Les années 2000 : Label UEFA

lundi 14 juin 2010 - 11h48

Champions en titre
 

Après cette saison de folie, avec un cinquième titre de champion de France à la clé, les Girondins de Bordeaux doivent assumer leur statut et faire face aux futures échéances. Il y a bien sûr un titre à défendre mais aussi une participation à l’excitante Ligue des Champions, une épreuve que les Marine et Blanc n’ont jamais disputé. La dernière fois que le club aquitain s’était qualifié pour la plus prestigieuse des compétitions européennes, il s’agissait encore de la Coupe des Clubs Champions.

L’équipe d’Elie Baup repart au complet mais l’effectif connaît quelques modifications. Le premier départ officiel est celui d’un des quatre membres du carré magique des Girondins : Ali Benarbia. Le milieu de terrain signe au Paris Saint Germain et quitte donc Bordeaux après une saison seulement. Kizito Musampa part également et rejoint les rangs de Malaga, en Espagne. Ivan Perez, Delaroche, Ardouin, Torres Mestre, Ferrier, Gomis, Da Rocha et Anselin quittent également le club au Scapulaire après le titre. Les Girondins s’activent donc pour trouver des remplaçants capables de relever des challenges de haut niveau.

Jean-Christophe Rouvière arrive en provenance de Montpellier. Sur les bords de la Paillade, le milieu défensif vient de vivre cinq saisons pleines en Ligue 1 et débarque à Bordeaux avec l’envie de franchir un cap. Jérôme Bonnissel, latéral gauche, et Stéphane Ziani, milieu de terrain créatif viennent tous deux de la Corogne. C’est le retour de Ziani dans l’effectif bordelais après une première saison en 1996-1997. Battles pose également ses valises sur les bords de la Garonne qu’il n’a jamais vraiment quitté d’ailleurs puisque le milieu de terrain a joué toute sa carrière à Toulouse avant d’user ses crampons sur les pelouses de Plaine des Sports.

Pour cette nouvelle saison, Bordeaux espère faire aussi bien que l’année précédente mais l’entreprise sera délicate. Les rivaux bordelais (Marseille, Monaco, Paris, Lens ou encore Lyon) se sont aussi renforcés et la lutte promet d’être âpre entre tous ces prétendants.

Lors des trois premiers matches de la saison, Bordeaux parait enchaîner sur les bases de l’année passée. Après avoir battu Bastia lors du premier match de la saison à domicile (3-2) et obtenu un nul entre terre héraultaise (2-2 à Montpellier), Bordeaux passe quatre buts à Troyes lors de la 3ème journée (doublé de Ziani et de Laslandes). Tout commence bien mais assez vite, les Marine et Blanc vont déchanter en réalisant une bien mauvaise série de quatre matches sans victoire, concédant trois défaites pour un match nul. Cela a pour effet immédiat de décrocher Bordeaux au général même si les joueurs de Baup vont rapidement prouver qu’ils n’étaient pas champions de France pour rien la saison dernière. Ils vont notamment battre Monaco (3-2) et Marseille (2-1) à domicile ou Nantes à l’extérieur (0-1). Malheureusement, la fin des matches aller ne sera pas du même acabit et au soir de la 17ème journée, après un match nul enthousiasmant à Lens (3-3), les Girondins pointent à la 6ème place du classement, à douze points du leader monégasque. Un handicap important mais pas insurmontable, d’autant plus que Bordeaux va faire les efforts pour attirer de nouveaux joueurs de qualité pendant le mercato d’hiver.

Le retour du fils prodigue
 

Après une victoire face au Stade Rennais le 17 décembre 1999, la période des transferts s’ouvre. Une période qui est souvent qualifiée d’ajustement de l’effectif puisque le temps imparti aux tractations est beaucoup plus réduit. Pourtant, les Girondins de Bordeaux vont faire le gros coup de ce mercato en faisant signer le fils prodigue : Christophe Dugarry. Le champion du Monde 1998, formé au club, revient donc en Gironde après deux ans sur la Canebière. Pour réaliser l’opération, le club au Scapulaire a dû casser sa tirelire mais peu importe, Bordeaux retrouve son « chouchou ». Bordeaux fera d’ailleurs une autre belle opération avec la signature de Legwinsky. Barré à Monaco, le milieu défensif trouve ainsi un challenge intéressant pour se relancer. Malheureusement, le premier match des deux hommes sera difficile puisque Bordeaux s’incline au Stade Saint Symphorien face à Metz (2-1).

Dans la deuxième partie de saison, les Girondins vont réaliser de très bons résultats comme lors des victoires à domicile face à Strasbourg (3-0), Nantes (3-0) ou encore Le Havre (3-0). Ils vont même réussir l’exploit de l’emporter au Stade Vélodrome (0-2). Une performance que Bordeaux n’avait pas réalisée depuis 1945 ! Ironie de l’histoire, c’est Christophe Dugarry qui ouvre le score au Stade Vélodrome en reprenant d’une tête rageuse un centre de Lilian Laslandes. C’est d’ailleurs l’attaquant pauillacais qui parachèvera le succès marine et blanc d’une frappe limpide dans le petit filet à moins de dix minutes du terme. Un vrai bonheur pour tous les supporters bordelais.

Malheureusement, Bordeaux va aussi connaître des défaites amères dans cette deuxième partie de saison. Les Girondins s’inclinent à Auxerre (1-0) à quatre minutes du coup de sifflet final. Même constat à Monaco où Ramé s’incline sur un « missile » du Norvégien Riise. De 35 mètres, le futur joueur de Liverpool envoie une frappe magnifique. Le ballon se loge dans la lucarne de Ramé alors qu’il restait moins de dix minutes à jouer.

