tente de dribbler le Brésilien, le ballon tape la main décollée du corps du défenseur brésilien. Tout le stade a vu le penalty sauf l’arbitre, pas aidé une seule seconde par ses assistants. Après une deuxième main litigieuse, les Girondins vont une nouvelle fois subir l’arbitrage hallucinant de l’arbitre. Sur une offensive bordelaise dans la surface de réparation, un attaquant bordelais tente de passer Tiago. Le Portugais stoppe le ballon de la main dans la surface, la main une nouvelle fois décollée du corps. M. Derrien laisse l’action se poursuivre et sur le contre lyonnais, Wiltord, l’ancien enfant chéri du public bordelais, crucifie Ulrich Ramé (1-1, 64’). Bordeaux aura de nouvelles occasions mais sans pouvoir prendre le dessus. Cet après-midi-là, à Chaban-Delmas, les Girondins sont passés tout près d’un très gros coup…
Le premier coup d’arrêt intervient à la 15ème journée quand le PSG de Pauleta vient gagner à Bordeaux (0-2). L’international portugais, auteur du premier but de son équipe, aura la classe de ne pas fêter plus que de raison sa réalisation. Le public bordelais lui rendra bien puisque le joueur est acclamé lors de chacun de ses retours dans le Port de la Lune. Au soir de la 15ème journée, Bordeaux occupe la 3ème place du championnat à égalité avec Paris et déjà à 12 points des invincibles lyonnais.
Malgré cette défaite, Bordeaux repart de l’avant les semaines suivantes. Les joueurs au Scapulaire prennent un point à Saint-Étienne (1-1) puis battent Lille à domicile (1-0, but de Fernando) avant de perdre au Mans (1-0) lors de la 18ème journée. Ce sera la dernière défaite des Marine et Blanc jusqu’à la … 33ème journée. Grâce à une organisation compacte, une défense de fer et beaucoup de réalisme, Bordeaux s’affirme peu à peu comme un prétendant à la qualification en Ligue des Champions. Tout n’est cependant pas rose pour Ricardo. Critiqué pour son manque de jeu offensif, le coach brésilien ne s’attache qu’aux résultats, très probants. Les joueurs se souviennent également des deux saisons délicates qu’ils viennent de vivre. Trop heureux de pouvoir truster les premières places, les joueurs bordelais sont derrière leur coach et basent leur succès sur leur imperméabilité défensive.
Malgré une défaite au Parc des Princes face au PSG (3-1, triplé de Pauleta contre un but de Perea), les Girondins possèdent neuf points d’avance sur Lille, troisième, et se placent pour une qualification directe en Ligue des Champions. Ils vont pourtant perdre face à Lille 15 jours plus tard (3-2) mais Bordeaux signe un gros coup en s’imposant 0-3 à Sochaux dans un match en retard très important. Inspiré ce soir-là, Bordeaux ouvre le score par l’intermédiaire de Faubert, auteur d’une grosse saison, sur une passe de Darcheville. Le Guyanais parachèvera le score en inscrivant le troisième but. Entre temps, David Jemmali, d’habitude très discret devant le but adverse, signe le plus beau but de sa carrière. A 25 mètres du but adverse, Fernando décale l’international tunisien, plein axe. Ce dernier contrôle de la poitrine avant de décocher une frappe lumineuse. Le ballon termine sa course dans la lucarne d’un Richert médusé (27’).
Avec ces trois nouveaux points, Bordeaux est plus serein. Il ne reste plus qu’une unité à prendre pour s’emparer à coup sûr de la deuxième place. Lors de la 36ème journée, Bordeaux reçoit Le Mans dans un stade bien garni et sous un soleil de plomb. Bangoura, attaquant manceau, se charge de refroidir l’ambiance au bout de 20 petites minutes. Sur une passe en retrait de Jemmali, l’international guinéen se faufile et trompe Ramé du bout du pied (0-1, 20’). Loin d’être abattus, les Girondins repartent à l’attaque et obtiennent un penalty par Darcheville. Chamakh se charge de la sentence et trompe Roche (1-1, 38’). Mieux, Bordeaux prend l’avantage juste avant la mi-temps. Denilson, plein axe, efface un, deux puis trois joueurs avant de buter sur le portier du MUC. Chamakh a suivi et décale Darcheville qui transperce le but adverse (2-1, 54’). Malgré une égalisation de Grafite dans les dernières minutes, Bordeaux tient sa place et retrouve la Ligue des Champions six ans après sa dernière participation.