A deux journées de la fin, les Girondins sont dans le coup pour une nouvelle qualification en Ligue des Champions. Avec un match à jouer face à Lens à domicile et un déplacement à Bastia, les supporters marine et blanc peuvent légitimement y croire. Bordeaux reste sur six victoires consécutives et entend bien finir le travail à Lescure. Pour la réception des Sang et Or, plus de 32200 spectateurs se sont massés dans l’antre bordelais pour voir le dernier match de la saison. Les hommes au Scapulaire démarrent bien la rencontre mais se font prendre sur un premier but de Nouma (25ème). L’attaquant nordiste signe même un doublé à dix minutes de la mi-temps. Coup de froid sur le stade. En deuxième période, les Girondins reprennent des couleurs et Ziani transforme en but un centre en retrait de Bonnissel (1-2, 65ème). Il reste 30 minutes à jouer et Bordeaux va tout donner. Malheureusement pour eux, les Lensois vent tenir. Ils seront même à un cheveu du 1-3 après une frappe repoussée par Ramé sur la barre transversale que Sakho ne peut reprendre. Les Marine et Blanc s’inclinent à domicile 1-2. le match nul à Bastia (1-1) en clôture de la Ligue 1 ne suffira pas et Bordeaux manque la qualification pour la plus prestigieuse des compétitions européennes pour deux points seulement. C’est l’Olympique Lyonnais qui accompagnera Paris et Monaco en Ligue des Champions. Le club de la Principauté s’offre le titre de Champion de France avec sept unités d’avance sur le club de la capitale.

Bordeaux découvre la Ligue des Champions
 

En remportant son 5ème titre de Champion de France lors de la saison précédente, le club aquitain s’est par la même octroyé une place pour la Ligue des Champions. Les Marine et Blanc tombent sur un premier tour jouable avec le Sparta Prague, le club hollandais de Willem II Tilburg et le champion de Russie, le Spartak Moscou.

Lors de la première journée, les Girondins vont obtenir un bon point à Prague (0-0) grâce à un Ramé décisif. Le portier bordelais repousse d’abord un penalty avant de réaliser un magnifique arrêt réflexe sur la ligne. Bordeaux aurait également pu ouvrir le score par Laslandes mais au final, Bordeaux commence bien sa campagne européenne. Elle l’a poursuit sur de bonnes bases en battant Willem II (3-2) et Moscou (2-1) à Bordeaux. Face aux Russes, la rencontre sera très disputée et les deux buts d’avance ne seront pas de trop ! Moscou réduit la marque à la 65ème minute de jeu après les buts de Wiltord et Micoud. Il faudra une grande parade d’Ulrich Ramé à deux minutes de la fin du match pour préserver la victoire bordelaise.

Bordeaux retrouve d’ailleurs les Moscovites pour la quatrième journée, cette fois au Stade Luzhniki. Dans un froid polaire, Bordeaux résiste aux premiers assauts avant de porter une première estocade par Micoud (0-1, 21ème). Cependant, le Spartak va réagir en début de deuxième mi-temps et transformer un penalty (1-1, 55ème). Dès lors, les joueurs de la capitale russe vont tout donner pour emporter la décision mais Wiltord va redonner l’avantage aux siens à un quart d’heure de la fin. Les joueurs du Spartak vont chercher à égaliser dans un dernier quart d’heure à sens unique mais la défense des Girondins tient le choc. L’équipe glane trois points extrêmement importants pour la suite de l’aventure. Lors des deux derniers matches, les Marine et Blanc prennent deux points (deux fois 0-0) et s’ouvrent les portes de la deuxième phase de poule.

Le gotha à Lescure
 

A la lecture du tirage au sort, les supporters aquitains se disent certainement que la Ligue des Champions n’a jamais aussi bien porté son nom. Trois nouvelles équipes viendront défier Bordeaux : la Fiorentina de Rui Costa et Batistuta, Manchester United, champion d’Angleterre et les Espagnols de Valence. Un menu copieux.

Lors de la première rencontre, les Marine et Blanc sont sèchement battus en Espagne après avoir livré une bonne première heure de jeu. Le premier but espagnol de Farinos (1-0, 60ème) fera très mal à Bordeaux qui encaissera deux nouveaux buts pour une défaite 3-0. Les Girondins tentent de se remettre de leurs émotions pour la réception de la Fiorentina mais les attaquants bordelais tombent sur un Toldo des grands soirs. L’international italien repousse tout et permet à son équipe de revenir avec un point en Italie (0-0). Il va donc falloir aller chercher des points à l’extérieur mais la tâche n’est pas aisée puisqu’il faut se déplacer dans le « Theatre of Dreams » de Manchester United. Dans cette rencontre, Bordeaux montre qu’il possède des armes mais la machine mancunienne est sans pitié, Bordeaux est battu 2-0 sur des réalisations de Giggs et Sheringham.

Avec un point en trois matches mais deux rencontres à disputer à domicile, tout n’est pas fini. Le premier adversaire des matches retours est Manchester. Arrivés avec leur pléiade de stars (Beckham, Giggs, Keane, Scholes, Stam ou encore Cole), les Anglais vont être surpris par le départ tonitruant des Girondins. A la 7ème minute, Michel Pavon envoie un « exocet » des 25 mètres que le portier des Red Devils ne peut saisir. Bordeaux mène 1-0 dans une ambiance de folie. Malheureusement, l’euphorie sera de courte durée pour les Marine et Blanc. A la 23ème minute de jeu, Laslandes tacle Beckham qui s’écroule au sol alors que le Médocain ne l’a pas touché. Loin de l’action, l’arbitre sanctionne Lilian qui écope d’un deuxième carton jaune juste après en avoir pris un premier une minute plus tôt ! Il n’y avait pas faute mais l’arbitre est clair et Bordeaux est à 10. Pire, les Marine et Blanc vont encaisser un but de Keane dix minutes plus tard alors que l’Irlandais est en position de hors-jeu ! C’est trop lourd pour les Girondins qui vont s’accrocher mais sans succès. Manchester, à l’expérience, marque un deuxième but et ruine les espoirs bordelais. C’est le « baby face killer » Ole Gunnar Solskjaer qui l’inscrit et Bordeaux est éliminé.

Les Girondins perdront ensuite à Chaban-Delmas devant Valence (1-4) avant de finir par un beau match nul à Florence (3-3). Beaucoup de jeunes joueurs avaient eu la chance de faire ce voyage, le résultat n’en fut que plus beau.

Bordeaux se souviendra de Calais
 

Après avoir éliminé les Alsaciens de Schiltigheim (1-3), les Corses de Porto-Vecchio (1-4), le FC Metz (1-0) et les Crocodiles nîmois (1-0), les Girondins accèdent aux demi-finales de la Coupe de France face à Calais. Les Nordistes évoluent en CFA soit le quatrième échelon national. Facile pour Bordeaux ? C’est ce que beaucoup d’équipes professionnelles se sont dit en rencontrant la formation de Lozano et notamment Strasbourg, éliminé 2-1 au tour précédent.

La rencontre se joue forcément à domicile pour Calais qui accuse une différence de plus de deux divisions avec les Girondins. Pour des raisons évidentes, la partie ne peut se dérouler à Calais et c’est donc le Stade Bollaert de Lens qui accueille le match. Durant toute la rencontre, les deux équipes vont se livrer un beau duel, un vrai « match de coupe ». Saveljic touche la barre du but calaisien au retour des vestiaires mais les Nordistes donnent aussi du travail à Ramé. Au bout des 90 minutes de jeu réglementaires, personne n’a inscrit le moindre but et il faut recourir à une prolongation. C’est dans cette demi-heure supplémentaire que les Girondins vont craquer. Ils encaissent d’abord un superbe but de Jandeau à la 100ème minute. Bollaert, où plus de 38000 sièges ont trouvé preneur, acclament les héros calaisiens mais Laslandes va remettre tout le monde dans le rang en égalisant huit minutes plus tard. Dans les minutes suivantes, les amateurs refont le coup en marquant un deuxième but ! Cette fois, les Girondins n’ont plus le choix et attaquent à tout va pour égaliser. Sur un contre, Calais sonne le glas bordelais et enfonce le clou par Gérard (3-1, 119ème). Cette fois la messe est dite et les joueurs de CFA éliminent le champion en titre bordelais. Une triste soirée pour les supporters du Scapulaire qui rappelle à tous ce qu’à vécu le Milan AC, un certain soir de 1996…

2000-01, une ressemblance frappante
 

Les Girondins entament la saison 2000-2001 avec la ferme intention de se qualifier une nouvelle fois pour l’Europe et si possible pour la Ligue des Champions. Elie Baup repart avec son staff mais l’équipe bordelaise connaît quelques changements. Plusieurs cadres du titre de 1999 quittent la formation girondine. Johan Micoud rejoint la Serie A et Parme. Corentin Martins, prêté la saison dernière par Strasbourg repart en Alsace de même que Torres Mestre qui rallie le Betis Séville. Ziani retourne à Nantes et Rouvière part à Toulouse après une petite saison sous les couleurs bordelaises. Cependant, un transfert va occuper les colonnes des gazettes sportives pendant l’intersaison, celui de Sylvain Wiltord. Le problème est simple : les dirigeants bordelais veulent conserver l’attaquant international, l’entraîneur bordelais également mais le joueur veut absolument quitter la Gironde. Wiltord ira même jusqu’au bras de fer avec les Girondins, refusant de s’entraîner avec le groupe professionnel. Le joueur, comme très souvent dans pareille situation, obtiendra gain de cause tant il est difficile de retenir un joueur ayant la tête ailleurs. Wiltord signera finalement à Arsenal et rejoindra la colonie française de Wenger avec Henry, Vieira et consorts.

Certes, la liste de départs peut faire craindre le pire aux supporters du Scapulaire mais pour compenser cette fuite de talent, les dirigeants bordelais vont faire signer des joueurs de qualités. Bruno Basto, grand espoir du football lusitanien, arrive en provenance du Benfica Lisbonne. David Sommeil signe également en provenance de Rennes. Smertin, milieu défensif international russe et Wilmots, milieu offensif de l’équipe nationale de Belgique, posent leurs valises sur les bords de la Garonne. Enfin, Alain Roche revient au Haillan. Formé à Bordeaux, Roche avait débuté en première division avec les Tigana, Giresse et Girard. Cette fois, il revient dans le club de ses débuts pour mettre un terme à sa brillante carrière.