Très heureux de ce dénouement, les joueurs bordelais célèbrent la qualification devant leur public. Ils sont tous là, les Chamakh, Mavuba, Francia, Jemmali, Darcheville… tous ces hommes qui ont souffert durant deux saisons avec les Girondins offrent à leurs supporters un retour dans l’élite européenne, un grand jour pour Bordeaux.
Malgré la joie de cette qualification, il reste deux beaux matches à disputer, face à Nantes et contre l’OM pour la dernière journée. Au Stade de la Beaujoire, les Girondins se montrent sérieux et appliqués face à des Nantais qui n’ont plus rien à jouer mais qui veulent absolument remporté le derby de l’Atlantique pour saluer leurs supporters. Dans un match de faible intensité, les Girondins parviennent à prendre l’avantage par Darcheville sur penalty (0-1, 79’) en fin de match.
Face à Marseille, les choses sont bien différentes. Devant un stade comble, prêt à célébrer ses joueurs, les Girondins ne veulent pas partir sur une mauvaise note et une défaite face au rival historique. Les Marseillais peuvent toujours obtenir la troisième place synonyme de Ligue des Champions en cas de victoire. En grande forme en cette fin de saison, l’OM avance avec des joueurs de classe comme Ribéry, Barthez ou encore Niang. Dès le début de la rencontre, Marseille semble décidé. Sous l’impulsion de Franck Ribéry, les Phocéens poussent pour ouvrir le score et prendre une option sur la rencontre. En face, les Girondins sont sûrs de leur force et attendent les Marseillais pour placer des contres. Le premier tournant de la rencontre se situe en première période. Sur une accélération côté droit, Niang pénètre dans la surface et s’écroule après un contact avec un défenseur aquitain. Penalty. La sanction semble logique et le stade, malgré son mécontentement, ne proteste pas trop. Ribéry frappe en force dans l’axe du but mais Ramé détourne le ballons des pieds. Explosion de joie. Le score reste à 0-0 grâce au portier bordelais alors que Ribéry, les mains sur le visage, sait qu’il vient de louper une frappe décisive.
Malgré cela, Marseillais et Bordelais continuent à s’échiner pour faire la décision. Le match est très serré. Il va se décanter à 15 minutes de la fin. Sur un nouveau déboulé côté droit, Mamadou Niang fait la différence. L’international sénégalais décale parfaitement Maoulida qui trompe Ramé d’une frappe violente du droit (0-1, 76’). Sans pression, Bordeaux ne se pose pas de questions et pousse pour égaliser. A deux minutes de la fin, Ted Lavie adresse une longue transversale à Chamakh. L’international marocain remet le ballon comme il peut sur Civelli. Ce dernier commet alors une erreur coupable exploitée par Fernando Menegazzo qui contrôle le cuir et crucifie Barthez de l’intérieur du droit (1-1, 88’). Chaban-Delmas explose de joie. D’abord parce qu’il ne verra pas Bordeaux s’incliner face à l’OM. Ensuite parce que ces mêmes marseillais se retrouvent privés de la prestigieuse Ligue des Champions à deux minutes de la fin du match. Le Virage Sud sort une banderole avec l’inscription : « Marseillais, la Champion’s League, tu la verras à la télé ! » reprise par le Stade. Bordeaux sauve le nul et fait la fête. Bordeaux retrouve la Ligue des Champions !
Comme lors de chaque intersaison, l’effectif girondin bouge. Bordeaux réussit même le premier très gros coup du mercato estival en faisant signer un de ses glorieux anciens, Johan Micoud. Champion de France avec les Girondins en 1999, international français et véritable star du Werder Brême avec lequel il a réalisé le doublé Coupe-Championnat en 2004, « le Zidane de la Weiser » comme l’ont surnommé les médias allemands revient pour finir sa carrière sous le maillot au Scapulaire. Le défenseur international nigérian Joseph Enakarhire arrive sous forme de prêt du Dynamo Moscou alors que l’élégant milieu offensif brésilien Jussiê convertit son prêt en transfert définitif. Arrivé en janvier, il s’engage pour quatre ans. Ricardo parvient à attirer Wendel, milieu gauche brésilien en provenance de Santos. Dalmat débarque également pour se relancer après une expérience mitigée à Santander et Gabriel Obertan, jeune espoir talentueux du centre de formation, signe son premier contrat professionnel.
Côté départ, Roux, Beto et Afanou quittent le club. Le dernier nommé avait d’ailleurs plié bagages en pleine saison dernière malgré des performances de très bonne qualité sous le maillot girondin. Cheyrou repart également à Liverpool, faute d’accord entre les dirigeants des deux clubs. L’international sera définitivement transféré à Rennes quelques semaines plus tard. Même constat pour Denilson. Prêté pour sa dernière année de contrat par le Betis Séville, le joueur peut s’engager avec les Girondins. Cependant, la star brésilienne se montre trop gourmande pour les finances du club au Scapulaire.
Des hauts et des bas, telle pourrait être la devise de ce championnat 2007-2008 pour Bordeaux. Les Girondins démarrent pourtant de la meilleure des manières en battant Toulouse pour le derby lors de la première journée de championnat (2-0). Dans un stade comble, comme souvent durant la période estivale, Marouane Chamakh et Julien Faubert marquent en deuxième période en donnent ses trois premiers points à Bordeaux. Cette victoire est confirmé par un nouveau succès une semaine plus tard à Lorient grâce à but de Micoud (0-1).
Malheureusement pour les Girondins, le reste ne sera pas du même acabit. Bordeaux reçoit l’OL pour la troisième journée et malgré un départ idéal (but de Faubert à la 5ème minute), Lyon va revenir par l’intermédiaire de Fred (1-1, 28’). Alors que les deux équipes se dirigent vers un match nul, l’inévitable Wiltord, enfant chéri puis bête noire des Girondins, vient crucifier Bordeaux à quatre minutes du coup de sifflet final (1-2, 86’). Peut-être hors-jeu au départ de l’action, l’international français prive Bordeaux d’un point mérité. Juste derrière, l’équipe se déplace à Lille, autre concurrent, et se fait nettement dominer (3-0).
La première partie de saison ressemble beaucoup à ces premiers matches. Bordeaux l’emporte face à Nice (3-2, avec un but et une passe du Brésilien Wendel pour sa première rencontre avec Bordeaux) mais perd à Marseille (2-1). Bordeaux se reprend devant Troyes (2-1) mais s’incline à Valenciennes (2-0) et ainsi de suite… Les Girondins parviennent à aller gagner au Parc des Princes (0-2) mais sont défaits à Nancy (2-1), Sochaux (2-1) et face à Rennes (1-2) à domicile. A mi-championnat, Bordeaux est 8ème et malgré des résultats acceptables, la manière utilisée par les hommes de Ricardo ne plaît guère au public bordelais.
La deuxième partie de saison va être bien meilleure. Malgré un nul face à Lorient lors de la 20ème journée (1-1, but de Chamakh à quelques minutes de la fin), les Girondins signent un authentique exploit en allant s’imposer à Lyon (1-2, but de Francia et Micoud). Malheureusement, l’équipe de Ricardo s’incline une semaine plus tard à Chaban-Delmas face à Lille (0-1), qui ne réussit décidément pas aux Girondins… Une nouvelle défaite à Nice (2-1) rend la situation compliquée pour Bordeaux qui doit battre Marseille lors de la prochaine journée afin de ne pas hypothéquer ses rêves de Ligue des Champions.