Le championnat débute difficilement pour les Marine et Blanc qui signent trois nuls et deux défaites lors des cinq premières journées. La saison va vraiment débuter face à Nantes au Stade de la Beaujoire. Quelques jours plus tôt, le 31 août pour être précis, les Girondins font signer Pedro Miguel Carreiro Resendes dit Pauleta. Attaquant international portugais, Pauleta vient du Deportivo La Corogne. Il est plutôt méconnu en France mais ne va pas tarder à se faire un nom. A la Beaujoire, il dispute sa première rencontre sous le maillot au Scapulaire et signe un triplé en une heure de jeu ! Une performance remarquable pour un joueur étant à Bordeaux depuis moins d’une semaine. Au final, les Marine et Blanc gagnent 0-5 et signent là le plus beau succès du club à l’extérieur depuis sa création.

La saison sera d’ailleurs si bien lancée que Bordeaux ne perd qu’une fois sur la phase aller. Au soir de la 17ème journée (le championnat en compte 34 à cette époque), les marine et blanc sont champions d’automne avec un point d’avance sur le deuxième, Lille.

Dans la deuxième partie de saison, Bordeaux connaît plus de difficultés. Les Girondins ne parviennent pas à rééditer leur première moitié d’année mais sont en position favorable pour accrocher la Ligue des Champions à deux journées de la fin. Troisièmes, les hommes de Baup reçoivent Sedan avant d’aller à Metz. Lors du premier match, Bordeaux ne parvient pas à battre les Ardennais (2-2, buts de Roche et Pauleta) et perd lors de la dernière journée face à Metz. C’est cruel mais comme la saison précédente, les Marine et Blanc manquent la Ligue des Champions pour deux points et c’est le LOSC qui monte sur la troisième marche du podium. Au passage, il faut saluer la performance lilloise cette saison-là. Lille parvient à se qualifier pour la Ligue des Champions alors que les Nordistes étaient promus en Ligue 1 !

Néanmoins, les Girondins montrent encore leur régularité au plus haut niveau français puisque les Aquitains décrochent une nouvelle fois une qualification pour l’Europe via le championnat. C’est la cinquième qualification consécutive des Bordelais pour l’Europe.

De grands moments européens
 

Les Girondins ne connaissent pas l’ivresse de la Ligue des Champions mais les adversaires successifs de Bordeaux seront d’une grande qualité. Au premier tour, les Girondins se débarrassent aisément des Belges de Lierse. A l’aller, dans le plat pays, les Bordelais ramènent un bon 0-0 avant de gagner 5-1 à Lescure au match retour (triplé de Pauleta).

Au deuxième tour, les choses deviennent plus sérieuses. Bordeaux accueille un mythe du football européen : le Celtic Glasgow. Les Ecossais ne font pas partie du gotha européen mais le public des Verts et Blanc, à lui seul, peut vous faire ressentir le « must » de la Coupe d’Europe. Au match aller, les supporters du Celtic ne trahissent pas leur légendaire réputation. Leur nombre est tel qu’ils remplissent quasiment entièrement le Virage Nord du Stade ! Le match se solde sur le score de 1-1 (but de Dugarry). Un score difficile car les Girondins doivent gagner ou faire match nul en marquant deux buts pour passer. Au retour, Moravcik ouvre le score pour le Celtic dans une ambiance de folie mais Laslandes remet tout le monde à égalité parfaite en égalisant à dix minutes de la fin du match. Le Médocain arrache une prolongation dans laquelle il va briller. A cinq minutes de la séance de tirs au but, il inscrit son deuxième but personnel sur une passe de Basto. Touché, le Celtic ne reviendra pas et Bordeaux signe une de ses plus probantes victoires à l’extérieur en Coupe d’Europe.

Les Allemands du Werder de Brême se présentent au troisième tour. Encore une fois, le match aller à lieu à Lescure. Pizarro ouvre le score pour le Werder mais Bordeaux va cette fois assurer la qualification dans son enceinte en passant quatre buts aux Allemands. Un but de Dugarry, un de Battles et un doublé de Wilmots permettent à Bordeaux d’aborder le match retour en confiance. En réalisant un nul (0-0) de l’autre côté du Rhin, les Girondins s’ouvrent toutes grandes les portes des 8ème de finale.

C’est à ce stade de la compétition que la belle histoire va s’arrêter. Les Girondins tombent sur le Rayo Vallecano, une équipe de la banlieue madrilène. Cette fois, Bordeaux joue le premier match à l’extérieur. Au bout de deux minutes de jeu, Laslandes ouvre le score pour son équipe. Les Girondins vont ensuite manquer de réussite et encaisser quatre buts dans un match où les hommes au Scapulaire ont touché trois fois les montants ! Bien que la qualification soit encore possible, le match retour ne permettra pas à Bordeaux de faire son retard. Au bout de 20 minutes de jeu, l’arbitre, M. Dougal expulse Ramé et donne un penalty en faveur des Espagnols. Menés à la marque et réduit à 10, Bordeaux ne pourra pas revenir et concédera même la défaite sur sa pelouse (1-2).

Le 27 janvier 2001, la municipalité bordelaise décide de rendre un hommage à Jacques Chaban-Delmas, décédé quelques jours plus tôt. Maire historique de Bordeaux et proche de Charles de Gaulle aux premières heures, le nom de Chaban-Delmas est désormais associé à l’enceinte bordelaise. Certes, le changement mettra un peu de temps à entrer dans les mœurs mais désormais, le nom de Stade Chaban-Delmas est désormais utilisé par tous et a remplacé définitivement le nom de Parc Lescure.