Face à l’OM, comme souvent, Bordeaux ne se manque pas. Sous une pluie diluvienne, les 22 acteurs peinent à offrir un spectacle de qualité. Le match est une bataille, dominée d’abord par les Olympiens. Bordeaux résiste et va faire la différence en seconde période. A 15 minutes de la fin, un corner est mal dégagé par Taïwo qui remet dans l’axe sur Mavuba. Le milieu bordelais envoie une reprise de volée du gauche complètement manquée. Manquée ? Pas pour tout le monde puisque Faubert, qui passait par là, est tout heureux de contrôler la balle avant de fusiller Carasso (1-0). Cette victoire donne un nouvel élan aux Girondins qui se relancent dans le championnat.
De la 24ème à la 35ème journée, les Marine et Blanc ne concèdent qu’une petite défaite, du côté de Troyes (1-0). Pour le reste, les hommes de Ricardo enchaînent quatre matches nuls (à Monaco, à Sedan, face au PSG et à Rennes), six victoires et pas des moindres. Les Girondins s’imposent contre Valenciennes à Chaban-Delmas (2-1), face à Sochaux (2-0) avec le premier but de Cavenaghi, nouvelle recrue du mercato hivernal des Bordelais et un coup franc splendide de Micoud dans la lucarne. Les Girondins battent également Nancy (3-0, doublé de Chamakh et un but de Cavenaghi) et s’imposent dans le Chaudron stéphanois (but de Fernando et Obertan).
Au soir de la 33ème journée, les Girondins reprennent la troisième avec 52 points, à égalité avec Toulouse (4ème) et à un point de Lens (2ème). Les Nordistes, justement, sont les prochains adversaires de Bordeaux.
Devant un stade comble, Bordelais et Lensois ne veulent rien lâcher. Le match débute sous une forte chaleur et Bordeaux imprime le rythme. Le premier quart d’heure n’est pas terminé que Bordeaux ouvre le score. Bien lancé sur la gauche, Wendel centre dans la surface nordiste. Texier repousse mal et Jussiê, qui passait par là, contrôle et frappe du gauche. Itandje est battu et Bordeaux mène au score (1-0). C’est bien évidemment un événement pour le nouveau brésilien des Girondins. Jussiê a commencé sa saison sous le maillot lensois et donne à ce moment de la partie le but qui permet à Bordeaux de passer devant le RCL, tout un symbole. La deuxième période sera beaucoup moins réjouissante.
A dix après l’exclusion logique de Jemmali pour un tacle à hauteur de genou sur Aruna Dindane, les Girondins vont plier sans jamais céder. Derrière un Ramé des grands soirs, les 10 joueurs et les 32000 supporters bordelais s’arrachent pour résister. Au final, Bordeaux est récompensé et prend la deuxième place, à quatre journées de la fin.
Après un bon match nul à Rennes (0-0), Bordeaux occupe la troisième place à égalité de points avec Lens. Pour le dernier match de la saison à domicile, les Girondins reçoivent Nantes, dernier du championnat. Dès le début de la rencontre, Bordeaux pousse pour débloquer la rencontre. Ils obtiennent même un penalty imaginaire suite à une chute d’Alonso dans la surface. Fernando s’élance mais Heurtebis repousse. C’est le tournant de la rencontre. Les Girondins vont se procurer kyrielle d’occasions, sans réussite. A dix minutes de la fin, Nantes place un contre meurtrier et ouvre le score par l’intermédiaire d’Oliech (0-1). Bordeaux perd le match et des points précieux face à ses poursuivants.
Après un match nul au Mans (1-1, but de Perea), les Girondins occupent la 4ème place avec Lens (57 points) alors que Marseille a assuré la deuxième place de la Ligue 1. Rennes est 5ème avec 46 points. Il s’agira donc d’un match à trois pour la dernière place en Ligue des Champions. Lens se déplace à Troyes pendant que les Girondins sont à Toulouse. Les Rennais, eux, jouent du côté de Lille.
Dans le Stadium toulousain, Bordeaux débute idéalement la partie. Wendel, d’un coup franc lointain, ouvre le score et donne de l’espoir aux supporters bordelais. Malheureusement pour l’équipe de Ricardo, les Toulousains vont passer à la vitesse supérieure. D’abord à la 37ème minute. Sur un centre de Paulo Cesar, Johan Elmander décolle et place une tête plongeante imparable pour Ramé (1-1).Au retour de la mi-temps, Toulouse démarre fort et bis repetita ! Paulo Cesar, côté droit, centre pour Elmander qui claque une nouvelle tête. Ramé touche le cuir mais pas plus. 2-1 pour le TFC. Déchaînés, les hommes de Baup vont alors enfoncer le clou. Sur une nouvelle offensive, Emana passe le ballon à Elmander. L’international suédois place une frappe croisée pour le but du 3-1. Cette fois, les Girondins posent un genou au sol et Toulouse, la tête dans les nuages, se qualifie pour le tour préliminaire de la C1. Déçu, frustré, Bordeaux termina sa saison sur une défaite difficile à digérer.
Pour son retour en Ligue des Champions, les Girondins héritent d’un groupe solide : Galatasaray, Liverpool et PSV Eindhoven. S’il existe une possibilité de se qualifier, il faudra tout de même faire fort face à des équipes plus expérimentées que Bordeaux dans la compétition reine de l’Europe.
A Istanbul, face à Galatasaray, les hommes de Ricardo font un match solide. S’ils ne parviennent pas à marquer, ils n’encaissent aucun but et prennent un point dans un contexte toujours particulier.
La qualification, Bordeaux va la laisser lors des deux matches suivants. A Chaban-Delmas, Bordeaux affronte Eindhoven puis Liverpool pour le même résultat : défaite 0-1. Certes, Les hommes au Scapulaire n’ont pas à rougir de ces deux courtes défaites mais la manière utilisée laisse perplexe. Sans occasion en deux matches, les Girondins n’ont pas réussi à se lâcher. Jamais dominateurs dans ces deux rencontres, les adversaires européens des Girondins font la différence sur l’expérience. Une action rapide dans l’axe pour Eindhoven (but de Värynen, 65ème), un corner et une tête du géant Crouch pour Liverpool (58ème).
Il faut donc espérer un exploit dans le mythique stade des Reds de Liverpool : Anfield. La rencontre démarre mal. Après 20 minutes, Gerrard donne une merveille de centre pour Crouch. Ce dernier s’efface et laisse Luis Garcia tromper Ramé d’une magnifique volée du gauche (1-0, 21ème). Cependant, les Girondins font jeu égal avec Liverpool. De retour en deuxième période, Bordeaux va même vivre un temps fort avec plusieurs occasions nettes mais sans réussite. Alors que Bordeaux domine toujours, Fernando se rend coupable d’un mauvais geste sur Riise et écope d’un carton rouge logique (67ème). La sanction va être immédiate. Cinq minutes plus tard, Zenden lance Gerrard sur un contre. Le capitaine emblématique des Reds fait le break (2-0, 72ème). La messe est dite. Liverpool marque un troisième but par l’intermédiaire de Luis Garcia (3-0, 76ème) et Bordeaux est éliminé de la Ligue des Champions, dès le 4ème match.
Galatasaray, pas plus armé que Bordeaux, se retrouve au coude à coude avec les Girondins pour la 3ème place qualificative en Coupe UEFA. A Chaban-Delmas, les Girondins démarrent bien et ouvrent le score sur une jolie frappe d’Alonso à l’entrée de la surface (22ème). Ricardo lance Obertan à la place de Darcheville dès l’entame de la deuxième période. Tout juste entré en jeu, il voit Laslandes donner deux buts d’avance à Bordeaux sur une passe de Faubert (47ème). Trois minutes plus tard, c’est le même Faubert qui coupe un coup franc de Wendel pour le 3-0 (50ème). D’abord déboussolés par ces deux buts très rapides, les Turcs vont ensuite céder à l’écœurement.