2001-02, une saison contrastée
 

A l’entame de la saison 2001-2002, l’objectif initial des Marine et Blanc n’a pas changé : obtenir une qualification européenne via le championnat et tenter de faire le meilleur parcours possible dans les épreuves de Coupes.

Comme de coutume, le mercato estival est animé à Bordeaux. Le Belge Wilmots quitte le club au Scapulaire et rejoint Schalke 04 en Allemagne. Saveljic part également dans le Doubs direction Sochaux. Feindouno est prêté à Lorient, promu en Ligue 1. Une saison qui permettra au jeune guinéen de franchir un cap et de s’assurer au passage un temps de jeu confortable. Le départ le plus notable est certainement celui de Lilian Laslandes. Après quatre saisons au Haillan, l’enfant du pays décide de tenter sa première expérience à l’étranger en rejoignant Sunderland.

Au rayon des arrivées, Bordeaux montre sa volonté de recruter sud-américain. L’attaquant brésilien du PSG, Christian, rejoint les bords de la Garonne pour former un nouveau duo d’attaque avec Pedro Pauleta. Les Girondins misent également sur Paulo Miranda en provenance de Vasco de Gama et Eduardo Costa, jeune international « auriverde » qui évoluait jusque là au Gremio Porto Alegre. Enfin, le créateur lyonnais Vikash Dhorasoo rejoint Bordeaux sous forme de prêt. Avec ces quatre recrues et les joueurs majeurs déjà au club (Dugarry, Pauleta, Ramé, Roche…), Bordeaux semble armé pour jouer les premiers rôles dans ce championnat.

La saison va d’ailleurs très bien commencer puisque Bordeaux bat Nantes lors de la première journée à Chaban-Delmas (2-0, buts de Pauleta et de Paulo Miranda). Malheureusement, ce sera la seule victoire bordelaise en championnat jusqu’à la 8ème journée, les marine et blanc enchaînant quatre matches nuls et deux défaites. Globalement, les joueurs de Baup réussissent une première partie de saison intéressante avec 7 victoires, 6 nuls et 4 défaites. Ils pointent à la 6ème place de la première division au soir de la 17ème journée. Ambitieux, les hommes au Scapulaire en veulent pourtant plus. Ils ont réussi des résultats très intéressants (match nul au Vélodrome 0-0, victoire à domicile face à Paris 1-0) mais ils ont aussi perdu des points (défaite à domicile face à Troyes 2-3, matches nuls devant Lille et Auxerre à Chaban-Delmas). Cependant, à six points de Lyon (33 points), deuxième du classement devant Lens (35 points), les pensionnaires du Haillan ont encore largement leur destin entre leurs mains.

Durant la deuxième moitié de championnat, Bordeaux ne va pas parvenir à faire de meilleurs résultats. Pire, les Marine et Blanc vont concéder huit défaites de rang. Certaines sont difficiles à accepter car les rencontres se jouent sur des détails (défaite à domicile devant Sochaux et Lyon 0-1, à Paris et Sedan 1-0). Cependant, Bordeaux réalise également moins de matches nuls (2 en 17 rencontres) et compile sept victoires. Malgré tous leurs efforts, les Girondins ne parviendront pas à se hisser sur les places européennes et terminent à la 6ème place du championnat, à huit longueurs du quatrième, le PSG. A noter que Lyon est couronné champion de France pour la première fois de son histoire grâce à un finish époustouflant. Personne n’imagine alors que ce titre sera le premier d’une longue série. Et Bordeaux dans tout cela ? Certes, les hommes de Baup n’ont pas réussi à aligner une nouvelle qualification européenne en championnat mais l’équipe au Scapulaire va rappeler à ses supporters qu’il existe bien d’autres moyens d’accéder aux joutes européennes. Des moyens qui donnent généralement plus de frissons.

Bordeaux ajoute une coupe au palmarès
 

Si Bordeaux avait perdu deux finales de Coupe de la Ligue consécutives en 1997 et 1998, l’épreuve de la LFP va cette fois sourire aux Girondins.

Lors du premier tour, en 16ème de finale, Bordeaux se déplace sur la Côte d’Azur pour affronter l’AS Cannes. En cinq minutes, Smertin et Dhorasoo donnent deux buts d’avance à Bordeaux (63ème et 68ème) et le but de Durix (89ème) pour Cannes ne changera rien. Bordeaux se hisse en 8ème de finale.

C’est à ce stade de la compétition que les choses sérieuses commencent. Bordeaux a la chance de jouer à domicile mais c’est l’Olympique Lyonnais qui rend visite aux Girondins. Bordeaux va réaliser une très bonne première période et matérialiser ce temps fort par un but de Miranda juste avant le repos. En deuxième mi-temps, les Lyonnais tentent de déstabiliser Bordeaux et parvient à faire son retard à dix minutes du terme par l’intermédiaire de Luyindula (1-1, 80ème). Le temps réglementaire est terminé et il faut disputer une prolongation. Pas facile pour les deux formations. En effet, la rencontre se dispute juste après la trêve hivernale (le 8 janvier précisément) et les organismes sont déjà durement sollicités.

Chaque équipe va se créer des occasions. Le jeune Auriac, qui joue ce soir-là son premier match professionnel, manque l’occasion de tromper Coupet d’une belle frappe du gauche mais en face, Sonny Anderson aurait également pu porter l’estocade. Finalement, chaque équipe repart dos à dos et c’est la séance de tirs au but qui départagera les équipes.

Dans le but bordelais, Frédéric Roux va se montrer décisif. Elie Baup a choisi l’alternance en Coupe de la Ligue et la doublure de Ramé peut alors trouver du temps de jeu. Pauleta et Juninho marquent chacun un penalty pour leur équipe puis Sommeil et Chanelet manquent tous deux. Dhorasoo et Müller marquent. Après trois tirs au but, les équipes sont à égalité 2-2. Costa transforme son tir pour Bordeaux mais Roux parvient à détourner celui de Christophe Delmotte ! Explosion de joie dans Chaban-Delmas. Bruno Basto s’avance. S’il marque, c’est gagné pour Bordeaux. Il s’élance… et transforme sa tentative. Le groupe bordelais se rue sur Basto qui tente de lui échapper. Bordeaux est qualifié.

Monaco, Paris et Lorient
 

En quart de finale, c’est Monaco qui se dresse sur la route bordelaise. Pour cette rencontre, Bordeaux peut compter sur un nouveau joueur arrivé au mercato hivernal : Camel Meriem. Arrivé en provenance de Sochaux, le meneur de jeu débarque à Bordeaux pour franchir un palier. Très à l’aise techniquement, Camel a des faux airs de Zidane même s’il ne possède pas son aura.

Il ne tardera pas à se signaler dans ce Bordeaux – Monaco. A la 18ème minute, il dépose un corner sur Costa qui ouvre la marque pour les Marine et Blanc. En deuxième période, Bordeaux va parvenir à doubler la mise par l’inévitable Pauleta sur une passe de Dugarry (56ème) mais Gallardo remet Monaco dans le sens de la marche en inscrivant un penalty à Roux (2-1, 58ème). Les Monégasques tenteront bien de revenir à 2-2 mais sans succès. La défense bordelaise et son gardien repoussent toutes les tentatives. Bordeaux réussit à atteindre les demi-finales de la compétition. Le prochain adversaire sera Paris avec un match au Parc des Princes.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’avant match aura été mouvementé. Par voie de presse, Christophe Dugarry et Frédéric Déhu se chambrent copieusement. Cette ambiance pèse sur la rencontre qui va se jouer dans une atmosphère plus que tendue. En première période, les deux formations se neutralisent et le repos est sifflé sur le score de 0-0. En deuxième mi-temps, l’ambiance monte encore d’un ton. Au final, les Girondins écoperont de trois cartons jaunes tandis que les Parisiens en récolteront six !

A dix minutes de la fin, les deux équipes sont toujours dos à dos quand Christophe Dugarry hérite d’un ballon dans la surface de réparation parisienne. L’international français contrôle la balle mais Frédéric Dehu est déjà sur les talons du bordelais. Le défenseur parisien fauche Dugarry qui n’attendait que cela et M. Veissiere n’hésite pas. L’homme en noir désigne le petit point blanc à la stupeur des Parisiens. Dehu, Fernandez et tout le Parc des Princes cherchent à influencer l’arbitre mais ce dernier ne bouge pas d’un cil. Pauleta pose le cuir et transforme la sentence. Les Girondins mènent 1-0. De tendue, l’ambiance va alors devenir exécrable. Bernard Mendy, entré à un quart d’heure de la fin de la rencontre, est exclu moins de dix minutes après son entrée en jeu ! Deux minutes après, c’est le tandem d’entraîneurs parisiens, composé de Luis Fernandez et Jean-Louis Gasset, qui se voit expulsé après des protestations trop véhémentes vers le corps arbitral. Le match se termine dans la confusion la plus totale mais peu importe, les Girondins sont qualifiés pour la finale, la troisième en cinq saisons dans la compétition de la Ligue de Football Professionnel.

Bordeaux assume son statut
 

Lorient. Les Merlus se sont qualifiés pour la finale de la Coupe de la Ligue 2002 après une saison de Ligue 1 délicate. Promus, les Lorientais luttent pour se maintenir mais ils affichent une étonnante réussite en Coupe puisqu’ils se sont qualifiés pour la finale des deux épreuves nationales. Dans les rangs des Merlus, nous retrouvons Pascal Feindouno, prêté par le club au Scapulaire pour s’aguerrir en tant que titulaire. Jean-Claude Darcheville, révélation de la saison et auteur de 19 réalisations en Ligue 1, intéresse également les marine et blanc puisque « Darch’ » est un supporter bordelais de la première heure. Les Girondins décident donc de signer cet attaquant surpuissant et prometteur avant la fin de la saison.

Pour cette finale de la Coupe de la Ligue 2002, les Girondins partent largement favoris. Ils doivent assumer ce statut même si, sur une finale, tout peut arriver.

La partie débute très rapidement. Dès la 5ème minute, Camel Meriem s’empare du cuir et accélère dans le camp breton. Il décale Jemmali sur le côté droit qui lance Pauleta dans la profondeur. A la limite du hors-jeu, l’Aigle des Açores fixe le portier adverse et envoie une frappe du droit imparable. Le match début à peine et les Marine et Blanc mènent 1-0 sur leur première occasion. Rien de mieux pour se mettre en jambe. En face, les Bretons tentent de se relever de ce difficile départ et repartent de l’avant. Pendant la première période, les Girondins dominent sans pour autant doubler la mise. En face, les Lorientais se montrent par intermittence grâce à la technique de Feindouno ou la patte gauche de Bedrossian.