En confiance après les deux buts de Bordeaux en début de seconde période, le jeune Gabriel Obertan va se lâcher. Percutant, remuant, le jeune homme brille et élimine, les uns après les autres, les défenseurs turcs. Passement de jambes ultra-rapides, feintes de corps à tout-va, le jeune homme prouve qu’il possède un immense talent dans un match de Ligue des Champions. Le lendemain, la presse est dithyrambique. La carrière de « Gaby » est lancée !
Lors du dernier match, Bordeaux se rend à Eindhoven pour une rencontre « amicale ». Le PSV est assuré de passer la phase de poule, les Girondins, eux, savent qu’ils joueront l’UEFA. Bordeaux profite alors d’un certain dilettantisme batave pour ouvrir le score dès la 7ème minute. Faubert trompe le portier hollandais sur un bon service de Darcheville. Bordeaux va doubler la mise à la 25ème minute. Dalmat, au milieu du terrain, récupère un ballon, efface Alex avec une facilité déconcertante et part au duel avec Gomes. D’une merveille de balle piquée, l’ancien intériste lobe le géant du PSV. Tout simplement sublime ! Darcheville ajoutera un troisième but avant la mi-temps (36ème, passe de Laslandes). Alex sauvera l’honneur pour les siens en fin de match.
Au final, Bordeaux sort la tête haute de cette poule avec 7 points. Ils tomberont malheureusement quelques jours plus tard en 16ème de finale de Coupe UEFA face aux Espagnols de l’Osasuna Pampelune (0-0 ; 1-0 a.p). Le score de cette double confrontation suffit à illustrer le spectacle proposé par les deux formations.
Sur tous les fronts lors de la saison 2007-2008, les Girondins entament une jolie campagne en Coupe de la Ligue. Exemptés du premier tour en qualité de deuxième du championnat la saison passée, les Girondins se déplacent à Auxerre en 8ème de finale et l’emportent grâce à un but de Jean-Claude Darcheville (23ème, passe de Wendel).
Bordeaux reçoit Saint-Étienne en quart de finale. Il fait un froid de canard en ce mois de décembre et la rencontre est serrée. Aucune des deux équipes ne parvient à prendre l’avantage dans le temps réglementaire et il faut attendre la prolongation pour départager les deux formations. Là encore, les deux équipes limitent les risques. Dans ce genre de compétition, le premier but est très souvent décisif et les 22 acteurs le savent. Alors que la première période de la prolongation se termine, Chamakh parvient à trouver une faille dans la défense stéphanoise. A la suite d’une mésentente entre Camara, Perquis et Viviani, l’international marocain est bousculé dans la surface. Penalty pour Bordeaux. Fernando prend ses responsabilités et transforme la sentence. Les Girondins sont en demi-finale !
Bordeaux hérite du Stade de Reims, pensionnaire de Ligue 2, pour cette demi-finale. A l’extérieur, les hommes de Ricardo doivent se mobiliser pour accéder à la finale au Stade de France. Dans une rencontre peu spectaculaire mais parfaitement maîtrisée, les Girondins vont se sortir des griffes des stadistes.
La première mi-temps est vierge de but. Bordeaux domine techniquement mais Reims parvient à mettre les Girondins en danger grâce à son jeu direct. La deuxième période va être plus animée. Plus convaincants au fil de la rencontre, les Marine et Blanc trouvent l’ouverture à l’heure de jeu. A la récupération d’une balle aux 20 mètres, Florian Marange décoche une frappe vicieuse qui surprend le portier champenois (0-1, 59ème). C’est le tout premier but en professionnel de Marange qui laisse éclater sa joie sur la pelouse du Stade Auguste-Delaune. Un quart d’heure plus tard, Fernando lance Chamakh en profondeur. Alors que l’attaquant s’apprête à défier le portier de Reims, Baldé, un défenseur rémois, déstabilise Chamakh. M. Duhamel donne un penalty logique que Darcheville transforme sans trembler (0-2, 75ème). Pas abattus malgré deux buts de retard, les pensionnaires de Ligue 2 jettent leurs dernières forces dans la bataille. Ils seront récompensés à trois minutes de la fin, quand David Jemmali détourne involontairement un centre tendu dans ses filets (1-2, 87ème). Malgré des dernières minutes tendues et un carton rouge logique reçu par Jurietti, les Girondins accèdent à leur quatrième finale de Coupe de Ligue.
Pour ce dernier match au Stade de France, l’adversaire n’est pas n’importe qui. Les Lyonnais se dressent sur la route des Girondins. Assurés d’être couronnés champions, les joueurs olympiens annoncent que cette Coupe de la Ligue est un objectif. C’est d’autant plus vrai après l’élimination des Gones en Ligue des Champions face à l’AS Rome en 8ème de finale (0-0 ; 0-2).
Les Girondins, de leur côté, rêvent de glaner un trophée face à la meilleure équipe française des années 2000 tout en remplissant la vitrine du Club. Après les finales perdues de 1997 et 1998, la victoire de 2002 a rétabli la balance. Une nouvelle victoire en 2007 donnerait un équilibre parfait.
Cette finale entre Lyon et Bordeaux se place dans un contexte tendu. Les matches entre les deux formations sont émaillés d’incidents plus ou moins importants depuis quelques années (faute d’arbitrage, but à la dernière minute, fautes grossières des deux côtés). Cette nouvelle confrontation ne sera que la continuité de cette atmosphère.
Le début de rencontre est lyonnais. Privés de ballons, les Girondins restent en bloc pour ne pas subir la foudre lyonnaise. Grâce à une rigueur tactique toute « ricardienne », Bordeaux tient l’OL en respect. Certes, les joueurs au Scapulaire ne touchent pas beaucoup le ballon et ne se créent pas d’occasions mais la force offensive lyonnaise est sous l’éteignoir. Et quand la défense bordelaise laisse des espaces, c’est Ulrich Ramé qui sort le grand jeu. Pendant les trente premières minutes, le portier international des Girondins est très rassurant, repoussant tour à tour les tentatives lointaines de Juninho sur coup franc ou un missile de 35 mètres de Jérémy Toulalan.
Lors de la deuxième période, les deux équipes font jeu égal. Bordeaux se procure une bonne opportunité par Faubert alors que Lyon n’a plus d’occasions dangereuses. Cette deuxième partie de rencontre est plutôt un règlement de compte entre joueurs. Chamakh doit sortir à la pause après un tacle très sévère de Clerc. Fred, Malouda et Jurietti en viennent pratiquement aux mains après plusieurs accrochages… Darcheville peste à chaque coup de sifflet pour Lyon et Juninho ne fait guère mieux dans le sens inverse. Au niveau du jeu, cette finale 2007 ne restera pas dans les mémoires.
Seulement voilà, d’abord bousculés en première mi-temps, les Girondins paraissent de mieux en mieux. Reste à marquer un but. Le temps réglementaire file tranquillement et tout le monde se dirige vers une prolongation logique. A deux minutes de la fin, Darcheville tente une percée côté droit mais il est stoppé. Reste un corner à jouer.
Micoud pose le ballon et frappe un corner sortant. Henrique fait un bond phénoménal et donne l’impression de rester dans les airs. Le défenseur central bordelais est 30 centimètres au-dessus de Squillacci et Cris et parvient à frapper le ballon du front. Dans le même temps, Vercoutre (qui remplace Coupet en Coupe de la Ligue) sort à contre temps et se trouve à un mètre du ballon lorsqu’Henrique frappe. Le ballon transperce le filet et Bordeaux mène au score sur sa seule « occasion » de la partie (0-1, 89ème). Pendant dix secondes, le Stade de France n’est qu’un grand Chaban-Delmas. Les supporters bordelais sont ivres de bonheur, tout comme Henrique qui court comme un dingue vers le virage lyonnais, mime la sortie d’une mitraillette et les tirs qui s’en suivent vers le camp lyonnais. Les trois minutes du temps additionnel ne donnent rien. Lyon n’a plus le cœur à repartir au combat et les défenseurs bordelais organisent un concours de dégagement en tribune. C’est fini ! Les Girondins remportent la Coupe de la Ligue devant l’OL et s’offre une soirée de folie sur Paris…