Malgré tout, les hommes de Baup vont réussir le coup parfait juste avant le repos. Avoir ouvert le score au bout de cinq minutes est un bon début. En marquant à trois minutes du repos, cela ressemble au coup parfait. L’international russe Alexeï Smertin envoie une frappe puissante de volée dans l’axe du but suite à une montée des Aquitains. Le Garrec, le gardien de Lorient, repousse le ballon mais Meriem est déjà au sprint pour récupérer l’offrande. Sa frappe du plat du pied droit est imparable et Bordeaux mène 2-0 ! Camel court vers le virage bordelais pour communier avec le public. Une magnifique récompense pour ce jeune joueur arrivé sur les bords de la Garonne il y a six mois.

En deuxième période, Bordeaux gère son avantage. Touchés psychologiquement, les Lorientais savent néanmoins qu’un petit but peut les remettre dans le coup. Les Girondins redoublent de vigilance pour ne pas se mettre en danger. Mieux, ils vont porter l’estocade finale sur un but magnifique, certainement un des plus jolis de Pauleta pendant sa période girondine.

Sur une ouverture de Dhorasoo côté droit, Dugarry effectue un contrôle parfait de la poitrine. Dos au but, il n’attend pas que la balle retombe et centre à l’aveugle vers Pauleta qui attend le cuir au point de penalty. Le ballon est parfait, l’action, très fluide. Les défenseurs bretons courent vers l’international portugais pour l’empêcher de frapper mais l’Aigle a déjà pris son envol. Pauleta décolle, effectue une reprise de volée acrobatique et envoie le ballon dans le coin droit du but. Le Garrec plonge mais il a déjà compris. Bruit de filet. Explosion des supporters bordelais. Le n°22, tout sourire, célèbre ce but comme les autres et vient congratuler « Duga » pour le service en or (60’). 3-0 pour les Girondins qui savent désormais que la coupe va prendre le chemin du Haillan.

Au coup de sifflet final, les joueurs, le staff et tous les amoureux du Scapulaire peuvent lever les bras au ciel. Les Girondins gagnent leur toute première Coupe de la Ligue et se qualifient ainsi directement pour la prochaine édition de la Coupe de l’UEFA. Une aubaine pour les Girondins qui terminent à la 6ème place en Ligue 1. C’est également le deuxième trophée de l’ère Baup après le titre de Champion de France 1999. Une belle récompense pour Dugarry, Pauleta et consorts. Cette génération exceptionnelle de joueurs aura permis à Bordeaux de lever le premier trophée du club dans le 21ème siècle.

Pour mémoire, voici la composition de l’équipe qui a gagné la Coupe de la Ligue en 2002 :
Roux – Jemmali, Afanou, Sommeil, Basto – Meriem (Miranda, 87’), Smertin, Costa, Dhorasoo – Dugarry (cap.), Pauleta (Sanchez, 88’).

2002-03, l’histoire se répète
 

A l’orée de la saison 2002-2003, les Girondins misent sur la stabilité de leur effectif pour pouvoir atteindre l’objectif du club : se qualifier pour une compétition européenne, si possible via le championnat. Bien que 6ème du classement la saison précédente, l’effectif bordelais a montré que l’on pouvait compter sur lui lors de la victoire en Coupe de la Ligue.

Les Marine et Blanc officialisent rapidement l’arrivée de Jean-Claude Darcheville au sein du club au Scapulaire. Entérinée de longue date, sa signature est un gros coup pour Bordeaux car beaucoup de clubs de Ligue 1 voulaient s’attacher les services de la révélation de l’exercice 2001-2002 (19 buts). Il est rejoint par son compère lorientais Feindouno qui revient de prêt après une bonne saison en Bretagne. Le jeune espoir portugais Marco Caneira s’engage également. En provenance du Benfica Lisbonne, le joueur appartient en fait à l’Inter de Milan mais le Lusitanien n’aura jamais joué sous les couleurs du club lombard. Enfin, les Marine et Blanc réalisent un coup de maître en engageant le Brésilien Savio. Arrivé du Real Madrid au mois d’août, l’international carioca vient pour se relancer à Bordeaux. Le fait que sa belle-famille soit d’origine française et les conseils avisés de Zidane sur le club bordelais ont convaincu le joueur qui est une des attractions du mercato français.

Les Girondins vont aussi faire confiance à leurs jeunes joueurs du centre de formation. Pour la première fois de l’histoire marine et blanche, les jeunes pousses vont massivement s’imposer, une des résultantes de la politique de formation engagée par l’actionnaire principal, M6. Nicolas Sahnoun, fils d’Omar, ancien joueur bordelais décédé tragiquement à 25 ans sur le terrain, est le premier de ces jeunes joueurs. Il sera bientôt accompagné par Mathieu Béda, Marc Planus et Marouane Chamakh, sans oublier Olivier Auriac qui faisait déjà partie du groupe en fin de saison dernière. L’histoire des Girondins nous apprendra que ce coup de jeune n’est qu’un début et que Bordeaux va progressivement entrer dans le gotha des centres de formation hexagonal.

Côté départ, les Girondins perdent Dhorasoo qui retourne à Lyon après une saison de prêt mais aussi Hervé Alicarte, Hervé Bugnet, Alexeï Kossonogov, Christian et Osmanovski.

La saison débute en avec une victoire face à Lille sur le score sans appel de 3 à 0 avant de concéder un nul face à Paris (0-0) pour la première à la maison. Les Girondins réalisent ensuite une bonne performance en allant battre Montpellier mais s’inclinent à Chaban Delmas face à Strasbourg. Alternant de très bons résultats (victoire face à Lens à domicile 1-0, face à Nice 4-0) et des performances moyennes (défaite à Lyon 4-2, à Marseille 2-1, nuls face à Sedan et Monaco à Chaban Delmas, deux fois sur le score de 2-2), les Girondins réalisent une première moitié de saison moyenne, loin de leurs objectifs de départ. Avec 7 victoires, 5 nuls et 7 défaites, les hommes de Baup pointent 11ème place de la Ligue 1 au soir de la 19ème journée, malgré une probante victoire face aux Aiglons niçois (4-0, buts de Savio par deux fois, de Pauleta et d’Eduardo Costa). Les fans du Scapulaire se demandent si leurs protégés pourront relever la tête lors de la phase retour. Outre les résultats, les Girondins perdent plusieurs joueurs au mercato hivernal. Jérôme Bonnissel signe en Ecosse en faveur des Rangers, Christophe Sanchez part à Sète mais le départ qui peine le plus les supporters en sans aucun doute celui de Christophe Dugarry. Le bordelais, revenu dans le club de son cœur trois ans auparavant, décide de rejoindre le championnat anglais et Birmingham. Sentimentalement, c’est une perte pour les fans mais l’équipe va faire une deuxième partie de championnat en boulet de canon pour leur faire oublier le départ de « Duga ».

La deuxième partie de saison est effectivement très bonne. Elle débute par un nul méritoire des Marine et Blanc au Parc des Princes (1-1) avant d’enchaîner sur deux victoires à domicile face à Montpellier et Guingamp (3-1 et 4-2). Les Girondins ne vont pas louper les grands rendez-vous, battant Marseille, comme de coutume, sur le score de 3-1 (buts signés Feindouno, Darcheville et Savio). Ils battent également Monaco sur le Rocher (0-1), Rennes dans une rencontre hallucinante (3-4) avant de terrasser Ajaccio sur l’Ile de Beauté (1-6, triplé de Pauleta). Malheureusement, la première partie de championnat et trois défaites dans la phase retour priveront Bordeaux d’une qualification pour la Ligue des Champions. Au soir de la dernière journée, Bordeaux culmine à la 4ème place du championnat à un point du troisième, Marseille et à quatre points du champion lyonnais.

La finale passe pas loin
 

La campagne UEFA ne laissera pas un souvenir impérissable aux Bordelais. Après avoir facilement éliminé Puchov (6-0 et 1-4), les Girondins rencontrent les Suédois de Djugardens au deuxième tour. Ils gagnent dans le Nord de l’Europe (0-1) avant de s’imposer difficilement à domicile (2-1). Pascal Feindouno inscrit tous les buts girondins sur ces deux rencontres. Le premier adversaire de renom arrive au troisième tour. Les Girondins tombent sur Anderlecht qui n’est plus une terreur européenne mais qui reste tout de même une solide formation. Tout va se jouer au match aller. A Chaban Delmas, les hommes au Scapulaire sont surpris par les Belges qui s’imposent 2 à 0. Le bon résultat du retour (2-2) ne permet pas à Bordeaux de passer et le club girondin quitte la C3 sur un goût amer.

La Coupe de la Ligue sera, elle aussi, à oublier. Tenants du titre, les Girondins battent Montpellier à la Mosson lors du 1er tour mais s’inclinent à Metz en 16ème de finale de la compétition.

Reste la Coupe de France pour briller. Dans cette épreuve mythique, les Marine et Blanc vont échouer aux portes de la finale. Bordeaux se débarrasse d’abord d’Armentières au premier tour (0-3) avant de sortir Grenoble à Chaban Delmas (2-0). Ils battent ensuite Wasquehal en 8ème de finale (4-1) avant de recevoir Lorient en quart. Les Merlus sont dominés et doivent se dire que Bordeaux ne leur porte pas bonheur en Coupe après la finale de la Coupe de la Ligue 2002. La demi-finale se joue face à Paris au Parc des Princes. Bordeaux débute idéalement le match en se procurant plusieurs occasions mais il manque toujours un petit quelque chose pour ouvrir le score. Paris, au contraire, va être réaliste et Ronaldinho, réaliser une des parties dont il a le secret. A la 20ème minute, le génie brésilien chipe un ballon dans les pieds de Planus et va battre Frédéric Roux de près. Après le carton rouge de Caneira, les Girondins voient leur chance s’amincir et s’éteindre définitivement quand le n°10 du PSG effectue un superbe lob sur le portier bordelais (2-0, 81ème). Les espoirs bordelais s’évanouissent. La saison a été belle, elle aurait pu être magnifique avec une deuxième finale de Coupe en deux saisons. En finale, le PSG sera battu par Auxerre (1-2).

L’aigle vous salue
 

La fin de la saison 2002-2003 marque le départ de Pedro Pauleta. Adoré des fans, tant pour ses qualités d’homme que pour sa réussite devant le but adverse, le Portugais annonce sa volonté de quitter Bordeaux. S’il ne le fait pas de manière officielle, les supporters bordelais sentent bien que leur « chouchou » va partir. Lors du dernier match des Girondins à domicile, face au LOSC, le Portugais inscrit les deux buts de la victoire, comme un ultime cadeau. Le premier sur une passe en retrait de Jean-Claude Darcheville après un formidable geste technique du Guyanais sur Abidal. Le second sur penalty. A quelques minutes de la fin, il sort sous une ovation méritée et il ne peut retenir ses larmes. Il préférera rentrer aux vestiaires après avoir saluer tout le monde. Une chose est certaine, les supporters bordelais qui ont rêvé aux exploits répétés de l’Aigle des Açores ne sont pas prêts de l’oublier. 

 

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